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Cachet de la poste pour le Centre Nelson Mandela

1 février 2005, 00:00

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Il était temps. Au fronton de la défunte Poste centrale, l?horloge s?est depuis longtemps arrêtée. Le Centre Nelson Mandela pour la culture africaine est désormais chargé de la remonter.

Les faux plafonds sont rongés par la moisissure. Les pierres de taille dégradées par l?usure. Comme pour faire forte impression sur les ministres ? dont Anil Bachoo, responsable des Infrastructures publiques ? ambassadeurs et autres officiels réunis hier pour le lancement du projet de conversion de la Poste centrale en centre Nelson Mandela, une lampe fluorescente est tombée, quelques minutes avant le début de la cérémonie, manquant de blesser les photographes de presse.

Il aura fallu attendre quatre ans, entre l?annonce du projet de déménagement du Centre Nelson Mandela de ses locaux grands comme un placard à balais, sis au Fon Sing Building, à la rue Edith-Cavell, Port Louis, au bâtiment de la poste. Cette décision avait été énoncée au Parlement le 17 avril 2001 où on a aussi fait ressortir la légitimité des centres culturels.

Reconnaissance

Le ton à peine contrit, le Premier ministre, Paul Bérenger, a reconnu le retard dans l?exécution du projet de conversion. Un décalage qui, pourtant, n?a pas dissipé les questions des ?dimoun latet dir ki pa konpran kifer finn soizir laposs pou met sant Nelson Mandela?.

D?un ton ferme, il a alors énuméré quatre bonnes raisons de ce choix, en prenant soin de préciser qu?il est à l?origine de cette initiative. Pour le Premier ministre, il fallait avant tout trouver un site historique digne de la stature de Nelson Mandela, le ?militant de la liberté.? ?Nou finn rode lor tablisman bann batiman istorik, nou finn ousi pans lemorn.? Mais l?argument pratique l?a emporté.

Poursuivant le raisonnement géographique, Paul Bérenger a évoqué la proximité de la Poste centrale avec la zone portuaire, lieu où selon lui, le plus grand nombre d?esclaves et de descendants d?esclaves a travaillé. Un brin nostalgique, le Premier ministre nous a rappelé son passé de syndicaliste militant en faveur des dockers. Il a esquissé l?image d?hommes baignés de sueur parmi ?mouss zonn ek zabeil, avek disik ki pe fonn lor zot ledo telman fer so. Se bann dimounn ki listoir finn plis pass lor zot ledo.?

L?heure était également à la reconnaissance de la contribution des Noirs facteurs, c?est-à-dire des esclaves affectés à la distribution du courrier. Le projet de conversion est d?ailleurs inscrit dans le cadre des commémorations entourant le 170e anniversaire de l?Abolition de l?esclavage. Les festivités sont placées sous le thème Lesklavaz nou leritaz.

Parallèles

C?est Mayila Peroumal, maître de conférences à l?université de Maurice qui a ressuscité Les Noirs Facteurs à l?île de France, Leur rôle dans l?établissement de la poste et de la presse. Elle a repris pour l?essentiel, sa communication parue dans la dernière édition de la Revi Kiltir Kreol, éditée en octobre 2004 par le Centre Nelson Mandela. Son cours magistral sur cette facette méconnue de notre histoire commune a affadi le discours de Leela Devi Dookhun Luchoomun, ministre des Arts et de la Culture, qui a survolé cette même facette du projet de conversion.

Les intervenants, dont le Premier ministre Paul Bérenger et le vice-Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth n?ont pas manqué d?associer la souffrance des travailleurs engagés à celle des esclaves. Affirmant qu??il faut éviter une lecture fragmentée et ethnicisée de l?Histoire?, Pravind Jugnauth devait établir des parallèles entre les deux systèmes d?exploitation humaine. Avant d?enchaîner avec le projet de parcours historique et culturel.

A la fin des travaux, le Centre Nelson Mandela sera à quelque 200 mètres de l?Aapravasi Ghat, lieu de débarquement des travailleurs engagés. Le parcours de la mémoire commencera par ce site, fera escale au Centre Mandela avant de mettre le cap sur la Place d?armes, appelée à devenir la place des grands hommes.

AMÉNAGEMENT

<B>Quatre ans d?attente, huit mois de travaux</B>

■ Les travaux de conversion ? échelonnés sur deux phases ? sont estimés à Rs 30 millions. Bureaux administratifs, mezzanine, surface d?exposition permanente, audio et médiathèque, salle de conférences, espace de projection, le Centre culturel Nelson Mandela aura ses quartiers dans une Poste centrale rénovée selon les spécifications du National Heritage Fund. Une institution qui a tenu à préserver au maximum, le cachet original de la poste. Le Centre Nelson Mandela pour la culture africaine devrait emménager dans ses nouveaux locaux d?ici septembre 2005.

Officiellement inauguré le 27 octobre 1986, dans le sillage du 150e anniversaire de l?Abolition de l?esclavage, célébré en 1985. C?est en 1989 que l?African Cultural Centre Trust Fund a été voté à l?Assemblée nationale. Cette loi a été remplacée par le Nelson Mandela Centre for African Culture Trust Fund, en mai 2000.

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