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Messe : l?exclusion, nouveau visage de l?esclavage

2 février 2005, 00:00

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Les stigmates de l?esclavage perdurent. Le devoir de mémoire ne suffit pas pour les effacer. Des mesures concrètes, telle une loi sur l?égalité des chances, doivent être prises pour que l?exclusion sociale et économique à laquelle font face les descendants d?esclaves puisse être surmontée.

C?est ce qu?a déclaré le vicaire général du comité diocésain, Jean-Maurice Labour, lors de la messe célébrant le 170e anniversaire de l?abolition de l?esclavage hier, à l?église du Saint-Sacrement de Cassis. Le thème de cette commémoration était ?Desandan esklav : to ena valer pu bon die?.

Parmi ces mesures, l?Église catholique préconise ?une mise en mouvement de la base, qui sera le travail de toute une génération?. La première étape dans l?expiation de cet épisode, qui figure parmi les plus sombres de l?histoire, passe inéluctablement par l?éducation. ?Il faut que l?histoire de l?esclavage soit inscrite dans le programme scolaire par les autorités concernées, pour aider les jeunes générations à surmonter la honte et les tabous qui l?entourent?, prêche Jean-Maurice Labour.

Cette prise de conscience doit cependant être accompagnée d?une responsabilisation cohérente et engagée de la part des secteurs public et privé. ?Les structures de décisions, dans le secteur privé comme dans le secteur public, doivent prendre des mesures concrètes pour empêcher qu?une catégorie de citoyens continue à reculer. Nous proposons que les autorités présentent une loi sur l?égalité des chances.?

Le contexte socioéconomique actuel, influencé par la mondialisation, contribue à créer une ?véritable exclusion et érosion du pouvoir social et économique des descendants d?esclaves?. Pour illustrer cet argument, le vicaire général explique que les corps de métier traditionnels pratiqués par les descendants des esclaves, tels la pêche, l?artisanat ou certaines fonctions dans l?industrie sucrière, entre autres, ont été ?fragilisés? par ?le système libéral qui nous a été imposé?.

Cette injustice est rendue flagrante par le fait que certains aspects positifs de la tradition africaine ont été adoptés par toute la société mauricienne. Il cite notamment la langue créole, le séga ?et sa place dans la culture mauricienne d?aujourd?hui?, la cuisine et les médecines traditionnelles.

L?Église catholique souhaite donc aider les descendants d?esclaves à assumer les côtés souvent jugés négatifs de leur histoire. La célébration de l?abolition de l?esclavage s?insère dans cette optique. Pour bâtir l?avenir, avance le vicaire général, les leçons de l?histoire, même douloureuses, doivent être complètement assimilées et assumées. Sans cela, l?humanité court le risque de commettre, une fois encore, des crimes immondes.

L?esclavage a été suivi des camps de concentration nazis et des génocides au Rwanda et en Bosnie, pour citer seulement quelques exemples. L?exclusion actuelle dont souffrent les descendants d?esclaves ne constituerait-elle pas une violation des droits humains ?

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