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« Nos meilleurs ambassadeurs sont les investisseurs étrangers qui réussissent »
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« Nos meilleurs ambassadeurs sont les investisseurs étrangers qui réussissent »
<B>L?étude sur le climat d?investissement à Maurice vient de démarrer. Sans vouloir préjuger de ses conclusions, quelles sont, à votre avis, les faiblesses de notre système ? </B>
Il faut utiliser un système qui nous permette de jauger le climat d?investissement. On emprunte un système à la Banque mondiale, qui a fait ses preuves. Si une personne bute sur un obstacle, on ne va pas généraliser immédiatement. Si le sondage démontre que tout le monde a ce problème, on va pouvoir réagir en étant mieux informés. Avec l?Investment Climate Assess-ment (Ica) nous cesserons de parler de problèmes génériques. On ne va pas se contenter de dire qu?il y a de la bureaucratie. Nous allons identifier les causes des problèmes et les solutionner.
<B>Revenons aux faiblesses?</B>
Ces faiblesses ne sont pas uniquement d?ordre administratif. Elles peuvent con-cerner le coût des intrants, celui de l?électricité par exemple. L?Ica nous permettra de savoir si, comparé aux autres pays étudiés, ce coût est excessif. L?Ica va aussi s?intéresser aux contraintes juridiques. Nous allons également étudier les barrières administratives. C?est ce que nous appelons la facilitation. Je prends conscience que pendant 30 ans nous n?avons jamais fait de facilitation. On s?est contenté du ad hoc. Quand on pense à la promotion d?investissement, on pense à une institution?
<B>La Mauritius Export Developement and Investment Authority (Media) ! </B>
Oui. La Media avait seulement le mandat de la promotion d?investissement et de la promotion des produits. Elle n?a jamais inclus la facilitation qui a été faite ad hoc. Or la facilitation doit être systématique et structurée, car cet exercice requiert un cadre légal. L?Investment Promotion Miscella-neous Act (Ipa) existe. Mais il va encore falloir améliorer ses guidelines au niveau de la facilitation. Il faut savoir que notre système de concessions duty-free a trente ans ! L?étude Doing Business et l?Ica apporteront une approche systématique. Ses indicateurs nous permettront de savoir à quel point la pratique des affaires est simple ou pas à Maurice. 165 autres pays sont classés. Et pour notre première participation nous sommes ambitieux. En 2006, nous voulons figurer parmi le Top 10 des réformateurs pour ce qui est efforts d?amélioration de la facilitation. En 2007, nous voulons être dans le Top 20 Economies Ease of Doing Business. Et pourquoi pas le Top 10 ? Des réformes bien menées peuvent amener jusqu?à 2,2 % supplémentaires au produit intérieur brut, selon les études.
<B>En octobre dernier, le Premier ministre s?est dit insatisfait de la manière dont le BOI faisait son travail. Qu?est-ce qui a changé depuis ? </B>
Je comprends le sentiment du PM. Il avait raison, parce qu?il s?était mis dans la peau de l?investisseur. Mais le système fait que les projets prennent du temps. C?est gênant. On a ainsi pu mettre des mois avant d?approuver un projet. À la suite de ses remarques, nous avons mis en place cette approche structurée, et ce, grâce aux deux initiatives que j?ai mentionnées.
<B>Lors de sa dernière conférence de presse, le ministre des Finances a également dit que le BOI n?arrive pas toujours à délivrer des « Investment Certificates » en 24 heures?</B>
L?objectif est de 24 heures, nous tournons actuellement autour de 48 heures. Nous avons voulu, et j?espère que cela a été compris ainsi, donner un signal à tout le monde que le BOI ne prend plus des mois avant d?allouer ces certificats dans les technologies de l?information et de la communication (Tic) ou les Export Enterprise Certificates. On n?en est pas encore à 24 heures, simplement parce que le système n?est pas encore informatisé. Nous recevons souvent des dossiers incomplets, mais lorsqu?ils sont complets, on les traite en moins de 24 heures.
<B>Le BOI semble avoir souffert de certaines interventions intempestives des ministres. Cela est-il toujours le cas ? </B>
Le PM l?a clairement dit lors d?une réunion : le BOI doit fonctionner de façon autonome et sans intervention.
<B>Fiscalité légère, main-d??uvre accessible et bonne infrastructure constituent les éléments qui attirent les investisseurs. Maurice dispose-t-elle de ces éléments ? </B>
Les deux premiers facteurs sont des stratégies génériques utilisées par tout le monde. Dans la course, il faut les avoir. Mais il faut voir au-delà. Il faut rompre avec 30 ans d?investment promotion. Dans toutes les présentations à l?étranger, on entend parler de corporate tax et de main-d??uvre pas chère. Il faut se différencier. Pour cela, il faut améliorer le climat d?investissement. L?investisseur qui a apprécié ce qui lui a été offert à Maurice sera celui qui ira parler du pays à l?étranger. Nos meilleurs ambassadeurs sont les investisseurs étrangers qui réussissent ici. L?État ne doit plus faire de choix sectoriels. Il faut se contenter d?améliorer et de proposer toutes les infrastructures. Ceux qui veulent venir viendront. Que ce soit pour ouvrir un centre d?appels ou un cabinet d?avocats. Le climat doit être rendu propice à l?éclosion de ces business. Pour la cybercité, il a fallu mettre en place la vitrine de la cybertour. Et si un secteur commence à décoller, l?État peut venir le soutenir en mettant en place des plans de formation, par exemple. La promotion doit dorénavant complètement changer.
<B>L?investissement étranger provient essentiellement de la France et de l?Inde. La diversification de nos sources paraît importante?</B>
La France est traditionnellement une source d?investissement. On a également beaucoup misé sur l?Inde. On va aussi définitivement cibler la Chine. Mais je dirais que, tout comme l?avenir de Maurice ne va pas dépendre d?un, deux ou trois secteurs économiques, les sources d?investissements ne devraient pas se limiter à quelques pays. Nous voulons décupler notre force de frappe. Pour cela, nous mettons en place un réseau d?hommes d?affaires qui connaissent bien leurs pays respectifs. Ils y ont créé des entreprises et connaissent également Maurice. Ce seront des gens formés sur la stratégie d?investissement de notre pays. Ils seront nos apporteurs d?affaires, parce qu?ils connaissent mieux leur pays que nous, ils seront davantage écoutés par leurs confrères car crédibles à leurs yeux. Le réseau sera constitué d?une quarantaine de personnes. Ils seront tenus informés des développements à Maurice et reviendront chaque année nous apporter le feed-back du marché. Ce qui sera une première. Au bout de cinq ans, on aura un réseau mondial de représentants. Ce qui permettra alors au BOI de se concentrer sur la réflexion stratégique.
<B>Vous continuez à accorder une très grande importance à certains salons, comme celui des centres d?appels de Paris par exemple?</B>
On le fait pour le Seca à Paris effectivement. Cela a encouragé les investisseurs à venir. C?est normal que le BOI y maintienne une présence, d?autant que le secteur Tic mauricien est toujours dans sa petite enfance. Dans les années à venir, ce type de participation sera confié à Enter-prise Mauritius. Les promotions et autres roadshows ont apporté des résultats à une certaine époque. Mais lors de ces roadshows, on risque de se retrouver avec le 2e, 3e ou 4e échelon de l?entreprise, ce qui n?a rien à voir avec la prise de décision. La winning formula, c?est le ciblage. Non seulement des entreprises, mais à l?intérieur de l?entreprise. Pas besoin de voyager pour ça. On doit commencer par savoir qui est le décideur. On utilise ensuite le courrier, l?e-mail ou le fax pour se faire connaître. Ensuite, on établit un contact téléphonique. Si la personne n?est pas intéressée, on passe à autre chose. Si elle l?est, on l?invite à venir à Maurice. C?est là une étape importante pour qu?elle se dise, « oui, il faut investir ».
<B>On a l?impression que le BOI privilégie les Tics. Cela se fait-il au détriment des autres secteurs ? </B>
Il y a eu la volonté de montrer qu?il y a un potentiel. La démonstration a été faite. On est arrivé à 3 000 emplois. Et durant les cinq années à venir, 2 000 emplois peuvent être créés par an. Lorsqu?il y a eu des projets concurrents, il nous a fallu faire des choix, parce que nos ressources sont limitées. Le choix s?est porté le plus souvent sur les Tics pendant les trois dernières années. Mais nous avons aussi reçu des projets dans le domaine manufacturier, qui n?ont pas été très médiatisés. On n?en a pas parlé, car on s?est focalisé sur les Tics.
<B>Le BOI renvoie l?image d?une institution qui attire les investissements étrangers. Qu?en est-il sur le plan local ? </B>
Le Foreign Direct Investment (FDI) est important pour le développement économique de tout pays. Mais l?apport en FDI est d?autant plus utile lorsqu?il s?accompagne du transfert de technologies que nous ne maîtrisons pas encore. Pour ce qui est du secteur privé local, nous sommes conscients qu?il existe un fort potentiel d?investissement. Le BOI met déjà tout en ?uvre pour faciliter la concrétisation de ses projets d?investissement. L?étude Ica se focalise sur l?environnementdes affaires, avec 75 % des interviewés qui sont des locaux. Les résultats aideront à améliorer leur sort.
« En 2007, nous voulons figurer dans le Top 20 Economies Ease of Doing Business. Et pourquoi pasle Top 10 ? »
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