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Richardson, le dernier des guerriers
Blessé à la cheville fin décembre, Jason Richardson, deux fois meilleur dunkeur de la NBA, a passé l?essentiel de ces trois dernières semaines sur le banc, à regarder sombrer ses pâles coéquipiers des Golden State Warriors, cancres de la division Pacifique.
En l?absence de son maillon fort, la franchise de San Francisco a non seulement perdu neuf matches d?affilée, ce qui ne lui était plus arrivé depuis trois ans, mais aussi tout espoir de disputer les play-offs. Cela au grand désespoir de Chris Mullin, ancienne star de la Dream Team parachutée en cours de route à la vice-présidence des Warriors.
Eloigné des parquets, Richardson n?a eu de cesse d?analyser, depuis le banc, le jeu de Golden State. « Je ne comprends pas pourquoi on ne gagne pas ! Il y a pourtant du talent, beaucoup de talent dans cette équipe », dit-il, faisant référence aux individualités qui ont atterri à Oakland ces dernières saisons, notamment Mikaël Pietrus, Mike Dunleavy, Troy Murphy ou encore Speedy Claxton.
« Ce qu?il nous manque, je crois, c?est un collectif. Il nous faut trouver de l?énergie pour aller de l?avant, pour gagner nos matches ». Un collectif qu?ont trouvé paradoxalement cette saison les Washington Wizards, épatants à l?Est, en recrutant trois joueurs des?Warriors : Antawn Jamison, Larry Hughues et Gilbert Arenas. Comprenne qui pourra.
« Je suis à Golden State depuis quelques saisons déjà et, franchement, c?est la première fois que je vois un effectif d?une telle qualité. Quand l?équipe se décide à jouer, elle est difficile à contenir. Mais, malheureusement, ce n?est pas arrivé souvent cette saison », regrette Jason Richardson, fer de lance d?une franchise qui n?a remporté que treize matches en quarante sorties et qui n?a plus atteint les play-offs depuis dix ans.
Richardson avait disputé son dernier match le 29 décembre, à Toronto, contribuant largement, avec 35 points, à la convaincante victoire de Golden State, 111-105.
Neuf défaites après, « JR » a enfin rechaussé ses baskets. C?était mercredi soir ; Et, devinez quoi ? La franchise californienne a gagné !
Les Denver Nuggets de Carmelo Anthony, qui s?étaient déplacés à l?Arena en croyant pouvoir passer une soirée tranquille, ont buté contre un immense Richardson, plus frais et plus dispo que jamais, ce qui lui a sans doute permis d?améliorer le même soir deux records de carrière : 42 points, huit passes décisives. A l?arrivée, les orange et bleu ont passé la barre des cent, 107-97, fait suffisamment rare pour être souligné.
Richardson n?en revenait toujours pas au sortir du match. « C?est frustant de rester si longtemps éloigné du jeu. Je rêvais de basket toute la nuit ! J?avais terriblement faim. Tant pis pour les Nuggets », confiait-il, tout sourire, au journaliste du San Francisco Chronicle venu l?interviewer.
« Ça nous fait un bien fou de retrouver Jason Richardson. Son absence a pesé lourd. Là je respire », reconnaissait pour sa part Mike Montgomery, l?ancien coach de Cardinal en NCAA, appelé à remplacer Eric Musselman l?année dernière.
Le plus étonnant, c?est que Jason Richardson n?a jamais donné l?impression d?être à court de forme. Comment peut-on l?être quand on tourne à 56 % de réussite aux tirs pour 17 sur 30 et que cette efficacité se précise davantage dans le troisième quart temps, quand la pression monte et que les jambes se font généralement plus lourdes ? Deux mois sans jouer, c?est pourtant long. Mais, comme le dit si bien Doug Collins, consultant de la chaîne TNT, « quand JR va, tout va pour les Warriors? »
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