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L?homme invisible vu par Verhoeven

23 janvier 2005, 00:00

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Hollow Man propose une réflexion sur le bien et le mal, ainsi que sur les dérives des savants fous. Paul Verhoeven, son réalisateur, réputé subversif, celui qui est derrière les provocants Basic Instinct, Showgirls et Starship Troopers, se joue de l?invisibilité, en conférant à son héros, Kevin Bacon (Sebastian Caine), convaincant dans le rôle du savant fou, une apparence. L?acteur reste présent tout au long du film, grâce aux prodigieux effets spéciaux. S?ils ne sont pas optimisés, le réalisateur hollandais, se plaît à suggérer sa présence en jouant sur les nerfs des personnages aussi bien que sur ceux des téléspectateurs.

Toutefois, compte tenu de la démence qui suit l?invisibilité du scientifique, une question reste posée. Faut-il acclamer le film, s?en offusquer ou en être dégoûté? La réponse serait un mélange de tout cela, tant Hollow Man peut surprendre, apeurer ou révolter celui qui le regarde. Tout est exarcerbé, de la transformation du scientifique, aux instincts meurtriers qui secouent Sebastian Caine. Paul Verhoeven a mauvais esprit et il le confirme dans son film. La constante méchanceté de l?homme invisible pèse sur le téléspectateur. La porte de salut ne sera jamais ouverte. Ni pour lui, ni pour les personnages. Le film se veut ouvertement voyeuriste, étrange, malsain, mais reste diaboliquement envoûtant.

Hollow Man mérite aussi d?être vu, pour ses effets spéciaux. Le film est porté par une armada d?effets spéciaux, 560 plans à effets spéciaux, sous la houlette de Scott E. Anderson, à qui l?on doit notamment les effets spéciaux de Star Trek VI, Richard et le livre magique et Babe. L?équipe de Scott E. Anderson s?est donnée beaucoup de mal, pour mettre au point la scène la plus impressionnante du film, celle de la transformation de Kevin Bacon. Le réalisme de la transformation de l?acteur, se déroule en plusieurs étapes, montrant et démontrant le corps de l?acteur couche par couche.`

Ce procédé, appelé le « volume rendering», permet de montrer à l?écran, l?intérieur aussi bien que l?extérieur du corps. Les techniciens et les concepteurs de Sony Pictures se sont familiarisés avec l?anatomie humaine, grâce à des cours de médecine. Ils ont, dans la foulée, assisté à des autopsies.

Au-delà des scènes chocs, Hollow Man réussit la gageure d?explorer des perspectives que le mythe de l?homme invisible avait déjà portées à l?écran. Malgré les quinze dernières minutes du film qui semblent combler un vide scénaristique, le film constitue néanmoins un bon divertissement pour les fans de science-fiction. Diffusé en ouverture du Festival de Deauville en 2000, Hollow Man avait décroché le Prix du public.

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