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Aapravasi Ghat : jusqu’au bout de l’engagement

17 janvier 2005, 00:00

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Objectif en vue. “L’Aapravasi Ghat Trust Fund soumettra son dossier final au gouvernement dans le courant de la semaine.” L’aboutissement d’un an et demi d’efforts s’entend dans la voix de Vijaya Teelock, chairperson du Trust Fund. La note d’enthousiasme monte d’un cran. Sans reprendre son souffle, elle détaille les dernières étapes de la troisième phase de restauration de ce lieu-symbole, passage obligé des travailleurs engagés.

S’agissant des différents rapports préliminaires soumis à l’Unesco, notamment en octobre 2004, elle n’hésite pas à affirmer qu’ils ont reçu les “félicitations de Peter Stott, consultant du World Heritage Convention.” Il était de passage chez nous en novembre 2004 pour expliquer par le menu toutes les procédures à suivre en vue de la soumission des demandes pour que Le Morne et l’Aapravasi Ghat soient inclus sur la liste du patrimoine mondial.

“Les rectifications demandées par l’Unesco étaient surtout d’ordre éditorial, une question de sémantique. Ces changements ont été faits et nous sommes dans la phase d’impression du World Heritage Report”, précise Vijaya Teelock. Elle poursuit en avouant être “soulagée” devant le parcours accompli, tout en précisant que la troisième phase de restauration, entamée en juillet 2004, est toujours en cours.

Prochaine date marquante à l’agenda de l’Aapravasi Ghat : le retour de Devendra Singh Sood, Conservation Engineer au Archeological Survey of India et membre du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS), organe consultatif de l’Unesco. Il viendra poursuivre les cours de formation à l’intention du personnel engagé dans la restauration du site. La fin des travaux est prévue pour juin 2005. “Je pense que nous respecterons ce délai. Il s’agit de consolider les structures mises à jour, de démanteler toutes les parties bétonnées afin de les restituer dans l’état dans lequel elles étaient en 1865, en pleine vague de l’engagisme.”

“Le Ghat, n’est pas qu’un lieu de débarquement, c’est tout un système qu’il commémore.” C’est dans cette optique qu’une fois que le Trust Fund n’a pas attendu la fin des travaux sur le site pour démarrer d’autres projets.

Parmi eux : la construction d’un musée autour du thème de l’immigration. “Un musée qui n’aurait rien de statique, pour montrer les conditions de voyage, les origines des travailleurs engagés, et leur vie sur le site de la rue du quai.” Pour ce faire, le Trust Fund s’est assuré de la collaboration de Corinne Forrest, muséologue diplômée du Louvre.

Reconstitution de l’histoire orale

Le Trust Fund a également établi une liste d’autres sites à restaurer et à protéger : le Vagrant Depot, les casernes de Trianon et de Union Vale, ainsi que les stations de quarantaine de l’île Plate et de l’îlot Gabriel. “Nous pensons déjà organiser des activités le 23 février, jour du 141e anniversaire de l’ouverture du Vagrant Depot.”, annonce la chargée de cours.

Le Trust Fund s’affaire aussi à la collecte de témoignages pour reconstituer l’histoire orale de la dernière génération d’employés de l’industrie sucrière. Intitulé From Indenture to VRS, ce projet a pour objectif d’enquêter auprès de familles dont l’histoire est inextricablement liée à l’industrie et qui ont opté pour le VRS.

L’Aapravasi Ghat Trust Fund s’est par ailleurs engagé pour tracé un Indentured Labour Route, projet à dimension international, sur les traces des origines des diasporas indiennes dans le monde. “Dans un premier temps, nous avons compilé une liste de pays où nous avons cherché à savoir s’il y avait d’autres Aapravasi Ghat. Il est dommage de constater que souvent, il ne reste plus rien des structures mais seulement des plaques commémoratives.” Beaucoup plus loin dans le temps – d’ici 2006 – le Trust Fund envisage la tenue d’un colloque scientifique international autour du thème de l’immigration indienne. “Nous attendons d’avoir les fonds nécessaires pour ces projets”, précise Vijaya Teelock.

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