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EDF montre le CEB du doigt

16 janvier 2005, 00:00

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Alors que la lumière se fait attendre sur les causes du black-out survenu à la veille de l?ouverture de la conférence sur les petits Etats insulaires en développement, voilà qu?Électricité de France (EDF), géant européen de l?énergie, désigne déjà son coupable : la direction du Central Electricity Board (CEB).

Motif avancé : EDF avait, dans un rapport soumis en novembre 2001, identifié les risques de panne électrique sur les différents réseaux de la station. Ce rapport, commandité par le CEB lui-même, qui a coûté environ Rs 300 000, n?a pas été appliqué, affirme EDF. Cela malgré une série de recommandations relatives à la vétusté des équipements et au surchargement du réseau. « Aucune suite n?a été donnée à ce document qui prévoyait des pannes généralisées. Le rapport est resté dans un fond de tiroir. Et voilà où nous en sommes aujourd?hui ! », s?indigne Issoop Peerbux, agent local d?EDF.

Si EDF réagit aujourd?hui, soit plus d?une semaine après le black-out, c?est en raison de l?insinuation selon laquelle « elle avait été engagée dans le projet de la station de Nicolay dans les années 90 », d?où la décision du CEB de l?écarter parmi les firmes étrangères spécialisées susceptibles d?enquêter sur les causes de la panne d?électricité.

Cette décision n?a pas fait plaisir à EDF pour deux raisons : le géant français collabore avec le CEB depuis une trentaine d?années, mais surtout parce qu?EDF maintient qu?il n?a strictement rien à voir avec la station de Nicolay, où un transformateur a explosé. « C?est à Fort-George que nous avons travaillé. Or c?est faux de dire que nous avons déjà fait des installations à Nicolay », déclare Issoop Peerbux.

Au CEB, on avance une autre explication. « EDF a travaillé sur une ligne qui relie Fort-George à Nicolay. Donc sur le moment, on a préféré se tourner vers d?autres consultants étrangers », explique Ravin Dajee, directeur général du CEB. Il tient toutefois à préciser que le CEB entretient toujours d?excellentes relations avec EDF et avoue ne pas comprendre la sortie du géant français.

Le ministre des Services publics, Alan Ganoo, rejette lui aussi toute politique de mise à l?écart d?EDF. Il met en avant une visite des infrastructures en énergie renouvelable d?EDF, programmée pour le début de février à la Réunion, qu?il présidera. « Cette visite comprend le DG et le président du CEB. On va s?inspirer des travaux en énergie solaire qu?EDF a entrepris à l?île s?ur afin de lancer cette forme énergétique à Maurice. C?est dire que nous n?avons aucun problème avec EDF. »

Le ministre Ganoo attend par ailleurs que les enquêteurs sud-africains lui soumettent un rapport sur les causes du dernier black-out « d?ici une semaine ».

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