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La Chrysalide prend son envol
«Ceki fine arive, fine bien arive, initil ou guet par derier, ou pa pou capav refer ou passe me ou pou capav fer ou l?avenir. » L?appel ne pouvait être plus vibrant, les mots plus justes. Le discours du ministre de la Femme, Arianne Navarre-Marie, à l?occasion de l?inauguration du centre La Chrysalide a su toucher le c?ur de celles qui le fréquentent depuis mi-novembre 2004. C?est le premier centre du genre destiné à la réinsertion des femmes toxicomanes, tombées plus tard dans la prostitution.
La réussite de la réhabilitation des femmes repose essentiellement sur la volonté de se libérer de l?enfer de la drogue : « Si ou pas prend ene décision ferme pou change ou l?attitude, tou l?aide ki nou (NdlR : gouvernement, secteur privé, organisations internationales) pou donne ou pou tombe dans dilo. »
Arianne Navarre-Marie a rappelé aux « résidentes » que leur passage à La Chrysalide est temporaire et qu?elles devraient profiter au maximum de tous les soins qui leur y seront prodigués « pou ki kan ou alé, ou sorti grandi, ou sorti la tête haute, ou regagne ou dignité, ou place dans la famille et la société ».
Les locataires sont actuellement au nombre de quinze. Parmi, Natacha, une jeune femme d?une vingtaine d?années, dont la vie a basculé dans le néant le jour où elle a goûté à l?héroïne. Maquillée avec soin, elle pousse un soupir lorsqu?on lui demande comment elle est tombée dans le piège de la drogue. « Ene zour mone envie goûter. Après mone népli capave s?en passer, mone bisin prostituer pou gagne mo dose. » Jusqu?au jour où elle entend parler du centre.
Après deux mois de thérapie, après des « hauts et des bas », elle a appris, peu à peu, à surmonter sa dépendance à la drogue.
« Li bien dur, mais mo pé manze are li. Mo pense pas mo pou retombe dans la drogue. » Contrairement à ses compagnes d?infortune, la jeune femme peut compter sur le soutien de ses proches. « Voyez, ils sont tous là, il y a ma mère, mon cousin, mes amis. Seul regret : ne pas pouvoir accueillir plus de femmes
Ceux-ci découvrent, admiratifs, le lieu où Natacha, retrouvera une nouvelle vie. Les dortoirs, la bibliothèque, la cuisine et la salle à manger sont peints aux couleurs chaudes. Dans la cour, dans un coin, les locataires feront bientôt pousser des légumes ; un poulailler sera aussi aménagé pour permettre aux résidents de subvenir, en partie, à leurs besoins. Histoire de diminuer les coûts, explique Marlène Ladine, la responsable du centre.
<B>Son seul regret, c?est de ne pouvoir accueillir plus de femmes. </B>
Le centre a une capacité d?accueil de trente personnes. « Malgré la contribution mensuelle de Rs 100 000 du ministère de la Femme, nous ne pouvons toutes les accueillir. La désintoxication coûte cher et puis il y a deux enfants qui accompagnent leur mère. Les femmes quant à elles ont des besoins différents des hommes. » Heureusement, qu?elles n?ont plus besoin de se faire soigner dans le privé. Le ministère de la Santé a délégué un médecin au centre pour des visites hebdomadaires.
Le Commissaire européen au développement et à l?aide humanitaire, Louis Michel, n?a pas caché son émotion face à ce projet qui « part du citoyen, et qui s?adresse au peuple meurtri ». Il demande et redemande des projets comme celui-là. Pour cela, je suis prêt à bouleverser l?inertie de la bureaucratie de la Commission européenne. » Afin que les chrysalides deviennent un jour de beaux papillons, symboles de liberté?
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