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sam lauthan, ministre de la sécurité sociale et ancien travailleur social
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sam lauthan, ministre de la sécurité sociale et ancien travailleur social
<B>Vous avez une bonne connaissance du terrain. Est-ce vrai qu?il y a un manque d?héroïne sur le marché ces jours-ci ? </B>
C?est un grand tournant dans la lutte antidrogue. On n?a pas connu une telle situation depuis 1986. À l?époque, il y a eu des cut-down similaires mais cette fois ce manque de drogue paraît plus aigu.
Le travail de la police a été exemplaire. Le public peut penser le contraire en voyant le nombre important de drogués se réunissant dans certaines régions ces jours-ci, mais c?est dû à un état de manque.
Un toxicomane se déplacera de Port-Louis jusqu?à Mahébourg rien que pour avoir sa dose. D?où ce mouvement de masse vers les points de vente.
Le bouche-à-oreille marche très bien dans ces cas-là et les drogués s?agglutinent aux endroits où la drogue semble être disponible.
C?est normal que le public soit agacé par cette situation. Je lance un appel : personne ne doit prendre la loi entre ses mains. Ne cherchez pas la confrontation avec les toxicomanes. Alertez la police. Elle fera son travail.
<B>Quelles sont les risques et les dérapages, à prévoir ? </B>
Ce manque de drogue peut s?avérer mortel dans certains cas. Le risque d?une vague d?overdoses est bien réel.
Les toxicomanes risquent leur vie avec tous ces mélanges d?impuretés que les dealers font avec une dose d?héroïne.
Des guerres de gang sont à craindre. Ou des bagarres entre toxicomanes car si on dilue trop une dose, le drogué va inévitablement s?en apercevoir et demander des comptes.
<B>Que font les autorités pour leur venir en aide ? </B>
Côté réhabilitation, on est sur la bonne voie et on a déjà eu une réunion avec le Premier ministre à ce sujet. On travaille déjà sur un masterplan avec une demi-douzaine de ministères.
Mais on ne peut pas tout faire. On doit avoir la collaboration du public et les proches des toxicomanes pour mener à bien ce travail.
Je préside une réunion demain pour améliorer la capacité d?accueil dans les centres de réhabilitation. On travaille aussi sur une liste de produits de substitution.
Je lance un appel aux toxicomanes. La réhabilitation ne s?arrête pas avec la désintoxication. Il y a tout un travail de d?encadrement psychologique et émotionnel derrière. Ils ont tellement menti à leurs parents quand ils étaient accros que personne ne croit plus en eux. Il faut leur accorder une deuxième chance, ils peuvent avoir un déclic et vouloir s?en sortir.
Après la désintoxication, 90 % du travail reste à faire. Tous les experts vous le diront. La grande majorité qui suit un traitement pense que leur problème avec les stupéfiants se termine avec la désintoxication. Ils disparaissent dans la nature et sombrent de nouveau dans l?enfer de la drogue. D?autres sombrent dans l?alcool pour combler leur manque.
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