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En finir avec la bouteille

15 janvier 2005, 20:00

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Entre l?alcool et le dépendant, c?est plus une histoire de haine que d?amour. Ceux, qui veulent en finir avec la bouteille, ont à leur disposition des centres.

Pour suivre le traitement thérapeutique du Centre de solidarité, il faut être sevré. On vous réfère d?abord à l?hôpital ou à un médecin privé. La réinsertion commence après la désintoxication médicale. Pendant un mois et demi, les abstinents doivent se rendre à Rose-Hill tous les jours de 9 h 00 à 16 h 30. On renforce leur motivation, leur confiance en eux. On leur apprend à reconstruire leur vie personnelle et familiale, et à envisager le futur. Pendant cette période, un membre de la famille doit obligatoirement accompagner l?alcoolique.

« C?est une sorte de soutien », explique Yolette Vyapoory, responsable des thérapies. Cela permet aussi aux animateurs de faire le point sur le comportement de l?abstinent au sein de sa famille. Petit à petit il pourra aller seul au centre. Dans tous les cas, la famille doit veiller à ce qu?il n?ait pas d?argent en sa possession, et à ce qu?il n?ait pas accès aux endroits où l?on sert de l?alcool.

Une fois ce cap passé, commence la phase résidentielle à Solitude qui dure quatre à six mois. Là, l?alcoolique réapprend à vivre, à assumer des responsabilités, à être discipliné, à se connaître lui-même, et à reconnaître les valeurs. Vers le cinquième mois, il doit rechercher un emploi, mais il continue à habiter à Solitude. La famille peut lui rendre visite seulement après quelques semaines. Elle suit des réunions de parents entre-temps. « La thérapie familiale est importante. Souvent, la famille est blessée elle aussi. Si elle ne guérit pas, elle ne pourra pas aider son proche qui essaie de sortir de l?enfer de l?alcoolisme », insiste Yolette Vyapoory.

Après les six mois à Solitude, l?abstinent regagne le foyer familial, mais doit encore être soutenu pendant un an, à raison de trois fois par semaine de 18 h 30 à 21 h 30. Lors de ces thérapies de groupe, ils parlent de leurs difficultés en société, de leurs tentations et évitent ainsi les rechutes. Le service est gratuit. Ceux qui peuvent, donnent une somme symbolique de Rs 100 par an. Lors de l?accueil, il faut contribuer pour le déjeuner à moins d?apporter de quoi manger.

Centre de solidarité pour une nouvelle vie. Impasse Larcher, Rose-Hill.

Tél. : 464.99.80.

<B>Centre Chrysalide</B>

Ce centre résidentiel est destiné aux femmes et à leurs enfants. En règle générale, il accueille celles qui sont dépendantes à la drogue, mais est aussi ouvert à celles qui ont un problème d?alcool. Après la cure de désintoxication commence la psychothérapie. Il s?agit de comprendre ce qui a amené la personne à cette dépendance, l?aider à s?exprimer sur ses difficultés, à prendre position, et à dire oui ou non. Le programme dure six mois à un an. « La femme apprend à être autonome, à trouver un emploi, et une maison, s?il le faut », souligne Marlène Ladine, la directrice. Le centre n?accueille pour le moment qu?une quinzaine de femmes, faute de financement, alors qu?il pourrait en recevoir trente.

Centre Chrysalide, Bambous.

Tél. : 452.55.09.

<B>Centre ayurvéda de Calebasses</B>

Ce centre de prévention est unique en son genre à Maurice. Créé en mai 2004, ce Day Care Centre propose un traitement ayurvédique sur trois mois. Les médicaments prescrits sont fabriqués à base de plantes.

Grâce à des bains chauds, on élimine de l?organisme les toxines de l?alcool. « La thérapie qui l?accompagne consiste en des massages, du yoga, des exercices de relaxation, de la méditation. Nous avons eu 62 patients jusqu?à present », explique le Dr Zankhana Joorawon. Les dépendants à l?alcool et à la cigarette, ainsi que leurs familles suivent parallèlement des thérapies de groupe.

Centre ayurveda de Calebasses. Tél. : 248.91.30.

<B> Centre Idrice Goomany</B>

Alors que le brown sugar fait des ravages dans les années 80 dans les régions de Plaine-Verte et de Vallée-Pitot, un groupe d?amis décide de conjuguer leurs efforts pour arriver à bout de ce fléau. C?est ainsi que le centre Idrice Goomany voit le jour en 1986. Le programme de ce Day Care Center est basé sur la désintoxication médicale et la réinsertion sociale. Pour pouvoir en profiter, les dépendants à l?alcool doivent d?abord passer par, ce qu?on appelle dans le jargon social, l?accueil. Il s?agit d?une rencontre informelle où les animateurs essayent de sonder le malade et sa famille afin de connaître leurs motivations. « L?alcoolisme a plusieurs étapes. On doit savoir si la personne atteinte est dans l?étape précontemplatoire, c?est-à-dire qu?elle ne veut pas se soigner et c?est sa famille qui la force. Si elle est dans la phase contemplatoire, c?est qu?il y a déjà une prise de conscience. La personne veut changer mais ne sait pas comment », explique Imran Dhanoo, directeur du centre. En cure de désintoxication, la volonté de s?en sortir est primordiale.

Ensuite le patient est appelé à remplir une fiche pour mesurer son addiction severity index. Des médicaments lui sont prescrits pour l?aider à surmonter son état de manque. Le protocole qui suit peut durer dix semaines. La personne doit se rendre au centre trois fois par semaine, participer aux réunions de groupe et aux activités thérapeutiques. Sa famille doit, pour sa part, assister à des sessions de parole chaque samedi.

Dr Idrice Goomany Center for the Prevention & Treatment of Alcoolism and Drug Addiction, rue sir Edgar Laurent, Port-Louis. Tél. : 242.30.16.

<B> Centre d?accueilde Terre Rouge</B>

Jean-François Rey ne mâche pas ses mots : selon lui, 120 000 personnes sont dépendantes à l?alcool à Maurice et on consomme 68 millions de litres d?alcool par an. Au centre de Terre Rouge, on évalue d?abord votre degré de dépendance à l?alcool. On vous réfère à un médecin si besoin est. Vous devez ensuite participer à des sessions de motivation. Une fois que vous êtes prêt à aller de l?avant, vous suivez un programme résidentiel de neuf semaines. « Leur vie est centrée autour du produit, on doit leur réapprendre les choses simples de la vie comme prendre un petit-déjeuner ou travailler. On leur donne des formations en matière de nutrition, de culture physique, de sexualité. On leur montre qu?on peut s?amuser sans le produit », explique Jean-François Rey. Ils participent donc à des soirées de détente, font de l?escalade en montagne, du camping. Tous les animateurs du centre sont des anciens toxicomanes ou alcooliques. C?est donc la thérapie du semblable qui est en vigueur.

Centre d?accueil de Terre Rouge. Terre Rouge. Tél. : 248.70.41.

<B> Alcooliques anonymes</B>

Les Alcooliques anonymes sont une association d?alcooliques et anciens alcooliques, qui se rencontrent une fois par semaine pour parler de leur expérience, de leurs forces et de leurs faiblesses afin de résoudre leur problème. La seule condition pour joindre ce groupe c?est d?être décidé à en finir avec l?alcool. Il n?y a pas de directeur, ni animateur. Ils sont tous sur le même pied d?égalité et s?entraident. Les différents groupes de AA se rencontrent à Goodlands, Beau-Bassin, Rose-Hill, Vacoas et Port-Louis. Pour les contacter, écrivez à BP 98 Rose-Hill ou passez par l?audiotexte 302.60.93.

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