Publicité
MacArthur : "C'est le bonheur"
Ellen MacArthur gère le stress avec maestria. Comment s’est passé le passage du Cap Horn ?
Super, j’ai quitté les mers du Sud avec une situation assez chaude, à savoir des rafales jusqu’à 55 nœuds et une mer énorme. Ce n’était pas facile et ensuite, j’ai eu une période d’environ huit heures pendant lesquelles le vent passait de 45 à 3 noeuds puis à 35 ! Ça veut dire beaucoup de changements de voile, je suis donc très fatiguée. Là, on est sur la route, on avance, ça fait vraiment du bien.
Combien de fois êtes-vous passée au Cap Horn ?
Ça fait quatre, deux fois avec Kingfisher, deux avec ce bateau. Avec Castorama, nous avons fait un vrai tour du monde complet, puisque l’an dernier, nous avons fait les Malouines-New York puis la traversée de l’Atlantique, maintenant nous sommes de nouveau aux Malouines. J’espère que le bateau connaît la route et que nous n’allons pas passer par New York cette fois-ci !
Pouvez-vous établir un comparatif entre un tour du monde sur Kingfisher, votre ancien monocoque, et Castorama, votre trimaran ?
La différence est énorme. Ce bateau est très stressant, chaque manœuvre est physiquement très dure, on va à des moyennes de 17-18 nœuds, parfois 21-22, le bateau bouge beaucoup, il y a vraiment beaucoup de stress. C'est dur de vivre, de marcher, de dormir, de manger, ça change énormément. Je le savais mais c’est vraiment vraiment dur.
Vous parlez souvent de vous à la première personne du pluriel incluant ainsi votre bateau, quelle relation avez-vous avec lui ?
C’est un bateau génial, il a un grand cœur, je vis des moments très forts avec lui. Il y a aussi des moments durs, mais globalement, ce bateau est génial, c’est le bonheur. Je suis donc très contente de lui, d’ailleurs, j’étais un peu triste de quitter les mers du Sud.
Vous possédez plus de quatre jours d’avance sur le temps de passage de Francis Joyon l’an dernier, son record est en vue ?
Je suis évidemment très contente de ces quatre jours d’avance, mais il reste encore 8 000 milles, ça fait un gros paquet de temps. On ne peut jamais dire que le record est battu, on a toujours la possibilité de perdre six jours entre l’équateur et la maison.
MacArthur fait corps avec Kingfisher. Quelles conditions avez-vous actuellement (jeudi à 14 h 30, heure française) ?
Il y a quelques heures, le vent est monté à 35 nœuds, depuis ça va mieux, le ciel est gris avec de petits trous bleus, le vent est descendu à 15-18 nœuds, j’avance à une moyenne de 18 noeuds. J’ai eu ce matin la visite d’un grand bateau de la Royal Navy qui venait des Malouines, un avion Herculis nous a ensuite survolés. Je suis fatiguée, mais c’était excellent de voir ça, ce n’est pas tous les jours qu’on navigue bord à bord avec un bateau de guerre !
Vous risquez d’arriver à peu près en même temps que les premiers du Vendée Globe, est-ce votre avis?
Je pense que les bateaux du Vendée Globe vont arriver bien avant moi, sauf s’ils ont des conditions vraiment difficiles et que nous rencontrons de notre côté des conditions vraiment favorables.
A propos de Vendée Globe, quel regard portez-vous sur la performance de votre compatriote Mike Golding ?
Il fait une super course. Il a eu un peu de mal au début, mais il n’a jamais baissé les bras, ce n’est pas son style. Il navigue bien, il a toujours gardé le moral.
Le ciel est gris avec de petits trous bleus, le vent est descendu à 15-18 noeuds.
Publicité
Publicité
Les plus récents