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?La culture est une question de connexion, de relation entre les gens et les choses?

14 janvier 2005, 20:00

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<B>Vous avez participé au programme culturel, mercredi soir au Community Vilaj, en interprétant une chanson des îles Samoa, quelle est la signification de cette chanson ?</B>

Elle dit que nous devons nous souvenir de qui nous sommes, d?où nous venons, une île verte et bleu où les c?urs sont aussi purs que l?or. Elle dit que notre sourire est un héritage de Dieu. La chanson dit également comment apprendre le bonheur.

<B>Quelle importance votre gouvernement accorde-t-il à la Culture ?</B>

La culture a une place importante, ainsi que l?environnement, sans qui nous ne pourrions pas vivre. La culture est aussi très attachée à l?environnement, à la terre. Aux Samoa, la culture est une question de connexion, de relation entre les gens et les choses. Nous nous souvenons de ce qui s?est passé et nous préparons l?avenir. Nous essayons de laisser quelque chose, une trace qui prendra racine dans le sol et qui grandira. C?est là où la Conférence des Petits Etats Insulaires intervient en nous donnant les facilités pour atteindre ce but.

<B>Pour les petits Etats, qui ont souvent peu d?histoire, par quel moyen la culture peut-elle se développer, sans perdre son identité ?</B>

Aux îles Samoa, c?est peut-être plus facile, car nous avons la chance d?être l?un des premiers états insulaires indépendants et nous avons pu très tôt nous rendre compte des problèmes auxquels nous aurions à faire face et à mieux stopper les ingérences étrangères. Grâce aux leaders, nous avons pu échapper à de multiples pressions pour que la culture ne s?évapore pas. Chose importante également, nous avons pu conserver 85% de nos territoires et dont bon nombre sont encore vierges. Le peuple Samoan accorde une grande valeur à la terre parce que si vous avez la terre, vous avez la liberté.

<B>L?accès aux cultures de grands pays et leur influence sont-ils des dangers pour la culture des petits Etats ?</B>

Il faut savoir ce que nous pouvons intégrer à la société et ce que nous devons préserver.

<B> Quel est le facteur qui aide le plus le développement de la culture?</B>

Les Samoa sont paisibles et pacifiques. Nous avons la sécurité et le bonheur. On peut s?adonner à la culture en toute sécurité. Si vous ne vous sentez pas en sécurité, vous n?aurez pas envie de sortir le soir, de vous amuser. Vous aurez peur de certains qui vont boire, vous aurez peur de vous faire voler par ceux qui ont besoin d?argent. Et nous avons une structure culturelle très forte, chaque village est régi par le Conseil des Chefs et le Conseil des femmes. On peut sortir le soir, on peut faire de la musique en liberté. Les artistes se retrouvent tous ensemble et chantent notre histoire.

<B> Dans quelle mesure la culture peut-elle faire partie, peut-elle contribuer, au développement économique ?</B>

La chanson que j?ai interprétée a été composée par un artiste Samoan en anglais et en Samoan au début des années 80, lorsque les Samoa se sont intéressées au tourisme. Ainsi tout le monde comprend le message. Personnellement, je travaille pour la Croix Rouge et pour un organisme qui s?occupe de l?environnement. Je donne des cours et souvent j?enseigne en chantant. C?est agréable, surtout pour les jeunes, lorsqu?ils sont en vacances. Ils ont droit à de petits concerts et en même temps, ils apprennent quelque chose.

La culture participe à l?économie, au tourisme, au social. Nous faisons passer des messages à travers la musique, nous communiquons en musique, le pays s?épanouit.

<B>Spectacle manquant de saveurs</B>

On ne sait trop quoi penser du spectacle proposé mercredi soir par le ministère des Arts et de la Culture, à l?occasion de la conférence Internationale des Petits Etats Insulaires. L?ambiance était à la fête. Les délégués, beaucoup de jeunes, avaient vraiment envie de s?amuser après une folle journée marquée par la visite de Kofi Annan. Le Community Vilaj a fait de la place aux artistes mauriciens. L?immense salle du centre d?Exposition du port Franc s?emplit peu à peu. Pas assez de sièges pour tout le monde. Mais ce n?est pas grave, ceux qui restent debout danseront.

Bizarrement, le spectacle commence à l?heure. Le présentateur paraît même stressé, pressé, comme si sa vie dépendait du timing du spectacle. Suivront une heure trente de divers numéros de danse, avant le clou du spectacle, les Bhojpuri Boys. Un spectacle politiquement correct qui met en scène, une danse indienne, une danse africaine, une danse chinoise, un séga (en quadrille). Encore et toujours la même chose. C?est très joli, le public est content mais il manque quelque chose.On se demande aussi pourquoi présenter à la Mauritian Night une série de danses latines. Parce qu?elles ont été les plus applaudies ? Il est vrai que le tango a été vraiment bien exécuté par deux très bons danseurs, que les paillettes plaisent toujours ? On aura en revanche été ravi de la présentation d?une chorégraphie du Mahatma Gandhi Institute sur un poème de Robert Edward Hart, ainsi que par les chansons des Bhojpuri Boys, qui sonnaient profondément mauriciennes et sont de vraies créations originales.

Pour le reste, l?on se demande pourquoi les genres et les styles, de danse ou de musique ne se mélangent pas davantage, pourquoi les couleurs de la nation arc-en-ciel sont encore séparées les unes des autres. La soirée s?est très bien passée bien mais sans plus, personne n?a été impressionné. C?est sympa mais pas exceptionnel. Finalement, peu de gens ont dansé. Dommage que l?on ai pas accordé à la culture la même importance qu?à la sécurité.

<B>Propos recueillis par Sonia Serra</B>

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