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Disc Men

15 janvier 2005, 00:00

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Nouveau moyen de communication, le VCD (Video Compact Disc) a, depuis belle lurette, trouvé nombre d?adeptes à Maurice, chez les pirates le plus souvent.

Mais loin de cette image néfaste, ce support vidéo, moins cher, est également un moyen pour les artistes locaux de présenter leurs ?uvres à un plus large public. Plusieurs humoristes se sont lancés dans cette aventure et s?en réjouissent.

«On ne s?attendait vraiment pas à ce que ça marche aussi bien. Pour Marmit So (Sam Ammigan), nous avons déjà vendu 10 000 exemplaires et pour Trioco, nous en avons vendu 4500 en une seule journée», explique Roshan Rajkoomar, de Framework Digital Studio.

L?entreprise était pourtant risquée, le piratage contaminant la production locale. Le pari était de savoir si le public mauricien achèterait ces productions à bas prix et sur VCD, comme il achèterait ses copies piratées.

Pour le moment, le pari est réussi et artistes comme producteurs s?en étonnent.

«Ce succès donne du courage, c?est un secteur plein d?avenir,» poursuit Roshan Rajkoomar.

Depuis septembre et le lancement de Marmit So, tout le monde en parle. «VCD là bon. Et li pas cher», dit un nouvel adepte de l?imitateur mauricien. Et dans les rues, les jeunes s?interpellent en reprenant les sketches d?Ammigan, cuisine le «Cari Kok» et s?expriment comme le groupe Wadé Wadir, chanteurs et amateurs de brède sousous.

D?autres se rappellent les sketches de Lindsay Moutien. D?autres encore, surtout les plus jeunes, préfèrent le style Trioco (surtout la coupe de cheveux d?Alexandre Martin).

Plus que la pub, c?est le bouche à oreille qui a assuré le succès de Sam Ammigan et annoncé le succès des VCD suivants.

Le VCD est une mine d?or dont les artistes mauriciens peuvent aujourd?hui profiter, après avoir été exploités depuis longtemps.

Les musiciens aussi ne devraient pas tarder à utiliser ce format pour proposer de nouveaux produits.

Déjà, le groupe Ottentik Street Brothers a compris que pour faire basculer le piratage il leur fallait proposer autre chose.

Résultat, leur dernier album (malheureusement copié) proposait aux acheteurs, en sus des chansons, plusieurs vidéo, lisibles sur ordinateur.

Jean Claude Gaspard, vétéran de la chanson s?est aussi pris d?intérêt pour ce nouveau support et vient de sortir un DVD (meilleure qualité image et son) d?un spectacle familial en avril dernier.

Pour les VCD, d?humour, le principe est le même, soit proposer une nouveauté, sur un support peu exploité jusqu?alors.

Les producteurs sont déjà prêts pour enregistrer de nouveaux artistes. Le marché du VCD est viable, car il est facile d?accès, facile d?usage et à moindre coût.

«Une telle distraction, aussi accessible, car le VCD est très commun, et pour Rs 150, c?est plus qu?abordable», s?explique Ramesh Duljeet, qui a réalisé le Best of Meyer de Lindsay Moutien.

En tant que nouveauté, c?est aussi pour les artistes un défi à relever, une aventure qu?ils commencent. En bons humoristes, ils y mettent le sourire, malgré de longues heures et de longs mois de travail.

Marmit So a pris deux mois aux artistes, Trioco, 45 jours, «travaillant 24 heures sur 24, mais sans aucune fatigue», raconte Roshan Rajkoomar, Best of Meyer, «trois jours de tournage avant que le vrai travail ne commence pour deux mois», explique Lindsay Moutien dans un long soupir.

Ce nouveau marché est aussi, peut-être, une nouvelle industrie. Roshan Rajkoomar pense ainsi que « le VCD a un fort potentiel. Derrière les artistes, il y a toute une équipe qui peut travailler pendant plusieurs mois, des graphistes, des monteurs et autres techniciens. Il y a quelque chose à développer ».

<B>Rire et Rire gras

Chacun son style évidemment. Les trois VCD d?humour sortis en fin d?année dernière sont une excellente idée, mais qui mérite d?être perfectionnée. La réalisation tient la route alors que la création elle laisse à désirer. Sam Ammigan a fait preuve du plus grand talent dans Marmit So. On admire son talent d?imitateur, la manière dont il singe toutes les composantes de la société mauricienne. Toutefois, il ne faut pas s?attendre à rire gorge déployée, sauf pour quelques éclats de génie. Mais au moins il fait sourire. Les sketches les plus longs, (hormis la parodie de la télévision et ses inter-sketches), sont les moins appréciés.

Le sketche que tout le monde connaît aujourd?hui par c?ur, Cari Kok, est le plus court, le plus concis, le plus drôle. Car tout le monde sait que les blagues les plus courtes sont les meilleures. Et même si les sketches sont très longs, il arrive à faire passer un bon moment au spectateur.

Le Best of Meyer Sketches de Lindsay Moutien a cela de bon qu?il s?adresse à son public. On y retrouve donc l?ancien motard de la police dans l?exercice qu?il fait le mieux, raconter une histoire drôle. On regrette, comme pour les autres VCD, les gros rires forcés de la bande son. D?abord, c?est gênant parce que l?on ne comprend pas où il faut rire à tel point. C?est ensuite gênant car ce faux empêche d?entendre l?humoriste. La réalisation est un peu simple mais le cadre reste fidèle à l?humoriste, habitué et surtout amoureux de la scène. En revanche, Trioco, est une déception. On avait pourtant bon espoir de rire aux éclats après avoir découvert Alexandre Martin chez Sam Ammigan, en Wadir Bonaventir. Mais, dans B.O.C., on attend désespérément le coup d?éclat.

Les sketches sont longs et lents. Très bien réalisés mais apparemment sans histoire. On dirait des cours d?improvisation où les comédiens ne savent pas où ils veulent emmener le public. Bien sûr, Trioco fait sourire de temps à autre mais quelque chose manque toujours. Les personnages sont parfaits. Manque une histoire. Les défauts sont là. Mais l?envie de bien faire est là aussi.

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