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Questions à?Mohamed Latheef
● De par leur topographie, les Maldives sont particulièrement vulnérables à la montée des eaux. Y a-t-il des solutions ?
Certainement. Les Maldives sont le pays le moins élevé du monde par rapport au niveau de la mer. L?archipel se situe presque au même niveau. Cela nous rend particulièrement vulnérables aux changements climatiques, que ce soit à la montée des eaux ou à la hausse des températures qui risquent de détruire notre écosystème particulièrement fragile. Si rien n?est fait sur le plan international, notre pays est condamné et disparaîtra dans l?océan. Nous allons être de plus en plus confrontés à des désastres naturels. Sur le plan local, nous essayons de prendre des mesures en éduquant et en érigeant des barrières près des côtes, mais cela coûte cher et est néfaste à l?écosystème. Il nous faut des actions internationales rapides.
● La communauté internationale s?intéresse-t-elle à votre sort et à celui des autres îles vulnérables ?
Il y a une lente prise de conscience. Les choses doivent toutefois bouger rapidement, plus vite que maintenant. Nous essayons de faire entendre notre voix le plus possible pour accélérer la conscientisation, mais ce n?est pas un travail facile. Nous luttons durement. De plus en plus de pays doivent adhérer au protocole de Kyoto, qui a trait au réchauffement climatique. Mieux vaut tôt que trop tard.
● N?est-ce pas déjà trop tard pour les Maldives ?
Dans l?immédiat, nous ne pouvons dire s?il est déjà trop tard. Si la communauté ne réagit pas rapidement, cela le sera certainement. Les Maldives ont été durement touchées par le tsunami du 29 décembre.
● Un avant-goût de ce qui vous arrivera ?
Nous avons perdu neuf îles habitées, 14 autres ont été évacuées et 41 ont été sérieusement endommagées. Nous n?avons pas encore fait le constat pour les îles qui ne sont pas habitées. Actuellement, nous ne connaissons pas encore leur sort.
Propos recueillis par Patrick HILBERT
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