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Subash Gobin : Politique d?information inexistante
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Subash Gobin : Politique d?information inexistante
Enhardi peut-être par la sortie de Satcam Boolell contre ceux qui se servent abusivement du PTr au lieu de le servir sans rien attendre en retour, le journaliste Subash Gobin lance un réquisitoire instructif mais impitoyable contre tout gouvernement n?ayant pas une politique d?information digne de ses efforts à la tête du pays. Il déplore les critiques anti-presse de SSR, contenues dans son message à la Nation. Il ridiculise l?agent travailliste Yves Grenade se vantant que la presse n?était pas convoquée à couvrir la réunion des agents travaillistes, insinuant que ce sont des journalistes-fraudeurs qui ont rapporté les courageux propos de Satcam Boolell. Cette frilosité à l?égard de la presse dénote à coup sûr un manque de confiance de la part de tout gouvernement, dépassé par des événements en forme de tsunami. Tout gouvernement, pensant que tout le monde serait plus beau et plus gentil, si la presse libre pouvait être muselée, file un mauvais coton. On pourrait parler alors de faillite totale si ce gouvernement possède une quelconque politique d?information. Ce qui est loin d?être toujours le cas. Des ministres, trop occupés, abandonnent stupidement le champ de bataille de l?information à l?opposition et à la frustration, laissant alors le champ libre à une information manipulée par les détracteurs du régime. L?amateurisme en matière d?information peut pourtant coûter le pouvoir à un gouvernement, sous-estimant l?impact médiatique. ?Gouvernement et MBC sont étouffés par l?immobilisme caractéristique du Pouvoir. Leur devise officielle est toujours : point d?information, point de controverse?.
Subash Gobin rappelle ce qui s?est passé avant les législatives de décembre 1976. Pendant des mois et des mois, la MBC ne montre aux téléspectateurs que des ministres multipliant les monologues, les uns plus énervants que les autres. Et puis, par la grâce miraculeuse d?une campagne électorale télévisée obligée, ils découvrent de nouveaux visages plus attirants, de nouvelles voix, une nouvelle génération de politiciens, leur offrant un message de proximité plus accessible, leur tenant des propos plus compréhensibles, partageant pleinement leurs préoccupations et leurs aspirations. ?Entre une Radha Poonoosamy pouvant à peine dire : Votez la clé et une Vidula Nababsingh maîtrisant parfaitement ses dossiers, le téléspectateur fait vite son choix? Ceux qui ont étudié l?impact de la campagne électorale télévisée, sont unanimes à dire que l?opposition marqua plus de points que le pouvoir?.
Il condamne le silence de la MBC à propos d?une grève du transport en commun, silence méprisant pourtant les mille et une difficultés les unes plus contraignantes que les autres, subies de plein fouet alors par la masse des usagers de ce service public. La MBC sait accorder tout le temps voulu aux moindres faits et gestes des ministres, que des thuriféraires obséquieux enguirlandent sans cesse, mais refuse de le perdre pour s?apitoyer sur la vieille qui doit péniblement marcher jusqu?à l?hôpital ou sur la gamine qui doit faire des kilomètres à pied pour se rendre à l?école.
Il cite, en exemple, la Development Works Corporation qui emploie, sur une base dite provisoire, 8 000 personnes en quête d?emploi permanent mais qui ne possède pas un seul officier des relations publiques alors que PROSI répond sur le champ à la moindre critique pertinente ou impertinente de l?industrie sucrière. Haro ! donc sur la consigne gouvernementale du silence et du secret ainsi que sur ce déni du droit à l?information. Gare ! à la censure systématique de l?opposition, renforçant d?autant son impact médiatique quand elle peut, enfin, s?adresser à la population à la veille d?une élection législative.
Ce que Subash Gobin ne pouvait prévoir, en 1980, c?est que la situation empire de jour en jour depuis que la plupart des ministres s?entourent d?attachés de presse aussi inutiles qu?une autoroute anti-écologique Plaine-Magnien/Belle-Rive via la forêt indigène de la Vallé de Ferney. De même, Subash Gobin ignore que, depuis, PROSI a tristement fermé ses portes, suite à la retraite peu honorable de la libre entreprise, abandonnant sans gloire ni panache le champ de bataille de l?information. C?est vrai que lorsqu?on n?a rien à dire d?intéressant, mieux vaut encore se taire.
James Burty David, le bras droit de Kher Jagatsingh, apporte de l?eau au moulin de Subash Gobin. ?Aucun gouvernement, aucun homme politique, aucun parti, ne peut s?attendre que la presse, en tant qu?institution influente et respectée, lui soit servile et l?encense à longueur de semaine? Quand l?information rapportée est infondée, la faute revient aussi à l?absence de réseau gouvernemental d?information performant? Un dialogue gouvernement-presse voilà qui peut éviter bien des confusions, des malentendus et des demi-vérités ?. Qu?on se le tienne pour dit car ce n?est pas la presse libre qui refuse ce face à face, encore que les conférences de presse doivent être pour les journalistes dignes de ce nom ce que la soupe populaire est aux tontons claudos.
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