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?Les Comores sont sur la bonne voie?
?<B>Après les revues des programmes au terme de l?année 2004, quelles sont les priorités de l?Unicef pour la nouvelle année par rapport au programme de coopération 2003-2007 ? </B>
L?Unicef ne change pas de priorité par rapport à celles convenues dans le cadre de la coopération Comores-Unicef. Nous allons continuer à mettre l?accent sur l?éducation de la fille dans notre programme de coopération. Même s?il y a des progrès, l?écart entre filles et garçons est de 13 points. Il nous faut donc travailler à réduire davantage cet écart; c?est pourquoi la promotion de l?éducation de la fille reste encore pour nous une priorité.
Dans le cadre de l?éducation, nous allons devoir accorder une attention toute particulière à la qualité. L?Unicef agit essentiellement dans le cadre de l?éducation de base et l?éducation de la petite enfance. Nous allons aider les Comores à adopter une approche pédagogique de nature à améliorer de manière substantielle la qualité de l?éducation. Ceci trouve sa justification dans le fait que, d?après les études réalisées, la maîtrise des enseignements de base aux CM1 et CM2 laisse beaucoup à désirer. Pratiquement 1/3 des élèves redoublent leurs classes, le taux d?abandon est assez élevé (environ 5 %), le taux de réussite pour le passage à l?enseignement secondaire est faible et ne représente qu?un tiers des élèves.
Nous allons continuer l?initiative des programmes rénovés pour les écoles coraniques et faire en sorte que ces dernières soient reconnues et dotées de statut comme premier palier du système éducatif comorien.
Dans le cadre du programme santé et nutrition, nous allons continuer à soutenir les initiatives visant à améliorer la survie de l?enfant et de la mère. On projette d?agir ensemble avec les autres agences du Systèmes des Nations unies dans le cadre d?un programme conjoint pour l?amélioration de la santé maternelle en vue de réduire le taux de mortalité maternelle actuellement de 517 pour 100 000 naissances. Ceci étant, nous continuerons à soutenir le programme élargi de vaccination tout en continuant le projet de nutrition à base communautaire.
Je ne saurais pas ne pas aborder une autre priorité qui est un thème transversal à tous les programmes que nous appuyons à savoir la lutte contre le VIH/SIDA. C?est un domaine qui reste prioritaire pour l?Unicef pour des raisons évidentes que nul n?ignore. La protection de l?enfant reste pour nous une priorité. Nous allons appuyer les Comores à faire un bilan sur la mise en ?uvre de la convention relative aux droits de l?enfant.
?<B>Quelle appréciation faites-vous du rapport sur la mise en ?uvre de la convention relative aux droits de l?enfant aux Comores ? </B>
Tout vise à la réalisation des droits de l?enfant. Par droits de l?enfant, nous entendons droit à l?éducation, une éducation de qualité, droit à la santé, à la survie, etc. Plus les programmes atteignent les résultats, mieux la convention est appliquée. On ne peut donc pas déconnecter l?application de la convention des progrès connus dans la mise en ?uvre des différents programmes. Il y a des progrès, c?est évident. Mais seules les actions d?évaluation prévues permettront de dire précisément où on en est. Dans deux semaines, des informations plus précises sur le degré d?application seront connues. Je préfère alors ne pas anticiper.
?<B>Depuis près de deux ans maintenant, vous avez choisi de mettre l?accent sur la protection de l?enfant, vu l?urgence qui s?est manifestée à travers le nombre d?abus sur les mineurs. Mais malgré cela, force est de constater que la situation n?a guère évolué. Si vous partagez cet avis, comment expliquez-vous cela ? </B>
Parce que le problème est beaucoup plus préoccupant. Maintenant il y a une stratégie élaborée qu?il faut mettre en ?uvre. Il existe un cadre légal pour la protection des enfants les plus vulnérables. Si les activités en cours se poursuivent et se renforcent, je n?ai pas de doute que l?ampleur de ce phénomène aille en diminuant. Je répète encore une fois qu?il y a des années on ne parlait pas d?abus d?enfants dans les médias. Maintenant les parents, les médias et les enfants eux-mêmes en parlent et la société civile aussi s?implique. La loi du silence n?est plus de mise. On a vu très récemment des femmes organiser avec leurs propres moyens une manifestation pour dénoncer les viols sur les mineurs. Des actions bien structurées sont prévues. Ceci prouve la prise de conscience de la population. Je saisis d?ailleurs cette opportunité pour interpeller les partenaires à soutenir les activités allant dans le sens de la protection des enfants.
?<B>Les différentes agences des Nations Unies arrivent-elles à s?adapter à la nouvelle charpente institutionnelle du pays ? </B>
J?ai parlé plus haut des revues des programmes organisées dans les îles et au niveau central depuis l?année dernière. Dans les îles, la coordination des actions de ces programmes se fait sous l?égide des directions du plan et de la société civile. Ce qui nous préoccupe, c?est que chacun assume son rôle opérationnel de mise en ?uvre tant au niveau des îles qu?au niveau central. Nous avons compris le choix des Comoriens par rapport au cadre constitutionnel et nous élaborons les outils de programme en tenant compte de ce cadre institutionnel. Nous devons veiller à ce que les autorités s?impliquent et assument leurs responsabilités.
?<B>Après tout ce qui a été fait en faveur de la femme, particulièrement en ce qui concerne sa présence aux centres de décision, n?êtes-vous pas déçu que les résultats de cette action soient aussi maigres ? Exemple, une députée sur les 33 parlementaires de l?Union et aucune au sein des assemblées insulaires ? </B>
Une femme au parlement, c?est quand même honorable. Une femme députée seulement sur 33, on dira que c?est trop peu. Mais ce n?est qu?un début. Les femmes doivent prendre conscience et avoir de l?ambition pour briguer cette position. Il y a des responsabilités individuelles, mais aussi des responsabilités collectives.
On pourrait appliquer, par exemple, la discrimination positive au niveau des partis politiques ou des gouvernements pour permettre aux femmes de participer réellement au développement du pays.
?<B>Voici quatre ans, vous êtes à la tête de l?équipe de l?Unicef aux Comores après avoir été représentant de l?agence dans la zone. À mi-chemin du programme de coopération 2003-2007, faites-nous, une appréciation globale de l?état d?avancement de ce programme. </B>
Il y aura la revue à mi-parcours pour faire le point d?une manière détaillée. Toutefois, d?une manière générale et brève, je ferais une appréciation positive, compte tenu du contexte dans lequel ce programme de coopération se met en ?uvre. Prenons, par exemple, le programme ?Education?.
Je peux vous dire aujourd?hui que le taux net de scolarisation s?est amélioré de 3 % en moyenne par an de 1999 à 2003, autrement dit le taux net de scolarisation est passé de 60 % en 1999 à 73 % en 2003, les chiffres pour 2004 ne m?étant pas encore communiqués. Je dirais que les progrès sont réels. À ce rythme, il y a lieu de croire que l?objectif éducation pour tous d?ici 2015 sera atteint par les Comores. La tendance est très bonne. Je suis optimiste, les Comores pourront atteindre les résultats attendus.
Si on observe la situation avec quatre ans de recul, je dirais qu?il y a un bilan positif s?agissant de la survie de l?enfant. Prenons l?année 2004, il n?y a pas eu un seul cas de rougeole, tétanos ou poliomyélite dépisté chez les enfants. Voilà une preuve que les Comores sont sur la bonne voie. Cela est encourageant et doit être renforcé.
<B> Al-Watwan</B>
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