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Marcher avec les vagues?

12 janvier 2005, 00:00

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Marie Thérésia Perrine figure parmi les piqueuses d?ourites les plus connues dans l?île. Elle fait ce métier depuis 61 ans et ne compte pas s?arrêter aussi longtemps qu?il lui restera la force de ses bras.

A 74 ans, cette habitante de Roseau vient de réussir un véritable exploit : ramener une ourite de plus de cinq kilos. Lorsqu?elle a découvert le mollusque dans le creux d?un rocher dans le lagon d?Anse-aux-Anglais, elle était seule et n?avait que deux morceaux de fil de fer en main. ?Mo pa ti pe gagn aucaine ourite ça jour-la. Kan mo finn trouv so grosser, mo ti diman bondie donne moi la force pou tir li. Li ti envelopp dan mo lamain. Mo finn pik li ek mo finn trapp so bonnet. Lerla li finn mort?, raconte-t-elle.

Dégradation des lagons

Mère de sept enfants : deux garçons et cinq filles, Thérésia est encore solide. Elle escalade les pentes des collines avec une aisance déconcertante. On lui donnerait facilement vingt ans de moins.

Thérésia a tout juste 13 ans lorsque sa maman lui apprend à braver les vagues pour devenir piqueuse d?ourites. ?Si mo mort mo pou sagrin la mer. Mo finn dir mo zenfan met dilo sale ar moi?.

La septuagénaire constate une grave dégradation des lagons. Les ressources poissonnières d?autrefois ont diminué considérablement durant ces cinquante dernières années. ?Avan ti capav gagn 50 livres ourite. Aster, nou gagn ziste trois livres. La mer finn bouche. Disab finn bouche lacaz ourites?.

Thérésia pêche plus par passion. Elle est en mer de 6 h 30 à 11 h 30. Ses prises sont destinées le plus souvent aux membres de sa famille. ?Mo finn mett sec gros ourite dix livres là?.

De temps à autre, Thérésia va à la pêche aux poissons vieillle auprès des récifs. ?C?est assez dangereux. Il faut savoir marcher avec les vagues? Mon papa m?a aussi appris la pêche à la senne?.

Thérésia n?est pas malheureuse lorsqu?elle rentre bredouille à la maison. ?Je ne regrette rien. Grâce à ce métier, j?ai pu envoyer tous mes enfants à l?école?.

La piqueuse d?ourites aime la danse traditionnelle, dont la polka et le kotisse. Elle joue également de l?accordéon. ?Quand on joue de l?accordéon, je ne peux résister, je danse. Je peux le faire pendant deux heures d?affilée?.

Thérésia sait confectionner des chapeaux de paille et des corbeilles en osier. Elle a aussi appris l?art tradionnel de préparer les achards et le massage.

Thérésia cultive la patate, le maïs et des légumes. ?Maïs pli bon ki diriz. Li fer gagn la force?.

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