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Drogue : les centres veulent davantage de moyens
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Drogue : les centres veulent davantage de moyens
?Il y a une réduction de l?offre; il faut faire en sorte qu?il y ait une réduction de la demande.? C?est là une des principales résolutions de la réunion premier-ministérielle, organisée hier avec les officiels du ministère de la Santé, des hauts gradés de la police et les responsables de la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA). Au vu des récentes tensions qui ont agité Cité-La-Cure, Cité-Kennedy et Karo-Kalyptis, le personnel des centres de désintoxication réclame davantage de moyens pour soigner les toxicomanes. Considérés comme de simples malfrats par les habitants de ces localités, ce sont, précisent-ils, des malades en mal de soins.
Les sept centres de désintoxication, dont deux résidentiels, que compte Maurice ne permettent de traiter que 550 patients simultanément. Ce qui est insuffisant par rapport au nombre de toxicomanes dans le pays. Pour ce qui est des centres résidentiels, seuls 70 patients peuvent y être admis. ?A cause du manque de place dans les centres de désintoxication, il nous a été très difficile dans le passé d?inciter les drogués à s?y faire inscrire?, note Lindsay Morvan, président de la NATReSA.
Il explique aussi que, d?eux-mêmes, les drogués sont peu disposés à se faire soigner. Ce qui, par le passé, a obligé les centres à mener de multiples campagnes de sensibilisation, s?adressant essentiellement aux proches de toxicomanes. L?objectif étant de les inciter à convaincre les drogués de se faire soigner.
Ainsi, les patients qui se présentent dans les centres doivent tout d?abord être soumis à des séances de motivation psychologique destinées à s?assurer de leur détermination à surmonter l?accoutumance. Ce qui ne garantit pas la réussite, préviennent toutefois les responsables des centres. Le taux de rechute s?élève en effet à 60 % à Maurice alors que les chiffres internationaux atteignent, eux, 80 à 90 %.
En outre, le traitement ne prend pas fin à la sortie du centre de désintoxication mais requiert une longue période d?observation et d?accompagnement. On estime généralement à cinq ans d?abstinence ? couplés à des changements d?attitude ? la durée nécessaire pour déclarer une guérison complète. De plus, la planification de la réinsertion et de la sortie du centre implique la résolution de nombreux détails comme la mise à jour de documents, la formation professionnelle, la complémentation des études, la recherche de travail, entre autres. C?est pour ces raisons notamment que les responsables des centres de désintoxication réclament des moyens plus importants. Ils veulent aussi pouvoir accueillir davantage de patients.
La réunion d?hier leur a permis de mettre en avant les difficultés rencontrées par les travailleurs sociaux ainsi que ceux des centres de désintoxication. Ils se sont aussi attardés sur la question qui, ces jours-ci a polarisé l?attention des milieux policiers : y a-t-il véritablement une pénurie d?héroïne dans le pays ? ?Il n?y avait pas de pénurie de brown hier à Plaine-Verte.? Imran Dhannoo, directeur du centre de désintoxication, est convaincu que la pénurie qui a frappé les consommateurs d?héroïne depuis le week-end n?était que ?cyclique?. ?Je pense que ceux qui sont en possession de drogue avaient décidé de retenir cette drogue. Je n?en connais pas la raison. Mais en tout cas, ils ont changé d?avis.?
La dose d?héroïne, qui avait atteint Rs 400 la semaine dernière est retombée à Rs 200. Signe sans doute que ce poison est de nouveau disponible en quantité suffisante. Le président de la NATReSA affirme pour sa part que la pénurie de drogue a poussé de nombreux toxicomanes à mélanger de l?héroïne pure à d?autres substances pour pouvoir s?offrir une dose suffisante. ?Cela a d?ailleurs causé des affrontements entre les toxicomanes depuis quelques jours?, explique-t-il. Une chose est sûre : la NATReSA devra redoubler d?énergie pour faire face au nombre croissant de toxicomanes.
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