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Le Morne : la trop lente avancée
Les commémorations du 1er février grignotent rapidement le calendrier. La contribution du Le Morne Heritage Trust Fund risque fort de rater le moment du souvenir. ?Nous préparons un film de 26 minutes en collaboration avec le Mauritius College of the Air. Mais il y a des chances qu?il ne soit pas prêt à temps.? C?est ce qu?a déclaré vendredi, Bernard Perrine, président du conseil d?administration du Trust embryonnaire, existant depuis juillet 2004.
Il siégeait à la tête d?une réunion du sous comité chargé de finaliser le script de ce film ?en anglais, en français et en créole, avec éventuellement une version en bhojpuri, dont le titre sera Le Morne as a symbol.? Cette assemblée, composée notamment de Mgr Amédée Nagapen, José Rose président du Mouvement Rastafari, Jocelyn Chan Low et Amiot Perine, travailleur social dans la région du Morne, travaille sur ce script ?qui prend en compte l?aspect culturel, historique et environnemental du Morne?, depuis novembre de l?an dernier.
<B>Progression lente</B>
?Tout est arrivé en même temps pour nous.? Attablé devant une boisson fraîche, Bernard Perrine aborde calmement la question de l?inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial de l?Unesco. ?Selon les procédures internationales, les dossiers doivent être soumis vers octobre ? novembre pour être visés. Nous n?étions pas prêts, nous ne l?avons pas fait. Le but n?est pas de courir pour présenter notre projet.?
Toujours est-il qu?un document préliminaire a été élaboré avec le concours de deux experts de l?Unesco : le Dr Abungu et le Pr Edroma. Les deux envoyés de l?Unesco avaient eu l?occasion de visiter le site en juillet 2004. Ils s?étaient alors montrés enthousiastes quant aux chances du Morne d?accéder à la Liste du patrimoine mondial.
Parmi les raisons évoquées par Bernard Perrine pour expliquer la lente progression du dossier du Morne, figure notamment le projet du Morne-Brabant Integrated Resort Scheme (IRS). Ce projet a été présenté au Premier ministre, Paul Bérenger, le 4 octobre 2004. Il comprend la construction d?une centaine de villas, d?hôtels de 80 à 100 chambres et d?un parcours de golf de 18 trous.
?Le jour où nous obtiendrons l?inscription ? je reste persuadé que nous l?aurons ? le site deviendra un lieu de visite. Je crois que ce n?est pas une construction de plus qui va apporter plus de tourisme. Les avantages toucheront davantage les habitants?, affirme Bernard Perrine. Selon lui, les membres du conseil d?administration ont eu l?occasion de rencontré les membres de la famille Gambier, promoteur du Morne Brabant IRS. ?A chaque fois que nous avons sollicité la permission de visiter le site, elle nous a été accordée. Ils se sont même chargés de nous guider durant les visites. D?ailleurs je les remercie pour leur patience avec laquelle ils attendent que nous soyons prêts avec nos propositions. Je suis pour le consensus, eux aussi.?
<B> ?Lieu de mémoire? </B>
Ce qu?ils attendent ? Les conclusions d?un autre sous-comité du Le Morne Heritage Trust Fund, penché sur l?épineux problème : Comment rendre compatible développement et préservation du patrimoine ? Les cerveaux mis à contribution : encore une fois Mgr Amédée Nagapen et Jocelyn Chan Low, ainsi que Jean Yves Violette, président du conseil d?administration du centre Nelson Mandela pour la culture africaine, entre autres.
Avant-dernier né des fonds ? crée juste avant le Professor Basdeo Bissoondoyal Trust Fund, le Morne Heritage Trust a pour mission de préserver et promouvoir le site du Morne Brabant comme un ?lieu de mémoire.? Le Trust a également pour mission de faire avancer le dossier de le Morne, en vue de l?obtention du statut de site classé au rang de patrimoine mondial par l?Unesco. Principalement basaltique et granitique, le Morne Brabant culmine autour de 550 mètres. Trois caves percent ce sommet à faces rugueuses.
En septembre 2003, le rapport du Maroon Archaelogy Project a été soumis, après 14 mois de travaux. Il a été réalisé par le Dr Vijaya Teelock, le Dr Satteeanund Peerthum, Mgr Amédée Nagapen et une équipe d?historiens. La deuxième partie du rapport, réalisée par l?archéologue indien Amitava Chowdhury est venu apporter des preuves de vestiges humains recueillis sur le site.
?Ce rapport nous a été d?un secours inestimable. Il est inclus dans notre ébauche de dossier?, signale Bernard Perrine. Au chapitre des réalisations, le Morne Heritage Trust Fund a déjà établi son plan stratégique 2004 ? 2007. ?Il ne reste plus qu?à l?officialiser. Le changement de ministre est aussi venu changer les données.? Le Trust, qui n?a ni locaux ni directeur fonctionne avec un budget avoisinant les Rs 200 000.
PORTRAIT
<B>Les références de bernard perrine</B>
■ Architecte de profession, Bernard Perrine a été nommé en août 2004 pour construire le futur du Morne. Sensibilisé très tôt aux sujets de société, sa thèse avait pour titre ?Cité de la culture mauricienne.? Elle a été présentée en 1993 pour décrocher son diplôme de l?Ecole d?architecture de Paris La Villette. Membre du conseil d?administration du centre culturel mauricien, Bernard Perrine est également président du Conseil de perfectionnement de l?institut supérieur de technologie. Il y enseigne la maîtrise du confort, de l?ambiance.
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