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L?effet Tsunami
Un éditorialiste malgache un peu zélé a récemment titré : « Le malheur des uns fait le bonheur des autres. » Il faisait allusion à la catastrophe qui a frappé l?Asie fin décembre. Selon lui, son pays pourrait profiter d?un soudain afflux touristique, car les européens craignent désormais de passer leurs vacances en Asie et même à? Maurice. Cette opinion tranche avec les échos provenant de l?industrie du tourisme. « Comparé à la même période de l?année dernière, il y a eu une augmentation du taux de remplissage. Mais ce n?est qu?un effet temporaire. Tout devrait revenir à la normale d?ici mars ou avril » tempère Dan Bundhoo, le directeur de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?Ile Maurice (Ahrim).
Les opportunités existent donc? pour quelques mois. Tandis que les vols d?Air Mauritius se remplissent à ras bord, Emirates airlines réagit. La compagnie de Dubaï a demandé des droits d?atterrissage supplémentaires au gouvernement. Nouvelles frontières, une compagnie française, a également demandé la possibilité d?organiser des vols charters. Corsair aurait suivi. Dan Bundhoo se montre pragmatique : « Il y a une demande accrue en ce moment, il faut pouvoir organiser des vols supplémentaires pour transporter les touristes qui veulent venir chez nous. »
Les demandes des autres compagnies aériennes irritent au plus haut point Air Mauritius. « L?Etat mauricien saura traiter ces demandes opportunistes », entend-t-on dire chez Air Mauritius. On y soutient que les « grands méchants charters » n?hésiteraient pas à proposer à notre clientèle touristique traditionnelle des voyages vers d?autres destinations dès qu?il y aura le moindre souci à Maurice.
Cependant, les querelles entre le transporteur national et ses concurrents actuels ou futurs peuvent sembler futiles quand on lit un communiqué du World tourism organisation (WTO), un organe des Nations unies : « Le tourisme est capable de récupérer plus rapidement et vigoureusement qu?on ne peut le penser. » Les images des hôtels dévastés, diffusées par les chaînes de télévision, choquent. Mais le WTO Chief of market Intelligence précise : « il faut comprendre que les régions affectées ne représentent qu?une petite partie des régions côtières des pays concernées. »
Ainsi l?Asie pourrait se relever bien plus vite que prévu. Isabelle Descroizilles, la directrice générale du Incoming division de MTTB Mautourco estime toutefois qu?une partie de la clientèle haut de gamme qui choisissait l?Asie ou les Maldives jusqu?ici, pourrait choisir Maurice pendant un an ou peut-être deux. « Mais il ne faut certainement pas s?attendre à une avalanche de touristes », ajoute-t-elle.
Une grande partie de la clientèle européenne des pays du Sud-Est asiatique paye 1 500 euros ou moins pour un séjour de 10 ou 15 jours, vol compris. Or, pour la même somme, le touriste européen ne peut, dans le meilleur des cas, se payer que son billet d?avion et 3 ou 4 nuits d?hôtels à Maurice. Inutile donc de fantasmer sur un afflux massif de nouveaux touristes. Une dépêche de l?AFP de vendredi dernier explique même que les reports de voyages bénéficient surtout aux Caraïbes, et aux Antilles qui proposent un produit touristique comparable à celui des pays affectés par le Tsunami.
Dans leur grande majorité, les tours opérateurs et hôteliers se refusent à jouer les opportunistes. « Il serait immoral et inacceptable de monter un plan marketing pour dire aux touristes européens qui ne veulent plus aller en Asie, de venir à Maurice parce que la destination est plus sûre », explique un voyagiste.
Isabelle Descroizilles explique avoir seulement rassuré les contacts étrangers et les clients sur la situation à Maurice, sans faire du marketing. C?est l?attitude qu?auraient également adoptée les autorités, privilégiant de discrets signaux vers nos marchés avec un message clair : les infrastructures hôtelières du pays sont intactes et il n?existe aucun risque à Maurice.
La stratégie est constante. C?est l?intensification du marketing de notre tourisme auprès de nos marchés traditionnels et émergents qui continuent à préoccuper nos décideurs. Une réunion entre la Joint economic council, Ahrim et la Mauritius Tourism Promotion Authority a d?ailleurs été organisée vendredi dernier pour plancher sur un « Plan de marketing stratégique » qui n?est nullement déterminé par la catastrophe asiatique. L?effet tsunami à Maurice n?a été que relatif?
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