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L?enseignant réajuste sa vocation
Réforme de l?éducation oblige, le métier d?enseignant du secondaire se redessine progressivement. Il se professionnalise davantage et ne veut plus se limiter qu?à une seule matière.
Aujourd?hui, près de deux tiers des membres de la profession ont fait l?université. Selon les dernières statistiques, 62 % de l?ensemble du professorat a connu le tertiaire alors qu?ils étaient 52 % il y a quatre ans. Toutes les nouvelles recrues sont des universitaires.
44 % sont détenteurs d?un Postgraduate Certificate in Education (PGCE) ou sont en voie de l?être. En 2000, ils n?étaient que 30 %. «Le métier d?enseignant était une des rares professions où il était admis qu?il n?y avait pas besoin de formation. L?apprentissage se faisait sur le tas. Nous ambitionnons d?y apporter du changement », devait déclarer hier le ministre de l?Education Steven Obeegadoo lors du lancement d?un stage d?initiation de quatre jours à l?adresse de plus de 200 nouvelles recrues. Le cours est délivré par le Mauritius Institute of Education (MIE). À une telle allure, être détenteur d?un PGCE pourra devenir une exigence pour le poste d?enseignant d?ici dix ans.
Autre changement dans la profession : elle se féminise. Alors qu?elles étaient un peu moins de la moitié (48 %) du corps professoral en 2000, les femmes sont 53 % aujourd?hui. Maurice suit ainsi la tendance des pays développés. Le ministre, lui, y voit un «élément de progrès social». C?est la preuve que l?éducation se démocratise.
<B> FAIRE LES CITOYENS DE DEMAIN </B>
Construction massive de collèges d?État aidant, le nombre d?enseignants est également en hausse constante. Au rythme d?un minimum de 200 nouvelles recrues par an, le chiffre est passé de 5 100 à 6 400, soit une hausse de plus ou moins 25 %, en quatre ans. Les collèges d?État emploient 2 500 enseignants contre 1 550 en 2 000, soit 65 % de plus. Cette hausse s?explique par le nombre d?établissements secondaires qui est passé de 34 à 70.
Outre les chiffres, l?aspect le plus important a trait à l?approche. Alors que les enseignants n?étaient que des profs spécialisés dans une matière, ils sont maintenant appelés à devenir de véritables éducateurs. C?est du moins ce qu?apprennent les nouveaux éléments. « Vous contribuez à faire des jeunes étudiants les citoyens de demain. Il n?y a pas de meilleure façon de travailler pour le pays que d?éduquer l?île Maurice de demain. Vous portez l?espoir d?une nation entière », dira le ministre aux nouvelles recrues.
Le dernier rapport du Pay Research Bureau redéfinit également le métier. La nouvelle définition du grade d?Education officer exige qu?un enseignant du secondaire doit « maintenir la discipline à l?intérieur et en dehors des classes, préparer les leçons et se soumettre à l?inspectorat ainsi qu?assurer l?ensemble du développement des étudiants, que ce soit intellectuel, émotionnel ou moral».
Le changement de trajectoire passe également par une nouvelle philosophie au MIE, chargé de former les enseignants. De nouveaux éléments sont introduits dans les programmes déjà existants. «En 2005, nous nous concentrerons sur l?intégration de tous dans l?éducation. La notion de justice sociale sera portée haut, tout comme la notion d?aptitudes mixtes», affirme le directeur du MIE, Pritam Parmessur. L?élitisme dans l?éducation rangée au placard, la place est faite pour davantage d?équité sociale.
Le MIE désire aussi sortir de sa tour d?ivoire. Les aspirations et expériences des enseignants sur le terrain seront davantage considérées lors de l?élaboration de nouveaux programmes.
Suraya Gayan, directrice générale du Mahatma Gandhi Institute (MGI), estime également que le rôle de l?enseignant a évolué pour devenir plus centré sur la personnalité de l?étudiant. Cela est par ailleurs pris en compte pour la formation d?enseignants de langues orientales.
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