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Des Antillais forcés d?immigrer à Maurice
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Des Antillais forcés d?immigrer à Maurice
● Que faites-vous au ?Community Vilaj? des petits Etats insulaires en développement ?
Je représente le peuple indigène des Antilles. Nous estimons qu?un tiers de la population des Antilles est indigène, soit environ 10 millions de personnes. La diaspora compte également 10 millions d?individus.
● D?où vient le peuple indigène des Antilles ?
Il a immigré il y a des milliers d?années de l?Asie et du Pacifique Nord en passant par l?Amérique du Sud. Il y a eu énormément de mélanges en route, ce qui signifie que nous venons d?un brassage de peuples indigènes de par le monde.
● A quels défis est confrontée cette population ?
La marginalisation et la privation. Avec la marginalisation viennent d?autres maux, tel le chômage. Il y a 500 ans, nous avons été privés de nos territoires. Nous ne sommes pas propriétaires de nos ressources.
● Quelles sont vos revendications ?
La reconnaissance internationale. Nous l?avons déjà obtenue des Nations unies et de l?Organisation des Etats américains. La deuxième revendication est la reconnaissance territoriale que les Antilles sont une région à part entière. Elle compte 12 pays membres des Nations unies, dont la Jamaïque, les Bahamas, la République Dominicaine, la Barbade. Auparavant nous étions mis dans le panier que l?Amérique centrale qui recevait tous les bénéfices. J?ai pu mener une campagne au sein du Forum permanent des peuples indigènes à New York, qui a eu comme résultat que les Amériques sont maintenant divisées en quatre régions : l?Amérique du Nord, l?Amérique du Sud, l?Amérique Centrale et les Antilles.
● Cela a donc été une grande victoire?
Oui, et je l?ai accomplie sans l?aide des Etats qui font partie des Antilles. Maintenant que la communauté internationale a reconnu que nous sommes visibles, il me sera désormais plus facile de revendiquer des réparations, restitutions et compensations pour les violations flagrantes des droits de l?homme qui ont été commises pendant l?esclavage, le colonialisme et les guerres de conquête. J?espère continuer à lutter pour l?intégrité territoriale. Ce n?est pas une prise de position politique mais géographique.
● Connaissez-vous le cas des Chagossiens ?
Oui et je suis heureux que vous l?ayez évoqué. Les Britanniques avaient la très fâcheuse habitude d?exterminer les chefs indigènes ou des les prendre comme esclaves. La deuxième raison pour laquelle je suis venu à Maurice est pour renouer contact avec nos parents amenés ici par les Britanniques. Durant l?esclavage, ces derniers et les Français avaient des plantations de par le monde. Et quand ils bougeaient, les administrateurs amenaient leurs esclaves avec eux. Il y a eu une sorte d?immigration forcée.
● Qu?avez-vous l?intention de faire ?
Je ferai deux présentations pendant ma visite ici. La première, que je donnerai en ma qualité de président du mécanisme international pour les réparations, la restitution et les compensations, essaiera de trouver un concept international pour les réparations. La deuxième présentation se concentrera sur la réduction de l?écart entre les Caraïbes et l?océan Indien. Ce que je fais embarrasse le gouvernement de mon pays, Ste Lucie. Car je donne la preuve qu?il continue à marginaliser le peuple indigène, même après que nous ayons obtenu l?indépendance.
Propos recueillis par Nicholas RAINER
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