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Des rescapés du tsunami racontent l?angoisse vécue
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Des rescapés du tsunami racontent l?angoisse vécue
Ils l?ont échappé belle. Les déferlantes impitoyables du tsunami auraient pu les engloutir. Les employés mauriciens de la chaîne hôtelière Club Med, en Thaïlande et aux Maldives, réalisent la chance qu?ils ont eue d?être encore en vie. Le 26 décembre, jour du tremblement de terre en Indonésie qui a provoqué le raz-de-marée, restera à jamais gravé dans leur mémoire.
L?assistant Food and Beverage Manager du Club Med à Phuket en Thaïlande, Parvez Gugeas, ressent une secousse vers les 8 heures. Il continue à vaquer à ses occupations dans son bureau qui se trouve au sous-sol de l?hôtel. Il découvre l?horreur quand il remonte à la réception.
Ses deux collègues thaïlandais, qui sont cuisiniers, sont dans tous leurs états. Parvez essaie de comprendre l?origine de leur désarroi. Il comprend la panique qui s?est emparée de ses collègues en voyant l?eau monter dans le hall de la réception.
Comme les clients sont déjà pris en charge, les deux cuisiniers et lui s?organisent pour sauver le Food and Beverage Manager qui ne sait pas nager. Sa maison se trouve à 100 mètres de l?établissement hôtelier. Mais à leur arrivée à la résidence de leur supérieur, c?est la désolation.
?Bann vag la ti fini pren tou lor zot semin. Nou pa resi trouv li e a penn ki nu resi realize kitsoze, enn deziem vag inn vinn abat lor nou. Mo ti mor de per,? raconte-t-il.
Ses collègues et lui s?accrochent désespérément à un arbre. ?Avan sa, nou rest en ba delo, pu kelke tan. Malgre nu ti akrose a larbre, nou senti la fors sa vag la. C?était très traumatisant.?
Mais cette expérience perturbante ne l?empêchera pas de retourner en Thaïlande si le devoir l?appelle. Mais comme l?hôtel ne fonctionne plus et qu?il était sous contrat, il se retrouve sans emploi.
L?autre employé du Club Med, qui travaillait aux Maldives, Thierry Babajee, reste aussi encore sous le choc. Même s?il est très heureux de pouvoir être avec sa famille pendant deux semaines.
?Nous avons eu vraiment de la chance de pouvoir nous en sortir?, soutient-il. Au départ, quand la première vague arrive, il est dans tous ses états, pensant au phénomène naturel qui se produit chaque dix ans aux Maldives. Les îles de ce pays peuvent être submergéess.
?La peur au ventre, j?ai pu m?accrocher à un mur?
Au moment de la première vague, Thierry Babajee, moniteur de voile, accueille les touristes italiens. Après les avoir informés, il devait les diriger vers leurs chambres. Mais ces touristes n?auront pas le temps de gagner le confort de leur logement. Ils devront lutter contre les vagues avec l?aide de Thierry et de tous ses collègues.
?Nous avons constaté que le rez-de-chaussée de tous les bungalows de l?hôtel avait été complètement endommagés avec une grande désolation. Vitres, portes, meubles, flottaient sur l?eau. D?ailleurs, j?ai perdu tous mes effets là-bas?, précise-t-il avant de raconter le calvaire qu?il a vécu pour survivre.
?J?ai nagé pendant plus de 15 minutes et à un moment, je ne pouvais plus. La peur au ventre, j?ai réussi à m?accrocher à un mur pour échapper à la montée des eaux. Je me suis difficilement tenu sur le mur mais j?arrivais à tenir le coup.?
Une fois les vagues apaisées, ses collègues et lui évacuent les clients du deuxième étage. Sans téléphone, sans nourriture dans un premier temps, et avec l?eau en quantité réduite, les jours suivant la catastrophe ont été très pénibles pour Thierry. D?autant plus qu?il n?a pas pu dormir car il devait surveiller les éventuelles nouvelles vagues.
?Durant la première journée suivant le drame, nous avons retrouvé les bateaux de l?hôtel qui n?étaient pas endommagés pour aller chercher de la nourriture sur l?île Kani. C?etait un grand soulagement quand nous avons pu évacuer après trois jours?, témoigne Thierry.
Il se retrouve alors quatre jours au Club Med de Singapour où les employés sont pris en charge. Malgré tout le confort offert par l?hôtel, l?émotion est à son comble le 31 décembre quand ils prennent le ?toast? pour célébrer la nouvelle année. ?Larme coule tou sel kan nou pense se kine ariv nou?, confie-t-il. Mais il a hâte de reprendre son travail dans deux semaines dans un autre pays.
Philippe René, qui lui aussi revient de Phuket, est bien plus serein. L?aventure a été pour lui enrichissante malgré les quelques frissons. Il dormait quand les premières vagues ont déferlé.
Mais très vite, il doit reprendre ses esprits pour évacuer les clients sur un temple, où ils sont restés pendant quatre heures : ?Mo croir mo pa ti enkor leve parski mo pann realiz lanpler de la catastrof o momen d?evacue. C?est un moment très fort de notre vie, même si nous savons que nous aurions pu ne jamais revenir à Maurice.?
Pourtant, il n?a pas envie de retourner en Thaïlande de sitôt après avoir vu toutes les images à la télévision. Entre-temps, il essaie d?oublier son aventure et savoure quelques moments de bonheur avec ses proches pour le Nouvel An. Rien qu?à l?idée qu?il aurait pu rater ces moments, le jeune Philippe perd alors le sourire et toute sa bonne humeur. Comme lui, huit autres (cinq de Phuket et trois des Maldives) sont rentrés au pays lundi.
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