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“La Passion du Christ” déclenche fous rires et colères
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“La Passion du Christ” déclenche fous rires et colères
C’est avec indifférence, et parfois dégoût face à ses outrancières effusions d’hémoglobine, que les spectateurs israéliens ont accueilli le film de Mel Gibson La Passion du Christ. Ce même film avait pourtant été dénoncé par de nombreuses organisations juives comme antisémite, car il rend les juifs, plutôt que le Romain Ponce Pilate, responsables de la crucifixion de Jésus-Christ. Le film n’est en effet pas distribué en Israël, non pas pour cause de censure mais parce qu’il n’y a pas suscité d’intérêt commercial.
“Nous tenions à ce que les spectateurs israéliens puissent voir ce film, bien qu’il ait été l’objet d’une controverse, en particulier pour ses aspects antisémites, car nous croyons en la liberté d’expression”, a déclaré au Monde Alon Garbuz, le directeur de la Cinémathèque, un complexe de salles public qui a organisé une projection unique et à but non lucratif. La salle s’est esclaffée lorsque Maia Morgenstern (Marie) et Monica Bellucci (Marie- Madeleine) priaient en hébreu, qui, à en croire les fous rires, n’est pas la langue maternelle des deux actrices. Le reste du dialogue, en araméen et en latin, a laissé les spectateurs de marbre.
Représentation des juifs
“J’ai trouvé ce film complètement idiot et répugnant. L’utilisation de l’araméen ne m’a pas du tout incitée à entrer dans le film”, a estimé Miri Magnus, une retraitée. “Je pense aussi que c’est un film dangereux qui peut influencer les âmes sensibles. Même si les juifs avaient tué Jésus, ce qui en soit n’est pas si important car les juifs peuvent se tuer entre eux, j’ai bien peur que certains chrétiens fondamentalistes voient en ce film la vérité absolue”, a-t-elle continué. Pour Amnon Schwartz, un jeune cinéaste, le film de Gibson “n’est ni plus ni moins qu’un snuff movie”, un film illégal d’un viol ou d’un meurtre réel.
Le film a été suivi par un débat portant davantage sur son manque de rigueur théologique que sur sa représentation des juifs comme déicides. “Gibson a fait de la Crucifixion un thème central alors qu’elle n’est mentionnée qu’une seule fois dans le Nouveau Testament. Et quel être humain peut porter une croix qui pèse plus de 150 kilos ?”, a remarqué Joe Zias, un anthropologue.
“Aucune source théologique ne décrit de tels actes de torture. Je n’ai reconnu dans ce film ni Jésus l’homme ni Jésus le croyant, mais bien un hamburger”, a noté Evyatar Marinberg, un spécialiste en théologie à l’université de Tel-Aviv.
David Satran, qui enseigne l’histoire des religions à l’Université hébraïque de Jérusalem, s’est inquiété de l’impact de ce film sur les non-chrétiens. “Je pense que ce film est tout aussi antichrétien qu’il est antisémite. Comment mes étudiants pourraient-ils éprouver quelque empathie pour Jésus, dont le message n’est absolument pas exposé dans ce film ? Le film de Gibson semble ne cautionner que la violence et le martyre.”
PRESIDENTIELLE
Abbas ouvre sa campagne sur des promesses d’efforts de paix
Mahmoud Abbas, candidat du Fatah à la présidence palestinienne, s’est attiré des applaudissements nourris, lors de son premier meeting électoral, en promettant de suivre les pas de Yasser Arafat, tout en soulignant qu’il chercherait, par des discussions de paix avec Israël, à obtenir la création d’un Etat palestinien indépendant. Resté jusqu’ici dans l’ombre d’Arafat, Abbas, âgé de 69 ans, a réussi à galvaniser des milliers de personnes réunies dans un stade de Jericho. Il a réaffirmé la position d’Arafat selon laquelle tout accord de paix devrait prévoir la création d’un Etat palestinien dans l’ensemble des territoires occupés de la bande de Gaza et de Cisjordanie, avec Jérusalem-Est pour capitale, ainsi que le droit au retour des réfugiés dans ce qui est maintenant Israël. Israël y est hostile. Mais après avoir boycotté Arafat, accusé d’être l’instigateur des violences anti-israéliennes, Israël et les Etats-Unis considèrent Abbas comme un interlocuteur possible parce qu’il a estimé que les violences étaient une erreur.
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