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Ville dortoir à La Tour Koenig et victoire de Boolell à Londres
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Ville dortoir à La Tour Koenig et victoire de Boolell à Londres
Le ministère du Logement songe à créer une ville satellite à La Tour Koenig. Des consultants australiens peaufinent le projet, dont la nécessité ne peut qu’être renforcée par le passage de Claudette. Un terrain de 220 arpents, appartenant à la Banque de Développement, servira à la mise à exécution de ce projet. Il comprendra la construction de 5 000 maisons, destinées prioritairement à des employés de la ZF. La ville-satellite sera aussi dotée d’un centre communautaire, d’une école, d’un bureau de poste, d’un marché. Eliézer François estime qu’il s’agit d’une des réponses possibles au décongestionnement de Port-Louis. Les maisons seront de différentes catégories et conviendront à différents types de revenus familiaux. Certaines maisons pourront être évolutives et se prêter à des ajouts ultérieurs. A Médine-Camp de Mascle, Dame Chance prend la forme d’un billet de loterie verte gagnant et offre un pactole de Rs 1,3 m. à une association de vingt personnes. L’organisateur est Mamode Peerun, planton de l’école de la localité. Seize des vingt veinards sont d’ailleurs des collègues, du maître d’école à deux caretakers. Les autres veinards sont un infirmier, un sirdar de FUEL, un ancien planton d’école à la retraite et un laboureur.
A Réduit, le gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay, dénonce avec rigueur le mal mauricien. Il stigmatise vigoureusement les mauvaises habitudes. Il demande que 1980 soit la première année d’une décennie devant être marquée par un style de vie plus modeste mais qui procure la paix industrielle et l’harmonie. Aux uns, ils reprochent leur coupable indifférence à l’égard des menaces qui pèsent sur la démocratie. A d’autres, il reproche leur esprit de clocher et de parti, de vouloir défendre coûte que coûte leurs intérêts quitte à nuire à ceux supérieurs de la nation. Il en veut à ceux qui veulent le pouvoir sans accepter de rendre compte de leurs actions à la nation. A tous, atteints de frénésie de consommation, ils reprochent de vivre au-dessus de leurs moyens. Il ne sera pas facile d’extirper cette mauvaise habitude bien locale.
Il s’insurge contre une évidence qui saute aux yeux des seuls étrangers, malheureusement : “Nous sommes devenus une nation de paresseux”. Le taux d’absentéisme atteint les 20% le lundi (cordonnier). Le sucre perd, en 1979, 24 000 journées de travail, le port 6 400 et l’éducation 34 000. Il vitupère contre le secteur privé : “Je sais ce que gagne un fonctionnaire, un travailleur, mais j’ignore ce que reçoit effectivement l’administrateur d’une propriété sucrière ou encore le directeur général d’une entreprise commerciale ou industrielle”. Voilà pourquoi il a fallu dévaluer la roupie de 30%.
Le seul remède possible et efficace au mal mauricien : produire davantage et au moindre coût, remplacer les produits importés par des produits fabriqués localement, empêcher que le patriotisme devienne une valeur démodée et sans signification.L’espoir renaît pour 2 500 employés de la ZF, craignant pour leur emploi, suite à la décision britannique de réduire de moitié le quota d’exportation des pulls-overs mauriciens sur le marché anglais. Satcam Boolell, ministre pourtant de l’Agriculture, réussit à merveille une négociation avec le ministre anglais du Commerce, M. Parkinson. Il obtient haut la main d’un contingent de 3,2 millions de pull-overs pour 1980 et un autre de trois millions pour 1981. Heureuse époque où l’on pouvait encore négocier avec Londres et même avec Bruxelles, sans se casser le nez sur une porte fermée à double tour.
De 1978 à 1979, Maurice passe de 2,8 m. de pull-overs exportés sur la G. Bretagne sur une production de 7,6 m., à une exportation de 4 m. sur une production de 9.7 m. Londres invoque, à la fin de novembre, la clause de sauvegarde et décide de réduire de 50% les exportations de pulls mauriciens sur le marché anglais. C’était compter sans Satcam.
Sinon, il est question, en cette fin de 1979, d’Anerood Jugnauth et de Me Raymond Rault qui sont élevés au titre de Queen’s Counsels, de Michael Leal dont le contrat à la tête de la DWC est renouvelé, de Philippe Koo Tze Mew, docteur en chimie, auteur de deux ouvrages scientifiques en allemand et du pandit Hurryparsad Ramnarain osant affirmer que “Port Louis est le port le plus moderne d’Afrique et d’Asie”. Advance dixit !
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