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Habituelles rafales politiques en attendant ?Claudette?
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Habituelles rafales politiques en attendant ?Claudette?
En ce 22 décembre 1979, le temps est davantage aux préparatifs pré-cycloniques qu?à ceux des réjouissances prévues par la célébration de la fête de Noël. La raison en est l?éventuelle arrivée d?une trouble-fête nommée Claudette. Mais n?anticipons pas et retenons le fait que, indifférents aux menaces cycloniques pourtant visibles à l?horizon, des politiciens demeurent empêtrés dans des querelles politiques les plus sordides, sous l??il amusé de leurs adversaires du jour.
Avec le recul, nous ne pouvons qu?être choqués par l?empressement de certains partisans de la coalition PTr-PMSD à se jeter sur le boutte offert par la démission d?une soixantaine de conseillers municipaux MMM et apparentés. Ces démissions étaient certes annoncées depuis assez longtemps pour que les convoitises les plus ardentes s?allument, n?attendant que le fait accompli (les lettres officielles de démission desdits conseillers) pour éclater au grand jour. Ce triste événement illustre bien l?aspect le plus déplorable de la marmite politique à Maurice. Il ne faut plus s?attendre à la moindre décence. La loi de la jungle la plus impitoyable prévaut. Il faut par-dessus tout conserver une place d?avance sur ses adversaires directs au sein de son propre parti. Il faut, avant les autres, accrocher le regard suffisamment attentif du leader et de ses bras droits pour ne pas rester en rade. Nous pouvons compter sur la veulerie de ces derniers pour préférer choisir n?importe qui parmi les plus vociférants, les plus remuants, les plus menaçants, les plus impatients, plutôt que de risquer de se les mettre à dos en faisant appel aux vraies compétences. Les plus valables et les plus méritants d?entre nous conservent suffisamment de fierté et de sens de l?honneur pour ne pas s?abaisser à quémander le moindre boutte. Ils attendent un appel digne de leurs mérites tout en sachant qu?il ne se fera jamais. Ainsi, ils ne sont pas encore nommés que des aspirants commissaires exigent de Kher Jagatsingh la nomination d?un des leurs à la présidence de la commission administrative de Port-Louis.
Il n?y a pas que les aspirants commissaires urbains à donner de la voix. Le ministre des Prix, Simadree Virahsawmy, doit en faire autant pour contrer une démarche duvalienne voulant lui imposer une douzaine de policiers en guise d?inspecteurs des prix.
Les fonctionnaires grévistes, privés de la semaine de gratification que leur offrait si généreusement Ringadoo et qu?ils ont eu l?impudence de dédaigner, ne se tiennent pas pour battus. Ils menacent d?intenter des poursuites à ce gouvernement si près de ses sous. Le Postmaster General, à ne pas confondre avec les dirigeants du Centre culturel africain Nelson Mandela, reçoit une mise en demeure pour ?déduction illégale de deux jours de paie?. Les syndicalistes n?apprécient guère la distinction faite par l?hôtel du gouvernement entre des fonctionnaires grévistes et des fonctionnaires non grévistes. Il est vrai qu?il est parfois difficile, pour ne pas dire impossible, de distinguer un fonctionnaire en grève d?un autre en fonction. Qui n?a jamais rencontré un fonctionnaire se plaignant du surmenage occasionné par un mouvement de go-slow se prolongeant au-delà du temps prévu ?
Des employés de la Banque de Maurice (BOM) optent pour leur part en faveur d?un sit-in, toujours préférable à une marche de protestation. Ils reprochent à leur direction sa mauvaise foi. Elle refuse de prendre en considération des doléances datant de 1975. La direction se cache derrière son prétendu manque de pouvoirs administratifs pour régler les problèmes de relations industrielles et conseille aux mécontents de s?adresser plutôt au ministère des Finances. Les récalcitrants se prévalent d?un verdict de 1976 du Tribunal d?arbitrage permanent pour affirmer que la BOM possède les pouvoirs voulus pour régler les litiges administratifs mis en avant par ses employés.
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