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L?épopée du monde chrétien
Des trois grandes religions du livre, le judaïsme, le christianisme et l?islam, c?est le christianisme qui compte le plus grand nombre de fidèles. En effet, on compte pas moins de 2.1 milliards d?individus se réclamant de foi chrétienne dans le monde. Ce chiffre prête cependant à caution car s?il ne comprend pas un nombre d?individus estimés à 762 millions qui se réclament d?être agnostiques voire athées quoiqu?issus également de parents ou de grands-parents chrétiens, il inclut également des millions d?autres individus non pratiquants, surtout en Occident.
Alors que le christianisme, bien avant l?islam, a pris naissance au Moyen-Orient, donc géographiquement en Asie, ironiquement, c?est dans ce continent qu?il est le plus mal représenté avec seulement 252 millions d?adeptes. Mais en dehors de ce continent, le christianisme domine toutes les aires de la planète.
Ceci étant, la religion chrétienne est dominante dans pas moins de 130 Etats. Le pays comptant le plus grand nombre de chrétiens serait les États-Unis d?Amérique avec pas moins de 265 millions de fidèles alors que depuis la chute du communisme, la république Soviétique arrive en deuxième position avec 130 millions de chrétiens orthodoxes. Malgré les grands schismes et autres réformes au sein du monde chrétien à travers l?histoire, le catholicisme reste majoritaire avec 58 % de fidèles puis viennent les différentes tendances du protestantisme avec 28 % et les orthodoxes de l?Eglise orientale avec environ 11 % de fidèles, le reste appartenant aux églises monophysites (coptes, arméniens etc.).
La vieille Europe n?est plus le continent comptant le plus grand nombre de catholiques ou de protestants car c?est le Nouveau Monde, le Brésil avec 117 millions de fidèles et les Etats-Unis d?Amérique avec 150 millions respectivement, qui en compte le plus grand nombre. Dans quelles circonstances cette religion monothéiste dont Jésus de Nazareth fut le fondateur prit corps ? C?est ce que nous nous sommes donné pour tâche de faire état succinctement.
Jésus de Nazareth, à sa venue, fut accueilli comme un nouveau messie par certains en Palestine car sa naissance, qui coïncida avec l?apparition d?une comète, raviva la croyance dans le messianisme, croyance qui voulait qu?il faut attendre mille ans pour voir la venue d?un messie libérateur. Issu du judaïsme et fondé par Jésus, fils de Dieu lui-même pour sauver les hommes du péché originel et annoncer le royaume de Dieu, le christianisme eut un cheminement héroïque, semé d?embûches avant de devenir la religion comptant le plus grand nombre d?adeptes dans le monde.
Il faut connaître la situation du peuple juif au début de notre ère. L?Empire romain est à son apogée et s?étend sur tout le territoire du monde connu de l?Occident. Des tentatives de soulèvement contre Rome pour protester contre les taxes exorbitantes imposées sur le peuple de Palestine se multiplient. En l?an 6 AD, les rebelles sous l?instigation d?un certain Judas de Galilée s?emparent de la ville de Seporis et investissent le palais d?Hérode, mais la riposte de Rome ne tarda pas, la ville de Seporis est rasée au sol, plus de 2 000 personnes sont sauvagement crucifiées, suivi de violentes répressions. Désormais, toute la Judée est placée sous l?autorité directe de Rome. Ceci étant, Jésus véritable apôtre de la non-violence, malgré la mission dont il se sait investi, ne souhaite pas de confrontations avec les autorités. Il se tient à l?écart des éléments les plus radicaux. La vie de Jésus est entourée de mystère. A douze ans, on le retrouve au temple où il discute avec les docteurs de la religion. Mais son baptême dans le Jourdain par St Jean Baptiste, alors qu?il est âgé de 28 à 29 ans, marque un tournant dans sa vie. Ceux qui le suivirent et qui deviendront plus tard ses disciples dans sa passion, convaincus qu?il est le messie libérateur, appartiennent à des tendances diverses et des milieux différents : pêcheurs sur lac de Tibériade, percepteurs d?impôts, voire militants nationalistes.
Alors qu?il est âgé de 30 ans, il retourne en Galilée pour accomplir sa mission. Il s?adresse au peuple en paraboles tantôt dans les synagogues en plein air et dans les occasions festives. Il découvre son pouvoir. Les foules énormes sont dorénavant présentes là où il va. Il devient très vite aux yeux des autorités une menace pour l?Empire romain et est arrêté, condamné à mort et crucifié. Mais avant de mourir, il accomplit sa mission : celle de sauver les hommes du péché, de guérir et de faire des miracles.
Ce sont ses disciples qui proclameront aux nombreux Juifs venus en pèlerinage à Jérusalem le caractère divin de Jésus mort et ressuscité pour sauver les hommes. Ils formeront ainsi le premier noyau de la communauté chrétienne et répandront dans les synagogues de Palestine puis dans celles des grandes cités de l?Orient le message évangélique. Mais, selon les historiens, c?est la Pentecôte en mémoire de la descente de l?Esprit-Saint qui descendit sur les apôtres, qui provoqua le déclic pour l?avènement de la religion chrétienne quand un premier noyau de personnes furent baptisées.
Empire romain menacé et chrétiens martyrisés
Alors que Paul, apôtre des gentils, reçoit sur le chemin de Damas la charge de l?apostolat des païens, fort de la mission conférée par le commandement de Jésus-Christ d?aller enseigner toutes les nations, de les baptiser au nom du père et du fils et du St. Esprit. La nouvelle religion ne sera pas réservée aux seuls Juifs, peuple élu de Dieu, comme c?est le cas dans le judaïsme. L?apôtre Paul, avec l?aide du disciple Barnabé et des collaborateurs gagnés à l?enseignement du Christ, va étendre sa mission d?évangélisation à travers l?Asie Mineure, le sud de la Grèce pour éventuellement atteindre les portes de Rome.
Mais lorsque Rome détruit Jérusalem en l?an 70 de notre ère, c?est Antioche qui devint le centre de la chrétienté. Cette décision marqua un grand tournant dans l?orientation future du christianisme. Dominé politiquement par l?Empire romain, le christianisme va cependant se propager dans le monde intellectuel grâce aux Saintes Ecritures désormais accessible en grec et en hébreu.
A Rome, la nouvelle religion devient de plus suspecte car elle gagne les intellectuels. Désormais, obligation est faite d?adorer les seuls dieux romains, seuls les Juifs en sont exemptés. Commence alors sous Néron (64 A.D.), une longue période de répression, ce dernier accuse les chrétiens d?avoir incendié Rome et proclame tout chrétien ennemi de l?Empire. Les chrétiens sont persécutés et meurent par milliers. Mais le courage et l?abnégation des adeptes de la nouvelle foi feront l?admiration des plus irréductibles et finiront par ébranler la foi de leurs bourreaux. Mais nous ne sommes pas encore là.
À la fin du premier siècle se termine la période primitive du christianisme. La génération des apôtres qui ont suivi Jésus-Christ disparaît. Mais la plupart des villes de l?Orient ont été touchées par l?évangélisation après Jérusalem, Césarée de Palestine, Antioche, Ephèse, Philippins Athènes Corinthe et Alexandrie.
Les dogmes et la rupture de l?Églis
Les communautés chrétiennes se développent dans des villes côtières et dans les ports où existe déjà une importante colonie juive. Mais sauf en Palestine et en Asie mineure où il a pénétré à l?intérieur du pays, le christianisme reste accroché au littoral. Ces premiers chrétiens sont des Juifs appartenant au monde du commerce et le petit peuple des débardeurs et des esclaves.Dans les villes riches, la propagande chrétienne touche aussi les milieux aisés que ce soit à Jérusalem ou à Rome on compte dès le règne de Néon l?an 54 A.D., des sympathisants dans toute l?aristocratie.
En revanche et pour plusieurs siècles encore, le peuple des campagnes se montre totalement réfractaire au christianisme et continue de pratiquer de très antiques formes animistes. Au cours du 11e siècle, des missions venues d?Orient diffusent la foi chrétienne au sein des communautés d?Orient dans les grandes villes à l?intérieur de l?Empire romain. Mais c?est au 111 siècle profitant d?une période de tranquillité de 45 ans que le christianisme conquiert presque toutes les cités d?Orient et d?Occident. S?y établissent des évêchés à partir desquels commence l?expansion vers les campagnes.
À Rome, la foi chrétienne constitue dès lors une menace pour l?Empire romain et d?une période de répression, notamment sous Tibère et Néron pour culminer avec Decius, Valérien et Diocétien, durant laquelle des milliers de chrétiens sont martyrisés. Il faut attendre l?avènement de l?empereur Constantin en l?an 313 pour que la répression contre la nouvelle religion cesse. C?est l?empereur Constantin qui devient la cheville ouvrière de la religion chrétienne et de son expansion à travers le monde connu. Né d?une mère chrétienne, Constantin devait changer le destin du christianisme par des mesures qu?il allait prendre pour consolider ses assises.
Le siège de l?Empire romain fut transféré à Byzance devenu Constantinople. Pour bon nombre d?historiens, c?est à partir du règne de Constantin que la décadence de l?Empire romain allait s?amorcer. D?abord, les masses populaires étaient indifférentes à la nouvelle foi étrangère imposée par le pouvoir. L?élite chrétienne, quant à elle, aurait été plus préoccupée à lutter contre les hérésies ou de leur salut personnel que de la sécurité de l?empire.
Mais pour Constantin, la consolidation de l?Empire passait par une foi commune de tous les sujets. C?est à cette fin qu?il devait orienter sa stratégie. Mais en 410, Rome devait tomber aux mains des hordes barbares et vers l?an 475, c?est l?Empire romain dans son ensemble qui s?effrondra. Fort heureusement, l?Empire d?orient fondé par Constantin tint bon, mais ces mêmes païens envahisseurs seront plus tard convertis au christianisme par l?intermédiaire des moines.
En l?an 325, Constantin convoqua un concile ?cuménique qui se tint à Nicée en Asie Mineure. Mais ce concile devait être le témoin d?un grand schisme au sein de la chrétienté qui allait ébranler les dogmes mêmes de l?Eglise. Les différences fondamentales concernant entre autres les dogmes de la Trinité, de l?Immaculée conception et la place des icônes allaient faire surface. Les tentatives de réconciliation entre l?Eglise d?Orient et celle de l?Occident devaient perdurer jusqu?à l?an 1054 pour se solder par une rupture complète. Alors que les différences doctrinales devenaient plus évidentes concile après concile, entre les deux tendances du monde chrétien, l??uvre d?évangélisation devait continuer sans heurts au Nord comme au Sud du continent européen. D?abord, grâce à l??uvre des missionnaires tels l?apôtre Arian de Goth en Scandinavie, Martin de Tours en Gaule, toute l?Europe de l?Ouest était gagnée au christianisme, même l?intérieur du continent africain a été converti, à commencer par l?Égypte et le royaume d?Éthiopie en 347 A.D. Ailleurs, le peuple anglo-saxon et le peuple celte étaient convertis grâce aux missions notamment de St Patrick, de St Colomba et de St Augustin de Canterbury alors que le synode de Whitby en 664 mit fin aux malentendus entre l?Eglise celtique et l?église de Rome. Signalons également l??uvre considérable de St Boniface dont la mission le conduisit jusqu?en Allemagne.
Au 5e siècle, les nestoriens étendirent leurs influences en Asie centrale pour atteindre le Céleste Empire. Mais c?est Charlemagne empereur des Francs en l?an 800 qui devait consolider les assises du christianisme dans toute l?Europe. Il fut d?ailleurs couronné Saint Empereur Romain par le grand pape Léon 111. Sous Charlemagne, les habitants des nouvelles terres conquises devaient adopter la foi chrétienne ou être passé par l?épée.
Cependant, l?avènement du prophète Mohamet en 632 allait changer le paysage religieux de tout le Moyen-Orient et le sud de la Méditerranée, lesquels devaient passer sous l?influence de l?Islam y compris la terre de Palestine et Jérusalem, le lieu de naissance de Jésus, moins d?un siècle après sa mort. Vers l?an 1300, l?Empire ottoman devint un vaste empire étendant sa conquête de l?intérieur la Péninsule Ibérique en passant par le sud de la France jusqu?à porte de Vienne et tout le sud Méditerranéen, jusqu?à la Vallée de l?Indus. Bref, plus de 50 % du monde chrétien était passé sous domination musulmane.Ceci étant, dorénavant, c?était l?Europe qui était devenue le centre du monde chrétien.
Mais en l?an 732, cependant, les Arabes furent stoppés dans leur progrès par Charles Martel à Poitiers. Espagnols et Portugais se soulevèrent contre les Arabes trois siècles plus tard, seule Grenade sera débarrassée de la tutelle arabe qu?en 1492.
Pendant plus de deux siècles, en dépit des croisades menées par les rois occidentaux (1095-1292) pour libérer la terre sainte déclarée lieux interdit aux pèlerins chrétiens, malgré des succès mitigés, l?Empire ottoman resta inébranlable. Mais les croisades allaient être des occasions de rencontres formidables entre l?Europe et le Moyen-Orient et démontrer aux Européens qu?ils avaient beaucoup à apprendre en fait des stratégies militaires comme dans nombre de domaines des Ottomans et des Arabes.
Ceci étant, il faut attendre l?âge de la découverte pour que le christianisme puisse étendre ses aires d?influences. Fort de la bulle Papale, Henry le Navigateur en 1454 d?aller évangéliser tous les peuples autochtones vivant dans les terres jusque-là inconnues. Cette mission encouragera les grands navigateurs à partir à la découverte des nouvelles terres. On connaît le voyage de Christophe Colomb au nouveau monde et celui de Vasco de Gama au Sud du Cap de Bonne Espérance et la découverte de la route des Indes.
En 1494, le Pape Alexandre VI émit une Bulle départageant le Nouveau Monde entre les deux plus importantes puissantes maritimes, l?Espagne et le Portugal à partir du 47°W de longitude entre le Royaume d?Espagne et au-delà au Portugal. En conformité avec la bulle émise, les rois des deux royaumes acceptèrent d?évangéliser les peuples vivant dans ces nouveaux territoires. Notons que lors de l?arrivée de Christophe Colomb en 1492, la population autochtone se trouvant dans ces territoires était estimée à quelque 34 000 000 d?individus, alors qu?au nord de la Rio Grande, c?est-à-dire en Amérique du Nord, elle n?était estimée qu?à 1 200 000 seulement. Mais l?évangélisation du Nouveau Monde fut le prétexte pour un véritable génocide du peuple amérindien : Mayas, Incas, Aztèques, que pour s?emparer de leurs terres et leurs trésors, en dépit de la présence des congrégations composées de franciscains, de dominicains et d?augustiniens.
Le nord de l?Afrique évangélisé dès les premiers temps du christianisme est islamisé dès les 8es et 9es siècles par les invasions arabes. Seule l?Éthiopie reste chrétienne, sinon le reste du continent noir est islamisé dès le 9e siècle, la région du Sénégal, de Gambie et le Golfe de Guinée mais pas au-delà de l?Equateur à l?ouest. À l?est du même continent, les boutres arabes explorent toute la côte jusqu?au sud-est de l?océan Indien et établissent Zanzibar comme plaque tournante. Mais seules les régions côtières sont touchées par l?islam. L?intérieur de l?Afrique ne sera touché par les missions chrétiennes qu?au 18es et 19es siècles voire qu?au début du 20e siècle par les Espagnoles, Portugais, Britanniques, Français, Allemands et Belges.
Mais bien plus tôt, la traite des esclaves sera l?occasion pour évangéliser toute la main-d??uvre servile ayant fait le déplacement vers le Nouveau Monde dans les conditions que l?on sait. Plus de 100 000 000 furent déplacés mais seulement quelque 20 000 000 d?entre eux arriveront à bon port dans les différentes régions du Nouveau Monde.
D?ailleurs, le Code Noir les régissant faisait obligation aux maîtres d?esclaves d?évangéliser leur main-d?oeuvre servile dans les huit jours de leur achat, comme ce fut le cas à l?île de France dès 1723 par la proclamation des Lettres Patentes.
L?Extrême-Orient et le continent asiatique
Les Portugais ayant été les premiers à découvrir la route des Indes en 1502 avec Vasco de Gama, ce sont eux qui les premiers tentent d?évangéliser le peuple indien, un peuple gagné à l?hindouisme dès l?an 2600 avant Jésus-Christ. Mais l?Inde est un pays où d?autres religions trouvent également leur place. L?islam est présent par la conquête arabe dès le 9es siècle. Mais les Portugais découvrent avec étonnement que le christianisme est déjà bien présent.
Car l?Inde est connue, depuis des lustres comme la terre de l?apôtre St. Thomas qui est présumé être venu aux Indes dès l?an 49 après l?ère chrétienne pour répandre la bonne parole. Cette communauté de nestoriens suivant les rites de l?Eglise orthodoxe de Syrie est bien décidée de conserver ses traditions religieuses. C?est la tentative d?évangéliser des peuples des comptoirs acquis par les Portugais qui freinera l?expansion des missions chrétiennes aux Indes. La venue des autres puissances colonisatrices aux Indes dès le 18e siècle devait rendre la présence portugaise comme quantité négligeable.
Néerlandais, Français et Anglais seront plus prudents dans leurs missions d?évangélisations car le commerce avec les princes indiens reste leurs priorités premières.
La complexité du système de castes rend les conversions plus ardues. Les Français damnés par les Anglais dans la conquête des Indes, bornent leurs missions aux comptoirs de Pondichéry de Karikal et de Yanaon. Alors qu?ils contrôlent quasiment le tout le continent indien, les Anglais se gardent bien de partir à la conversion des âmes.
La politique de la British East India Company étant de ne pas toucher, du moins officiellement, aux problèmes de conversion au christianisme, au risque de mettre en péril la situation politique. Ceci étant, ils limiteront leurs missions aux actions éducationnelles et caritatives. Le christianisme, quoique fortement enraciné dans certaines régions, représente à peine 3 % de la population totale, soit quelque 30 millions d?adeptes.
Au-delà du continent indien, les tentatives d?évangélisation en Chine ont eu des succès mitigés, les missions au Japon, en Indonésie et dans le reste de l?Extrême-Orient n?ont jamais connu de succès escomptés, sauf aux Philippines où une colonisation espagnole de plus de trois siècles a fait que la majorité des 64 millions d?habitants soient devenus chrétiens. C?est au pays du matin calme que le christianisme a fait de nouveau adeptes, on compte en Corée plus de 45 % de chrétiens. Par contre les missions pentecôtistes et apostoliques qui ont fait leurs apparitions après la Deuxième Guerre mondiale semblent rassembler un nombre considérable d?adeptes. Signalons que le Pakistan, et l?Afghanistan sont des rares pays où le christianisme n?a aucune assise, vu l?insoutenance vis-à-vis d?autres religions.
Toujours dans le cadre de la colonisation, les peuples épars du Pacifique ont été gagnés au christianisme, les religions autochtones des peuples micronésiens faisant un heureux mélange avec différentes tendances des religions chrétiennes.
Souvent en Afrique et dans les pays à diaspora africaine tels les Caraïbes, une symbiose entre les religions traditionnelles et le christianisme a donné naissance à un syncrétisme religieux hors du commun nommément le vaudou et le moccambo alors qu?au Congo, le kimbanguisme, une secte qui compte plus de 5 millions d?adeptes pratiquent un christianisme où la présence de Jésus et les saints sont représentés en noir pour être en harmonie avec l?environnement africain et l?imposition des mains est un aspect important du rituel.
Au seuil du troisième millénaire, les passions religieuses qui ont enflammé le c?ur des hommes au premier et au second millénaire sont loin d?être complètement éteintes. En Irlande, le conflit qui oppose catholiques et protestants continue à faire des victimes, alors que le conflit entre ethnies musulmanes et chrétiennes qui fait de nombreux morts reste un point chaud. Au Moyen-Orient, les ethnies chrétiennes réduites en véritable peau de chagrin par l?ex-empire Ottoman luttent chaque jour pour le maintien de leur identité religieuse et leur droit à la différence alors qu?en Afrique, les poches d?insoutenance ethno-religieuses sont nombreuses à part le conflit qui s?enlise entre chrétiens et musulmans dans la province du Biafra au Nigeria.
Pour conclure cet exposé sur la géographie du monde chrétien, force est de souligner que si sur l?échelle mondiale seulement une personne sur trois est chrétienne, l?influence de la culture judéo-chrétienne en provenance de l?Occident est telle qu?il est difficile de dire que l?enseignement de Jésus de Nazareth sur le comportement de l?homme d?aujourd?hui ne transcende pas les seules frontières du monde chrétien.
?Ce sont ses disciples qui proclameront aux nombreux Juifs venus en pèlerinage à Jérusalem le caractère divin de Jésus mort et ressuscité pour sauver les hommes.?
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