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Fabrice Tennant dévoile ses portraits de femmes
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Fabrice Tennant dévoile ses portraits de femmes
Sur fond aux couleurs vives, pour la plupart, tantôt légèrement nuancées, tantôt fortement contrastées, se dégagent des formes que délimitent des traits subtils. Ces formes, incomplètes mais suffisamment suggestives, évoquent des corps de femmes dans leurs diverses postures. Tels sont les portraits de femmes que propose l?artiste-peintre, Fabrice Tennant, sous le titre qui rappelle celui de Sainte-Beuve, à travers une trentaine de toiles au Ruisseau Créole, le nouveau centre commercial de Rivière Noire, jusqu?au 22 décembre, de 11 heures à 16 heures.
Fabrice Tennant, directeur des créations à OXO Design & Advertising, marié et père de famille, n?est pas à sa première exposition. Durant ses années d?études universitaires à Montpellier, où il se perfectionnera en histoire de l?art avec une spécialisation en audiovisuel, il aura l?occasion de présenter ses travaux de peinture lors de deux expositions collectives en 1993 et 1996. Rentré à Maurice, après ses études, il participera à une autre exposition collective à l?Hôtel de Ville de Curepipe en 1998.
Pour son premier solo à Maurice, l?artiste-peintre a voulu exploiter à fond, et peut-être pour la dernière fois, un thème qui semble lui coller à la peau depuis bientôt trop longtemps.
C?est pourquoi, ses toiles, à la technique mixte, se donnent comme une plate-forme sur laquelle se joue, chez lui, le destin artistique de la forme féminine.
En ce sens, ses portraits de femmes pourraient bien trouver leur signification profonde dans leur confrontation à une forme d?obsession (libidinale ?) et ses toiles pourraient bien cacher alors des vertus psychothérapeutiques pour l?artiste.
Il faut alors voir les tableaux de Fabrice comme un lieu qui sert de support artistique à l?inscription de ses expériences à la profondeur psychologique. C?est sans doute, la seule possibilité de donner une explication à son procédé original qui consiste à aller à contre-courant. Car, là où le portrait désigne normalement en peinture la représentation (spécialement) du visage, qu?il s?agit du style caricatural, cubiste ou abstrait, notre artiste présente des portraits sans? visage.
En effet, sur les toiles de Fabrice, la représentation des portraits de femmes s?arrête à celle de leur silhouette. C?est un choix non dépourvu de significations. Si le visage humain marque, en temps normal et par ses aspects particuliers, une forme d?individualité, l?enlever des portraits, c?est déposséder la femme de ses moyens d?expression naturelle.
Mais l?absence des visages, loin d?être dévalorisante, confère plutôt à cette forme de représentation artistique une valeur universelle. Le portrait, en tant que genre pictural, qui est toujours une représentation de l?individu, atteint ici sa volonté à dimension universalisante. L?artiste ne cherche pas à évoquer un modèle particulier de la femme, mais peint la femme universelle.
Cependant, à bien y voir, l?on est tenté de croire que l?artiste se fait ici voyeur qui exploite du regard le corps féminin tout en s?assurant de ne pas se faire prendre à son tour dans le regard de ses modèles imaginaires, reproduits sur toiles.
Peut-être s?agit-il encore d?une fuite de la part de notre artiste devant l?expression faciale de la femme ? Une fuite qui trouve sa confirmation dans la double impression que laisse la représentation des corps féminins. D?une part, ces corps, par la présence des traits, semblent surgir du fond avec lequel ils se confondent par des nuances rapprochées, d?autre part, ils ont l?air de fondre dans ce même décor par l?absence des traits. Il y a, à la fois, l?émergence et l?évanescence des corps. Les toiles de Fabrice sont de ce fait à la limite de l?ambiguïté voile-dévoilement.
Par ailleurs, on a l?impression que l?artiste fait entrer la figure féminine dans ses tableaux pour mieux l?inviter à sortir de son univers à la fois artistique et mental. Peut-être est-ce la raison pour laquelle la forme féminine est, d?une part, partiellement représentée et d?autre part, n?occupe pas le centre de ses tableaux, contrairement à l?usage classique ? C?est certainement une manière tout à fait artistique de traiter l?objet de son obsession. Si notre artiste ressent une forme de satisfaction à l?issu de cette exposition, c?est que ses tableaux se réservent bien la signification des vertus psychothérapeutiques.
Il y a, à la fois, l?émergence et l?évanescence des corps. Les toiles de Fabrice sont de ce fait à la limite de l?ambiguïté voile-dévoilement.
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