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« C?est un choix politique que l?OMC devra faire »
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« C?est un choix politique que l?OMC devra faire »
L?entrée en course de Pascal Lamy, l?ancien commissaire européen au Commerce, a bouleversé les données de l?élection?
C?est vrai qu?on parle beaucoup de lui. Pascal Lamy est effectivement un très bon candidat, et il connaît bien les rouages de l?OMC. On le présente comme un top guy. Mais on n?est pas non plus à un examen. Il faut certes prendre en compte les compétences des candidats, mais c?est un choix politique que l?OMC devra faire. De toute façon, les autres candidats ne sont pas des imbéciles !
Il semblait exister un accord tacite sur le fait que l?Europe ne présenterait pas de candidat. Avez-vous l?impression qu?elle n?a pas respecté l?accord ?
Le directeur général (DG) de l?OMC et du General Agreement on Tariffs and Trade (Gatt), auparavant, a toujours été un Européen. Le Néo-zélandais Mike Moore de 1999 à 2002 et Supachai Panitchpakdi, après lui, ont rompu la série. C?est dans ce contexte qu?on a pensé que l?Europe n?allait pas présenter de candidat. Un consensus semblait également se dégager pour que le prochain DG soit originaire d?un pays en développement. Cela me semble tout à fait normal, surtout dans un contexte où l?on parle du cycle de développement de Doha.
Des journaux influents comme « Le Monde » ou le « Financial Times » indiquent que Pascal Lamy est le meilleur candidat. Le considérez-vous en position de force ?
L?élection à la direction générale de l?OMC est un peu comme une course cycliste. Celui qui donne l?impression d?être en tête n?est pas nécessairement celui qui passera la ligne d?arrivée en premier. A ce stade, Pascal Lamy fait les titres des grands journaux, mais il n?est pas certain qu?il ait les soutiens nécessaires pour être élu. Pour le moment, Pascal Lamy semble être en tête. Mais il y a plusieurs étapes, et je suis certain que nous allons le rattraper. Nous poursuivons actuellement notre campagne de mobilisation et de lobbying. Il y aura plusieurs rounds avant que le conseil général de l?OMC ne se réunisse en mai 2005 pour dégager un consensus autour de celui qui sera le prochain DG.
Comment avez-vous accueilli l?annonce de la candidature du ministre kenyan Mukhisa Kituyi ?
Il n?est pas encore officiellement candidat. Pour l?instant, il n?a fait qu?annoncer son intention de se porter candidat. On verra. Mais sa décision complique ma campagne, sans nécessairement la rendre plus difficile.
Il semblerait que le bloc africain n?arrive pas à parler d?une seule voix, une fois de plus?
Je rappelle que le ministre Kenyan n?est pas officiellement candidat. J?ai le soutien unanime des groupes des Caraïbes et du Pacifique. En ce qui concerne le groupe Africain, je crois que la situation va se décanter assez vite. Je souhaite que la question soit réglée rapidement, sans que l?Union africaine n?ait à se prononcer sur le sujet lors d?une réunion spéciale.
Quelles sont vos chances d?être élu?
Elles sont ni moins importantes ni plus importantes qu?il y a un mois.
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