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L'ultime sauvetage du monde de Will Smith

11 décembre 2004, 00:00

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L'acteur américain confie qu'il aime surprendre ses fans par ses choix de rôles. Il évoque également son intérêt pour la science-fiction.

Vous êtes à l'affiche d'I, Robot, d'Alex Proyas, un film inspiré du recueil de nouvelles d'Isaac Asimov. L'un de vos plus grands succès est la série des Men in Black de Barry Sonnenfeld. Avez-vous un goût particulier pour la science-fiction ?

Quand j'étais enfant, j'avais une passion pour les maths et les sciences, et j'ai toujours très bien su raconter les histoires... Mon esprit a toujours été à son meilleur dans ces deux domaines. La science-fiction est le mélange de tout ça, c'est donc un genre qui me convient bien ! Et puis je suis de la génération de La Guerre des étoiles. Quand la première trilogie est sortie, j'étais un vrai passionné, très impressionné par le fait qu'on puisse imaginer tout ça. Adolescent, ma principale ambition était de parvenir à un tel niveau de créativité. Mais je me voyais plutôt comme celui qui crée le robot que comme celui qui joue dans un film avec un robot !

De plus en plus souvent depuis Independence Day (1996), vous sauvez le monde...

Après I, Robot, mon fils m'a dit : "J'ai six ans, et tu as déjà sauvé le monde quatre fois. Ne sauve plus le monde s'il te plaît." Il donne des conseils très avisés. Je ne vais plus sauver le monde d'ici un certain temps.

Votre particularité est d'être un héros infaillible qui a un aspect comique.

Il n'y avait pas spécialement d'humour dans le scénario. C'était à moi de rendre certaines répliques drôles. Je suis habitué à glisser sur des peaux de banane devant des extra-terrestres pour faire rire! Mais ici le personnage devait être drôle sans faire de plaisanteries. Pour moi, c'était difficile. Il s'agissait d'être drôle sans recourir à mes outils comiques : pas de grimaces ni de chutes... Le défi était intéressant.

Vous êtes à l'origine de tous vos projets : vous êtes producteur, à un niveau de célébrité qui vous garantit l'indépendance. Vous donnez l'impression de contrôler totalement votre carrière.

J'aime être responsable de ma vie et de ma mort. Si un film a du succès, je veux que ce soit grâce à moi, et si c'est un échec, je veux que ce soit de ma faute ! Le pire, c'est d'être la victime des erreurs des autres, j'ai horreur de ça. Comme acteur, j'aime pouvoir me défouler, faire des choses impossibles dans la vie. Hurler : "Casse-toi !", c'est jouissif.

Quelle importance a I, Robot dans votre carrière ?

J'ai une vision très précise des films que je fais et de ce que je veux accomplir. I, Robot remplit un de mes buts : c'est une grosse machine, avec un petit film artistique à l'intérieur. Il y a des effets spéciaux, des explosions, des poursuites en voiture, et un questionnement philosophique sur la nature de l'humanité. I, Robot et Ennemi d'Etat (Tony Scott, 1998) sont deux de mes films qui ont cette double nature. Je cherche à faire des films qui sont à la fois du pur divertissement et de bonne qualité - où les acteurs sont excellents et le contenu intéressant.

Florence COLOMBANI Le Monde 2004 distribué par The N. Y. Times Syndicate

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