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Lego, lève toi et danse !
Personne n’a résisté au rythme effréné et coloré de Lego. Le chanteur malgache et son groupe donnaient une représentation, mardi soir, au Conservatoire François Mitterand, organisée par le Centre Culturel Charles Baudelaire.
Ils entrent dans la petite salle du conservatoire en mettant le feu, en extirpant le soleil de son sommeil nocturne pour l’offrir à un public peu nombreux mais décidé à faire la fête et à célébrer la musique.
Paré de leurs chaudes couleurs, le groupe Lego rompt d’entrée avec l’austérité de ce lieu de concert, plus habitué à la musique classique.
Lego, un jeu de construction identitaire auquel tout le monde adhère les yeux fermés, se laissant porté par la musique.
Sur scène, les couleurs s’installent en rythme. Le soleil et son énergie s’emparent du percussionniste dont le corps semble se faire l’écho des résonances de ses percussions. Il est une pile électrique qu’alimentent les applaudissements. Tout de jaune vêtu, il saute, vibre de tout son long, danse ... sans que sa géniale coiffure n’en fasse les frais et sans que ses baguettes qu’il brandit dans tous les sens n’égratignent les autres musiciens.
Lego, au centre, flanqué de son accordéon, paraît plus sage. Mais entre deux couplets, il se laisse lui aussi aller et accompagne ses choristes et danseuses aux mouvements de bassin quasi extra-terrestres.
Révélé en 1997 au Festival Doina, le groupe d’Antsiranana Andriamadresy, dit Lego (le gros), fait fusionner le salegy et le bahoejy, composant ainsi la musique typique de la région de Mahajanga.
Ses chansons célèbrent la vie et condamnent ses souffrances. Mais toujours à un rythme endiablé. Lego fait son show, un assemblage de pièces musicales qui redonne vie à la musique traditionnelle malgache.
La musique est fantastique. La chaleur monte. Dans le public, certains sont déjà entraînés par le rythme alors que d’autres se contentent de sagement bouger les épaules en battant des mains.
Mais Lego ne fait que commencer et le rythme n’ira que crescendo jusqu’à la fin du concert pour ne laisser plus aucune excuse à ne pas danser. La musique pénètre le corps autant que l’esprit, pour ne plus en ressortir.
A l’étage, quelques inconditionnels ne résistent déjà plus et dansent. Mais c’est bientôt la salle toute entière qui se met debout et fait la fête.
Pas la peine d’en faire des tonnes, juste bouger en rythme, faire autant de bruit que possible. Pas la peine non plus de faire comme les deux danseuses de Lego, elles mettent au défi d’essayer, d’un regard sombre, avant d’entrer en transe. Le soleil brûle maintenant, comme des courbatures se préparant à sévir. Tout le monde s’en fiche. Personne ne résiste et personne n’arrête de danser, d’applaudir.
Lorsque le concert s’achève, personne ne semble vouloir s’en aller. Dehors, on échange ses impressions en attendant les artistes. Pour les revoir, une seule solution, prendre un billet pour Rodrigues, où Lego se produira à l’occasion du Festival Créole, à Malabar.
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