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Le théâtre des idées
En marge de la Journée mondiale contre le Sida, les comédiens mauriciens ont travaillé plus particulièrement sur le thème du Sida, abordé au Théâtre, entre autres problèmes sociaux.
Proche du théâtre engagé des années 70?s, le Théâtre pour le théâtre pour le Developpement, né du Théâtre des Opprimés du dramaturge brésilien Augusto Boal, est « plus structuré et plus ponctuel », explique Geeta Mootien, de la Trup Sapsiway.
Le théâtre devient alors un médium de communication, d?information et d?éducation pour et avec la population. S?engager pour construire, pour lutter.
« Nous avons vu des cas où le ThD se crée avec les communautés. Maurice devrait aussi participer à ce processus », poursuit Geeta Mootien.
Juanito Fransisco d?expliquer que jusqu?ici à Maurice, le théâtre a été fait à titre individuel, d?influence occidentale où les acteurs jouent devant des spectateurs. Or, le Thd propose un théâtre différent, interactif.
« Le développement, c?est aller de l?avant, changer d?attitude. Toutes les formes du théâtre peuvent être mises à contribution. Nous, nous sommes là, prêts à travailler », dit Juanito Fransisco. Les trois comédiens ont été particulièrement marqués, pendant leur atelier de travail, par une représentation donnée par de jeunes artistes. De loin l?exposé le plus frappant et le plus parlant, pourtant sans paroles.
« C?était du mime et des chants. Mais à travers leur vision, ces jeunes ont réussi à faire passer leur message », raconte Jenny Jugroo Naraïdoo.
Et ce genre de spectacle est déjà en pratique au Botswana, où a eu lieu l?atelier de travail, ainsi que dans d?autres pays d?Afrique australe.
« Lorsqu?une campagne préventive se fait, il serait possible d?utiliser ce médium qu?est le théâtre. C?est un outil éducatif, qui peut être utilisé pour parler de nombreux problèmes, la violence conjugale, le tabagisme, la drogue, le Sida. J?espère avoir un théâtre qui soit partie prenante du développement économique », continue Geeta Mootien.
En Afrique, expliquent les artistes, la peur du Sida a fait avancer les choses et mieux vaut de ne pas attendre davantage, à Maurice, avant de mettre en pratique la formule de Théâtre pour le développement. Les artistes sont là, volontaires, désirant travailler à la sensibilisation du public à des problèmes sociaux, avec l?aide d?ONG ou autres.
Pourquoi n?est-ce pas déjà fait, de façon structurée, avec un programme annuel prêt à aborder les questions de santé, de logement, de violence ?
Selon Henry Favory, directeur de la Troupe Favory et président de SATI, « éna dimoun ki per la culture. Mo pas tout seul pou dire sa ». Les artistes ont toutefois bon espoir de parvenir un jour à faire monter les problèmes et à les décortiquer sur les planches, devant et avec les spectateurs.
Grâce à SATI, les comédiens, metteurs en scène et autres artistes peuvent se rendre compte des progrès réalisés dans les autres pays, apprendre à leur contact, discuter et revenir à Maurice avec des idées à mettre en pratique.
L?an prochain, annonce Henry Favory, il y aura un atelier de travail en début d?année pour les ingénieurs de la lumière au théâtre.
Très important, un atelier de travail aura lieu à Maurice courant février ou mars. «Donc plus de mauriciens pourront venir assister aux ateliers, Mauriciens et Rodriguais également ». Il y aura également un atelier de travail pour les femmes metteurs en scène.
La SATI est une organisation non gouvernementale qui regroupe une quinzaine de pays d?Afrique Australe et, précise Henry Favory, est ouverte à toutes les troupes de théâtre, en attendant la création éventuelle d?une association des troupes de théâtre.
«Le développement, c?est aller de l?avant, changer d?attitude. Toutes les formes de théâtre peuvent être mises à contribution. Nous, nous sommes là, prêts à travailler.»
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