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Conférence sur les crimes «d?honneur»
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Conférence sur les crimes «d?honneur»
Kurde d?Irak engagée dans la lutte pour le respect des droits des femmes, Fadime Sahindal aurait sans doute apprécié, quels qu?en soient les résultats concrets, qu?une conférence internationale se tienne, pendant deux jours à Stockholm, dans le but de «combattre la violence patriarcale commise au nom de l?honneur». La jeune femme, qui résidait en Suède, n?a pas eu loisir d?y participer. Elle a été tuée par son père en janvier 2002, alors qu?elle refusait de se plier aux traditions familiales.
C?est en grande partie à cause de ce crime dit «d?honneur» que le royaume scandinave a pris conscience de l?existence d?un tel phénomène. Et que la conférence, close mercredi 8 décembre, a pu être organisée sur son territoire. «Il y a une dizaine d?années en Europe, il était difficile d?engager des gens sur ce combat, les violences de ce genre étant alors considérées comme trop cruelles et lointaines, note une des quelque 200 participants, Sharhzad Mojab, de l?université de Toronto. Aujourd?hui, les choses s?organisent, parce que cette partie du monde est à son tour touchée par ces crimes apparus, pour la plupart, dans le sillage de l?immigration.»
L?opinion publique suédoise avait réagi avec stupéfaction à l?annonce de la mort de Fadime Sahindal. Son combat personnel était, en effet, devenu le symbole de l?émancipation des jeunes immigrées, prises entre le carcan familial et leur environnement. Parce que la place de la femme dans le nord de l?Europe est, par tradition, d?avantage mise en avant que dans le reste du continent, parce que le discours officiel y rappelle sans cesse le besoin d?une plus grande égalité entre les sexes, le choc entre cette réalité-là et les valeurs traditionnelles apportées avec eux par les nouveaux Suédois n?en est que plus flagrant.
«En arrivant ici, les hommes ne tardent pas à perdre le pouvoir sur leur famille, sur leur épouse et leurs filles», constate Amineh Kakabaveh, membre d?une organisation suédoise de soutien aux femmes kurdes. Les adolescentes se retrouvent prises entre deux cultures. «Au lycée, ajoute-t-elle, elles ont tendance à taire leurs problèmes, parce qu?elles ne veulent pas attenter à l?image de leur famille.»
«L?Etat suédois agit en spectateur silencieux, regrette Suruchi Thapar-Björkert, chercheuse d?origine indienne invitée à l?université de Linköping. Il ne fait pas assez pour intégrer ces nouveaux résidents. Nombreux sont ceux qui ressentent alors le besoin de retourner à leurs racines, à leur culture, pour y trouver une identité.»
Antoine JACOB
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