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Les femmes, premières victimes de la corruption

29 novembre 2004, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?Independent Commission against Corruption (Icac) veut mettre à contribution la gente féminine dans son combat. Réunies samedi à l?auditorium Octave Wiéhé, elles étaient plusieurs centaines à assister au National Women?s Forum en conclusion d?une série d?ateliers de travail destinés aux différentes associations féminines de l?île.

Le forum avait pour objectif de valoriser les moyens qui existent pour lutter contre la corruption qui, selon Navin Beekarry, commissaire de l?Icac, détruit l?économie du pays.

?Il existe à Maurice une perception de la corruption dans la plupart des secteurs économiques?, ajoute-t-il. Prenant en exemple le secteur douanier, il souligne que la corruption à ce niveau se chiffre à plusieurs milliards de manque à gagner pour le gouvernement. Cette situation, ajoute-t-il, affecte de manière conséquente le développement du pays.

La lutte contre la corruption, a fait ressortir le commissaire de l?Icac, doit se faire à la fois à travers des enquêtes et à travers des campagnes de sensibilisation auprès de la population. Pour Navin Beekarry, qui abonde dans le même sens, c?est le fondement même de la famille qui est menacé par la corruption.

La lutte contre ce fléau n?est pas aisée. ?Sur une centaine des cas référés à la cour, seuls un ou deux cas aboutissent à une condamnation?, ajoute-t-il. Autre difficulté à laquelle font face les enquêteurs: la lenteur administrative. Certaines affaires nécessitent plusieurs années de procédures judiciaires avant qu?un jugement ne soit rendu. ?Cette situation est due à des raisons légales telles que les renvois multiples ou les appels devant les tribunaux?, indique le commissaire de la commission anti-corruption.

La participation des femmes dans la lutte anti-corruption, explique l?assistant commissaire de l?Icac, Moussa Taujoo, vient de ce que les femmes sont moins enclines à avoir recours à ce moyen délictueux. ?De multiples études, notamment celle menée par la Banque mondiale le démontrent. Les femmes sont plus attachées aux valeurs morales que les hommes?, a t-il déclaré.

Pour Gérard Bussier, directeur de la division Prévention et Education de l?Icac, ce forum doit servir de tremplin pour assurer le suivi du combat contre la corruption. Il a expliqué que ce sont principalement les femmes et les enfants qui font les frais des actes de corruption.

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