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?Ce n?est pas un spectacle, c?est une émission de télé?
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?Ce n?est pas un spectacle, c?est une émission de télé?
Vous êtes le réalisateur de ce nouveau Sofé Ravanne, pourquoi avoir attendu si longtemps avant de poursuivre cette aventure populaire, née en 1997, sur la MBC ?
C?est qu?il fallait trouver un moment de gestation, donner du temps aux artistes, à l?inspiration. La création artistique n?est pas une machinerie.
Sur le plan technique, Sofé Ravanne est une machine. Qu?est-ce qu?un concours implique comme moyens?
C?est une machine, en effet. C?est deux mois de préparatifs, pour trouver les groupes, faire les sélections, faire le décor? plus les enregistrements, le montage. Dès qu?une émission est finie, c?est une autre qui se prépare. J?ai avec moi mon assistant réalisateur, Ramprakash Bhantoo, mon assistante de production Jhotee Daby et toute une équipe formidable. Bon gré mal gré.
Au total, pour une seule émission de Sofé Ravanne, nous devons gérer une centaine de personnes. Artistes, techniciens du son et de la lumière, cinq à six caméramen. On a aussi beaucoup de matériel, caméras, décors, amplis, backline. Que représente l?émission Sofé Ravanne dans votre parcours ?
Sofé Ravanne a été mon champ d?apprentissage. A la MBC on apprend sur le tas. J?étais assistant réalisateur pour le premier Sofé Ravanne en 1997. J?avais donné un coup de main aussi pour le décor. Mon expérience a débuté avec les concours, j?étais à la régie, au montage.
Rappelez-nous votre parcours.
J?ai à la base une formation d?artiste, graphiste, photographe. Je faisais du design pour une agence de publicité. C?est mon amour pour la photographie qui m?a amené à la télévision.
En 1987, j?étais caméraman, j?avais une caméra 16 mm car à l?époque on travaillait encore sur pellicule. J?ai ensuite intégré la production en tant que senior cameraman. J?ai appris sous les ordres de Sylvio Hécube et Vijay Sidoyal, en me spécialisant dans les émissions de variétés, touchant à la culture. Etre artiste est un atout. J?ai fini par avoir ma propre production, émission, Xpression. On a démarré en 2001. L?émission est pour les jeunes et présentée par un jeune, Ben Javed. On a ensemble formé une sorte de duo puisque nous travaillons également sur Vibrason, une émission qui traite de l?actualité musicale.
Vous revenez cette année avec Sofé Ravanne, qu?est-ce qui fait et fait toujours, le succès de cette émission ?
C?est populaire, c?est du séga. C?est l?ambiance. On crée une ambiance de fête.
Linzy Bacbotte, qui est née avec Sofé Ravanne, est encore de la partie. Est-elle aussi garante du succès de l?émission ?
D?une certaine manière, car les gens l?identifient à l?émission Sofé Ravanne. L?animateur est très important. Ensuite, il faut également quelqu?un pour la diriger car ce n?est pas un spectacle, c?est une émission de télévision.
L?émission redonne ses lettres de noblesse au séga typique, mais vous souhaitez aussi le voir évoluer. De quelle manière ?
On s?attendait à ce que l?émission prenne une autre tournure. On voulait voir une chanson créole, plus engagée. Ici la majorité des thèmes parlent d?esclavage et de misère.
Chanter la misère n?est-ce pas s?engager ?
Oui, mais ce que je veux dire c?est que la chanson créole ce n?est pas que ça. J?aurais souhaité plus de thèmes actuels, le sida, l?enfance maltraitée? Et musicalement, un nouveau style, d?autres instruments. Je note toutefois une forte participation des jeunes, comme quoi la relève est assurée.
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