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Absence de choix

27 novembre 2004, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

A cause d?une certaine apathie civique ou d?un glissement des comportements vers une certaine uniformisation, les Mauriciens ont toujours montré une grande tendresse ou une haine farouche pour leurs leaders politiques. Entretenant avec eux une relation de fascination-rejet typique de tous ceux qui sont dans un rapport de vassalité vis-à-vis de la chose politique. C?est un paradoxe qui illustre le mystère mauricien. Une élite critique opposée à un petit peuple aux nerfs à fleur de peau. C?est ce qui explique que l?opinion soit autant volatile que les partis politiques. On se signale par la mémoire courte.

Cette attitude de somnambules privilégie une attitude de complaisance plutôt que le devoir de critique. Certes, il y a une pratique de la critique mais elle reste dans le cadre du politiquement correct. On n?en sort pas. On est si bien scotché à nos certitudes ancestrales et si superficielles dans leur contemporanéité.

La démonstration en a été donnée cette semaine une nouvelle fois et en différentes occasions. Dans un premier temps, le MMM a fêté ses 35 ans dans un absolu manque d?imagination et un désert idéologique inquiétant. Pour un parti qui a autant influencé l?histoire d?un pays, cela relève du drame. Après avoir passé le temps de la réflexion et celui de la révolte pubertaire, ce parti, devenu adulte, s?est fossilisé. Il semble penser qu?il suffit de juxtaposer «gagnante» à côté de « formule» pour conditionner le subconscient des électeurs et se garantir les chances d?une victoire électorale. On est là bien enfoncé dans une myopie politique.

Dans d?autres secteurs de la vie publique, l?île Maurice se signale par son incapacité à bien saisir les événements. Toutes les personnes sensées de ce pays savent que le régime de « third country fabric» ne sera pas indéfiniment octroyé à l?île Maurice. Pourtant ce à quoi travaillent les dirigeants du pays, c?est principalement à une extension de cette dérogation. Dans une année par conséquent, il faudra s?attendre à ce qu?on se retrouve dans la même situation de départ qui était déjà posée voici moins d?une dizaine d?années de cela.

Ce sera avec la même naïveté qu?on s?étonne toujours de ne plus avancer au plan des idées et des propositions dans ce pays. En l?absence de contradictions, il est difficile d?avancer. Pourtant c?est cette absence de contradiction qui ne semble plus gêner personne. Les valeurs sont communes. La manière de gouverner est la même. On renouvelle nos maires comme un simple exercice de forme. L?école passe par des mutations mais ce qui retient l?attention ce sont de vaines querelles d?écoliers. Nos syndicats ont érigé le corporatisme comme principale motivation de leurs actions. Nos hommes d?affaires sont en situation d?attente... On se dispute en fait pour l?accessoire et le consensus sur l?essentiel ne laisse plus de place pour des remises en question.

Le chef de la jacquerie s?appelait Paul Bérenger dans les années 70. A l?heure du conformisme contemporain, il s?appelle toujours Paul Bérenger. Son activisme permet de créer l?illusion du mouvement comme d?autres, dans le précédent gouvernement travailliste, ont su créer l?illusion du bien-être en faisant du surplace. Un constat qui nous permet de prendre la mesure du gouffre, l?absence de choix, l?inutilité du principe d?alternance.

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