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Les derniers jours de l?IRA

7 novembre 2004, 00:00

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Les syndicats devront ajouter de nouveaux mots à leur vocabulaire : médiation, conciliation. Tout à leur bonheur de voir s?approcher une victoire longtemps rêvée, la dépénalisation de la grève. Le nouveau Employment and Labour Relations Act viendra balayer l?obsolète Industrial Relations Act mais veut surtout augurer d?un dialogue social de meilleure qualité.

La présentation de la nouvelle loi, inscrite dans le livre blanc rendu public vendredi à l?issue du conseil des ministres, a reçu un accueil chaleureux des syndicats. Après trente ans d?attente, cette fois doit être la bonne. « Pas question de donner de nouveaux prétextes au gouvernement et au patronat pour le maintien de l?IRA», s?exclame Radhahrishna Sadien, président de la Government Servants? Association. Même enthousiasme de la part du Mauritius Labour Congress (MLC) et de la Fédération des syndicats du service civil (FSSC).

La refonte de cette loi, particulièrement honnie durant les années de braise du Mouvement militant mauricien, en ce qu?elle limitait le droit d?expression, a fait l?objet de maintes promesses gouvernementales. Mais les projets n?avaient jamais rencontré de consensus.

Selon le livre blanc, une grève ne pourra être déclenchée qu?en dernier recours après épuisement de toutes les avenues de conciliation et de médiation. La décision d?une grève ne sera entérinée que par un vote secret organisé et supervisé par la commission de conciliation et de médiation, commission qui sera appelée à remplacer l?actuel Tribunal d?arbitrage permanent et qui sera composée d?un maximum de huit assesseurs.

Alors que sous la présente loi, le Premier ministre dispose du pouvoir discrétionnaire de décréter illégale une grève, il devra dorénavant solliciter une injonction de la Cour suprême.

Le texte rétablit le droit aux gardes-chiourmes et aux pompiers de se syndiquer. Ces deux corps de métiers n?auront cependant pas le droit de se mettre en grève. Ce droit avait été enlevé au personnel de la prison, en 1973, à l?introduction de l?IRA.

Les syndicats expriment quelques réserves de part et d?autre. Si Toolsyraj Benydin, président de la FSSC salue l?ouverture aux gardiens et aux pompiers, il trouve qu?elle devrait être étendue aux policiers. Jugdish Lollbeeharry, président du MLC, craint que « les nouvelles procédures entourant une action de grève ne soient encombrantes.» Il est de plus d?avis que le nouveau texte devrait éliminer complètement toute intervention du Premier ministre en cas de grève légale, et que même les services essentiels devraient avoir le droit, sous certaines conditions, de se mettre en grève.

L?obligation pour les secteurs non essentiels d?assurer un service minimum en cas de grève fait aussi sourciller. Le MLC est aussi d?avis qu?il n?y a pas lieu de modifier les attributions du National Remuneration Board. « Pas question qu?un accord puisse contenir certaines conditions moins favorables même si l?ensemble de l?accord peut paraître plus alléchant», dit Jugdish Lollbeeharry.

Les syndicats ont deux mois pour réagir. L?autonomie que leur accorde cette loi annonce un large consensus.

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