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«Bérenger n?a pas de mainmise sur moi»

5 novembre 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?<B> Il y a un an, quand vous accédiez au poste de ministre du Tourisme, vous exprimiez votre mécontentement d?être transféré des Affaires étrangères. Quel est votre état d?esprit aujourd?hui ? </B>

(Sourire?) Je suis un professionnel et, quand il y a un travail à faire, je le fais. Quand je pratiquais au barreau, il y avait des cas que je n?approuvais pas nécessairement mais je n?avais d?autre choix que de les défendre.

?<B> Donc aujourd?hui, vous êtes heureux dans votre rôle au tourisme ? </B>

Vous savez, un politicien ne pense pas en termes de « happiness » ou de « unhappiness » mais plutôt en termes de « delivery » et de performance.

?<B> Vous ne répondez pas à ma question ! Auriez-vous préféré être ailleurs ou bien venez-vous au travail avec un sourire ? </B>

Disons que ma première passion reste les Affaires étrangères et j?ai gardé de bons contacts avec d?autres opérateurs de la politique étrangère à travers le monde. Je ne suis donc pas coupé de ce dossier.

?<B> Bon, le groupe One and Only Resorts vient de recevoir une distinction. Nous nous posons des questions. Qu?est-ce qui fait de Maurice toujours une bonne destination ? Ses hôtels d?un niveau excellent ou tout bêtement la beauté de l?île ? </B>

C?est un package, vous savez. Il y a la destination, le service, le sourire, le climat, la démocratie, les droits de l?homme et aussi ces grands noms de l?hôtellerie aujourd?hui - Oberoi, Taj, One and Only, Hilton. C?est un ensemble.

?<B> Nous entretenons à Maurice la culture de l?à-peu-près. Comment se fait-il que le service dans nos hôtels n?est pas? à-peu-près ? </B>

Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? Ce n?est pas vrai de dire que nous avons une culture de l?à-peu-près. Je vous garantis que ce n?est pas vrai.

?<B> Tout se fait selon les normes à Maurice ? C?est ce que vous dites ? Dans tous les secteurs de la vie ? </B>

Tous les secteurs à Maurice visent the pursuit of excellence. Nous pouvons ne pas l?atteindre mais nous essayons quand même.

?<B> C?est votre appréciation. Ce concept de gentillesse n?est-il pas un peu dépassé ? Y croit-on toujours ? J?ai comme l?impression que les Mauriciens ne sont plus aussi gentils?.</B>

Vous avez tort. Si vous lisez ces lettres qu?on m?envoie ! Ils parlent toujours de la gentillesse des Mauriciens, du sourire, de l?accueil?

?<B> Dans les hôtels ? </B>

Oui, dans les hôtels. Et cette amitié qui se noue entre Mauriciens et touristes. C?est pour cela qu?ils reviennent et qu?ils demandent la même chambre, le même waiter etc.

?<B> Mais justement ce sens de service s?arrête dans les hôtels. Le reste du pays ne suit pas. Est-ce que cela ne risque pas de nous faire du tort éventuellement ? </B>

C?est très possible que le concept de customer care ne soit pas aussi développé en dehors du secteur hôtelier?

?<B> Nous avons donc un problème de ce côté-là ? </B>

Non, ce n?est pas un problème. La culture du service prend du temps et c?est aussi vrai que, pour les jeunes d?aujourd?hui, c?est la solution de la facilité. Il n?y a pas assez d?efforts de la part des jeunes et des employeurs.

?<B> Dans un entretien accordé à ?l?express?, l?ancien directeur de la MTPA, MGTA à l?époque, dit qu?il a l?impression que l?on ne sait pas ce que l?on veut chez vous et à la MTPA. Que répondez-vous à cela ? </B>

Je n?aime pas commenter les déclarations des uns et des autres. Mais ce qui me fascine, c?est que tout le monde à Maurice est devenu expert du tourisme. Tout le monde a des solutions mais, pour quelqu?un qui connaît l?industrie comme Cyril Vadamootoo, je pense qu?il y a une nostalgie du poste qu?il occupait auparavant.

?<B> Est-ce que l?économie peut toujours compter sur le tourisme ? </B>

Pas si vous écoutez certaines personnes! Mais je sais qu?effectivement, le tourisme a un bel avenir.

?<B> Quand on dit que Maurice est une destination exclusive, que veut-on dire par là ? </B>

Nous avons ici, une catégorie d?hôtels qui est parmi les meilleurs au monde. Nous sommes une destination lointaine et donc pas accessible à tout le monde. Quand le touriste arrive, il a une station balnéaire, une multiplicité de cultures, de religions et de valeurs qu?il ne trouvera aucune part ailleurs, du moins pas comprimé dans un si petit territoire. Pour préserver notre réputation, nous avons besoin du soutien de la presse. C?est pourquoi je demande que ce qui s?est passé à Grand-Baie ne se reproduise pas.

?<B> Et il ne faut donc rien dire sur ce qui n?est pas positif ? </B>

Mais bien sûr que si ! Mais pas de la façon dont on le fait. Ce jour-là à Grand-Baie, les journalistes de radio surtout cherchaient désespérément des témoins alors qu?il n?y en avait pas.

?<B> C?est un peu le Premier ministre qui a provoqué cela. Il vient annoncer que c?était du gaz avant même que l?enquête ne commence?</B>

C?est moi qui ai affirmé en premier que c?était le gaz et je le maintiens.

?<B> Comment le saviez-vous ? </B>

Après les attaques du 11 septembre, j?ai suivi de près tous les dossiers sur le terrorisme. Et, quand je suis allé sur place ce dimanche-là, je savais que ce n?était pas une explosion due à une bombe.

?<B> Et, jusqu?à ce jour, nous n?avons pu avoir un rapport final sur toute l?affaire ? </B>

Mais si. Le FBI a dit que c?était du gaz. Les assureurs ont dit que c?était du gaz.

?<B> La FSL a dit qu?il y avait des traces d?explosifs. On attendait une contre-expertise sud-africaine qui ne s?est jamais matérialisée?</B>

Mais on l?aura bientôt ! Nous n?avons rien à cacher. Mais la presse doit jouer son rôle, qui n?est pas celui de tout critiquer tout le temps. Il y a certains secteurs fragiles qui ont besoin du soutien de la presse.

?<B> Ou est-ce plutôt une question d?ego de politiciens qui ne peuvent accepter d?être critiqués ? </B>

Pas du tout. Nous acceptons les critiques qui sont justifiées et justes.

?<B> Comment vous sentez-vous au sein de l?alliance gouvernementale ? </B>

Il faudrait poser cette question à mon leader.

?<B> Je vous la pose à vous. Comment se sent Anil Gayan ? </B>

(Sourire?) Nous sommes dans une équipe. Je reviens d?une session du Conseil des ministres et tout s?est très bien passé, il y avait un sens de camaraderie?Je pense que c?est symbolique?

?<B> Est-ce vrai de dire que Paul Bérenger a une mainmise sur le MSM ? </B>

En tout cas, il n?a pas de mainmise sur moi ! (Silence?) Ce n?est pas vrai?

?<B> Que s?est-il passé avec Anil Bachoo exactement ? </B>

La vérité c?est que le dossier est traité maintenant par le bureau du vice-Premier ministre puisqu?il y a l?aspect économique et disons que c?est une bonne chose que ce ne soit pas le ministère concerné qui ait le mot final. Il nous faut jeter un regard dépassionné, objectif et éloigné. Cela s?appelle de la bonne gouvernance.

?<B> Cette décision n?a pas été prise en consultation avec Anil Bachoo ? </B>

La décision a été prise au Conseil des ministres. Il est dommage que, quand la décision a été prise, le ministre Baichoo était en mission à l?étranger.

?<B> Donc, vous dites qu?il n?y a pas eu de claques ? </B>

Je sais que le ministre Bachoo était déjà au courant de cette démarche car il avait évoqué la question avec moi il y a quelques mois.

?<B> Anil Bachoo n?a donc pas de problème par rapport à cette décision ? </B>

Ecoutez, nous étions au Conseil des ministres aujourd?hui et je n?ai pas eu l?impression qu?Anil Bachoo n?était pas content.

?<B> Quelle est votre relation avec Paul Bérenger ? </B>

Il est le Premier ministre?

?<B> Est-il un ami ? </B>

(Silence?) Enfin, ça fait très longtemps que je connais Bérenger. Disons que cela fait une ? longue association !

«Quandle touriste arrive, il a une station balnéaire, une multiplicité de cultures, de religions et de valeurs qu?il ne trouvera aucune part ailleurs, du moins pas comprimé dans un si petit territoire.»

«Je n?aime pas commenter les déclarations des uns et des autres. Mais ce qui me fascine, c?est qu?à Maurice, tout le monde est devenu expert du tourisme.»

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