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Déchiffrer le passé pour construire l?avenir

2 novembre 2004, 00:00

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L?appel de la terre natale : viscérale, lancinante. Parfois même inévitable. Devoir de mémoire, culte rendu au lieu de naissance des ancêtres, et surtout impératifs économiques; les raisons sont multiples pour rechercher ses origines et désirer un droit d?entrée privilégié en Inde.

La diaspora indienne est évaluée à plus de six millions d?individus dispersés sur tous les continents. Une force mathématique qui rend les perspectives trop alléchantes pour être ignorées. La Grande péninsule a su trouver les arguments pour séduire ces candidats potentiels à une nouvelle vie. Une persuasion culturelle et financière condensée sous le vocable de carte des People of Indian Origin (PIO).

● Pas de visa d?entrée

Qu?est-ce qui fait courir la diaspora vers la terre du souvenir ? L?avantage principal de la carte PIO : le détenteur n?a pas besoin d?un visa pour se rendre en Inde. Il est exempté des procédures d?enregistrement si son séjour ne dépasse pas 180 jours. Si la visite s?étend au-delà de cette période, il a un délai de 30 jours pour se présenter aux services d?immigration. Cette carte permet aussi d?acheter des terrains non agricoles sur le territoire indien à l?exception des régions de Jammu et du Cachemire.

Autre attrait : les enfants du détenteur ont accès aux institutions éducatives indiennes sous la catégorie de Non-Resident Indian. Le détenteur peut également se prévaloir de plans-logements et d?assurance de la Life Insurance Corporation et d?autres agences gouvernementales indiennes. Cependant, la carte PIO ne donne pas le droit de vote.

● Motivations économiques

Véritable passeport pour le bonheur, pour certains, la carte PIO est, ne nous méprenons pas, aussi une aubaine pour le gouvernement qui l?octroie.

Outre les considérations sentimentales et culturelles, les intentions du gouvernement de la Grande Péninsule sont prioritairement économiques. Au cours de son récent séjour à New York, le 23 septembre dernier, à l?occasion de l?Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre Manhoman Singh avait pris la parole devant un parterre d?hommes d?affaires américains d?origine indienne.

Les comptes-rendus de cette rencontre ont souligné que ses déclarations invitaient la diaspora à soigner la perception favorable des Américains vis-à-vis de l?Inde et des Indiens.

Il les a exhortés à insuffler le même sens de l?entreprise, démontré aux USA, en Inde. Il s?est dit convaincu que la l?émigration ne constitue pas nécessairement une ?fuite des cerveaux? mais qu?elle peut au contraire aider à créer une ?banque des cerveaux? à l?échelle internationale. Autant de ressources dans lesquelles l?Inde pourrait puiser. Des encouragements assortis de son engagement pour créer le climat propice en Inde afin d?accueillir les ressources de la diaspora.

● Conditions d?obtention

Le Premier ministre Manhoman Singh a réaffirmé les intentions de la Grande Péninsule de se positionner comme une puissance économique basée à la fois sur le savoir et le savoir-faire, notamment dans le secteur manufacturier. Dans ce contexte, il a mis en avant les réformes entreprises pour améliorer l?infrastructure publique : l?électricité, la télécommunication et les aéroports. Il a aussi souhaité une interaction plus grande dans le secteur financier et ceux de la recherche et de l?éducation tertiaire.

Le système de carte PIO est en vigueur depuis le 15 septembre 2002. Elle est octroyée par la Haute commission ou le consulat indien à condition que le demandeur se conforme à une série de conditions.

Ainsi, ce dernier doit détenir ou avoir détenu à un moment donné le passeport indien. Sa filiation indienne doit remonter à un maximum de quatre générations, c?est-à-dire jusqu?aux arrière-grands-parents. Ils doivent être nés et avoir résidé de manière permanente en terre indienne, selon les termes du Government of India Act de 1935 ou un autre territoire annexé par l?Inde, excepté le Pakistan et le Bangladesh.

Notons que la deuxième édition du Pravasi Bharatiya Divas, la grand-messe de la diaspora indienne, qui se tient le 9 janvier à Delhi, a mis en exergue que la majorité des descendants d?immigrants indiens sont de la cinquième voire de la sixième génération, ce qui les disqualifie d?office.

Le demandeur peut aussi être l?époux ou l?épouse d?un citoyen(ne) indien(ne) ou une personne détenant la carte PIO.

● Validité de 15 ans

La carte PIO reste valide pour une période de 15 ans. Pour l?obtenir, le demandeur adulte doit s?acquitter de frais de l?ordre de Rs 9 300 (US$ 1 = Rs 30). Pour les mineurs, le tarif est de Rs 4 650. Les cartes PIO antérieures à 2002 restent valides même si aucun remboursement n?est possible. Leur validité est étendue de dix années supplémentaires à partir de la date d?octroi sans que le détenteur n?ait à débourser le moindre sou.

C?est vers le Indian Immigration Archives (IIA) du Mahatma Gandhi Institute (MGI) que les demandeurs doivent se tourner pour établir leur filiation avec la Grande péninsule. Le IIA possède une collection de plus de 2 000 volumes de documents originaux compilés entre 1842 et 1910. Parmi, le certificat d?embarcation et les actes de mariages des travailleurs engagés. Le IIA est l?autorité habilitée à délivrer un certificat attestant de la filiation.

Première étape, telle qu?expliquée dans Desi Roots, Diaspora Looking Back, le livret explicatif du MGI conçu par Salonee Deerpalsingh, responsable de l?IIA consiste à retrouver l?Immigrant Number. Il s?agit du matricule donné par les autorités britanniques lors des procédures d?enregistrement des travailleurs engagés, à leur passage par l?Immigration Depot. Ce système d?indexage a débuté en 1843 pour être harmonisé en 1847. C?est en 1844 que cette tâche fut conduite par le Protecteur des immigrants. En 1867, la photo du travail fut introduite sur le document. L?allocation du Immigration Number a pris fin en 1910.

La voie express pour remonter l?arbre généalogique est de rechercher les traces écrites comme les actes de naissance, de mariage et de décès. Des documents qui peuvent être retracés à l?état civil ou au Registrar General Office. Par ailleurs, des registres de passagers des bateaux ayant convoyé des travailleurs engagés sont accessibles aux Archives nationales. L?Immigrant Number est mentionné sur l?un de ces documents. Ainsi, il est conseillé de trouver les actes, des arrière-grands-parents à la génération actuelle.

Pour faciliter les recherches, il est conseillé de commencer par l? Immigrant Number avant de s?attaquer au répertoire des passagers pour trouver la date d?arrivée du travailleur engagé désiré. Etape suivante : le registre des passagers ayant entrepris le trajet de retour. C?est après avoir réuni les informations le concernant que la personne pourra demander à photocopier les documents d?archives. Les copies lui seront remises une semaine après la demande. Tous les documents seront alors soumis à la Haute commission indienne qui décidera de l?octroi ou non de la carte PIO au demandeur.

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