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?Nous nous devons de changer de mentalité?
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?Nous nous devons de changer de mentalité?
?<B>Quel est votre état d?esprit à l?approche des prochaines échéances ? </B>
Serein et très confiant. Confiant en moi-même et en l?avenir. Je continuerai à travailler selon mes convictions et principes qui guident mes actions. Depuis septembre 2000, de l?Agriculture aux Finances, j?ai pris une seule voie et je suis resté constant. Avec mes partenaires de l?alliance, il est certain qu?il y a des sujets sur lesquels nous sommes d?accord et d?autres où il existe des divergences mais tout se joue avec le dialogue.
?<B>Quels sont ces sujetsde discorde ? </B>
Par exemple, la réforme de la loi électorale. Après la soumission du rapport Sachs, un comité a été institué. Mon partenaire a ses appréciations et moi les miennes. J?ai émis certaines propositions. Nous travaillons ensemble pour parvenir à un consensus.
Si nous y arrivons, nous présenterons un projet de loi sur la réforme électorale. Au cas contraire, ce ne sera pas la fin du monde. Il faut savoir que nous évoluons dans un système qui a déjà fait ses preuves mais qui, dans certains cas, peut être injuste. Mon objectif : le corriger afin que nous ne nous retrouvions pas dans des situations comme en 1982 ou 1995. Mais je ne crois pas que le peuple soit prêt à une réforme qui prend en compte tous les votes exprimés. Il est aussi important de poursuivre les efforts pour une plus grande participation des femmes à la vie politique.
?<B> Vous avez présenté un premier budget. Etes-vous satisfait de la mise en pratique des mesures qui y figurent? </B>
Une bonne partie des propositions contenues dans le budget ont déjà été exécutées. Pour les autres, le travail se poursuit. Concrètement, on a enregistré la baisse de prix de la plupart des médicaments couramment utilisés. Actuellement, nous finalisons le ?Tourism Arrival Fee? qui sera redéfini comme le ?Passenger Fee?. Le secteur hôtelier est déjà d?accord avec le principe. Autre mesure annoncée, l??Equal Opportunities Act?. C?est une loi complexe mais le travail se fait.
?<B> La situation demeure précaire au niveau de l?investissement et du chômage?</B>
Quand on consulte les chiffres, on a toutes les raisons d?être satisfaits que ce soit pour l?investissement local ou le ?Foreign Direct Investment? (FDI). Il y a une hausse constante des investissements.
De Rs 936 millions en 2001 à Rs 979 millions en 2002, le FDI est passé à Rs 1,966 milliard en 2003. Pour les 8 premiers mois de cette année, il s?élève à Rs 1,6 milliard. Je dois rappeler ici que le FDI était réduit à une peau de chagrin avec le régime travailliste, soit seulement Rs 292 millions en 1998 et, si nous excluons les investissements de France Telecom au sein de Mauritius Telecom en 2000, le FDI n?aurait été que de l?ordre de Rs 61 millions.
L?investissement au niveau local avait franchi la barre de Rs 22 milliards en 2003 et cette année, selon les estimations du Bureau des statistiques, il devrait être supérieur à Rs25 milliards. Les investissements au niveau du secteur public sont de Rs 13,7 milliards en 2003 et ce sera la même chose cette année. Je ne dis pas qu?il faut se satisfaire de ces chiffres. Je souhaite plus d?investissement et nous sommes en train de prendre une série de mesures pour attirer les investisseurs.
Concernant le chômage, il y a une hausse mais elle reste presque du même taux. Le gouvernement travailliste avait laissé 45 000 chômeurs en 2000. En trois ans et malgré un contexte difficile, nous avons crée 35 700 emplois. Je ne veux pas, comme d?autres, me battre contre les chiffres. Mais nous continuons à prendre des initiatives pour faire reculer le chômage.
Dans le tourisme, on enregistre la création d?emplois directs et indirects. Avec les projets d?Integrated Resort Scheme, la main-d??uvre non qualifiée trouvera de l?emploi. Une partie des personnes qui a perdu leur emploi à la suite de la fermeture d?usines de textile sera redéployée. Pour une autre partie, le redéploiement est difficile mais nous mettons l?accent sur la formation. La plus grande difficulté demeure ceux âgés entre 45-50 ans.
Il reste enfin les personnes qui n?ont même pas un certificat de fin d?études primaires. Dans le dernier budget, nous avons pris des dispositions pour une formation particulière pour ces jeunes.
?<B> Comment expliquez-vous les récentes hausses sur les produits de consommation? </B>
Il y a unanimité sur le fait que le contexte international est difficile. Les secteurs d?importation des produits de base subissent des hausses phénoménales. Le gaz ménager a connu une hausse de 36 %. Le consommateur aurait donc payé un surcroît de Rs 61 par bonbonne. Nous avons décidé d?assurer des subsides de Rs 196 millions. La farine s?achète plus cher. Là aussi, nous garantissons des subsides de l?ordre de Rs 431 millions.
Pour le riz ?ration?, nous n?avons pas pu faire autrement. Une partie de la hausse est encourue par le consommateur alors que le subside s?élève à Rs 161 millions.
Pour le transport public, il aurait été irresponsable de maintenir les prix. L?Automatic Price Mechanism a été mis sur pied pour les ajustements des prix. Malgré tout, nous fournissons des subsides de Rs 35 millions.
Le CEB est exempté de taxe sur l?huile lourde. Cela coûte Rs 450 millions et nous évitons ainsi une hausse du coût de l?électricité. Pour les items que je viens de citer, les exemptions s?élèvent à Rs 1,3 milliard. Je pense que les gens se rendent compte de l?énorme effort que nous réalisons. Personne ne souhaite une hausse de prix. Mais il est crucial de rester réaliste.
?<B> Vous avez repris le thème de la démocratisation de l?économie. Que signifie-t-il pour vous? </B>
Il existe beaucoup de malhonnêteté sur la question. C?est un moyen pour ?empower? les gens. Il est question d?élargissement de la base économique. On fournit les supports et on motive les gens à devenir des entrepreneurs. Souvent, j?entend des personnes dire qu?elles ne peuvent devenir comme de grands entrepreneurs. Le sens de l?entrepreneuriat ne se résume pas à cette logique. L?important, c?est la participation de tous à la dynamique du progrès.
La démocratisation de l?économie n?équivaut pas pour nous à une remise en question des fondements de notre société, de notre économie. D?où l?effort réalisé au niveau du SIT qui représente une force de démocratisation de l?économie. Pour la première fois, planteurs et travailleurs sont devenus actionnaires de l?industrie sucrière. Il y a des représentants qui siègent au sein du comité de direction. Le Illovo deal et le Volontary Retirement Scheme ont aussi énormément profité au pays.
A travers l?éducation, nous apporterons une plus grande démocratisation. L?éducation, c?est l?arme la plus efficace pour combattre la pauvreté et la misère. A la différence de l?opposition, nous démocratisons l?économie dans le consensus et la participation générale. D?ailleurs je l?ai prouvé, il faut une politique sociale ambitieuse pour les personnes économiquement faibles.
?<B>Qu?est-ce qu?il y a derrière le tandem Bérenger-Jugnauth? </B>
De la sincérité. Pour durer, entre deux partenaires, il faut de la confiance mutuelle. Mon partenaire et moi, nous jouons cartes sur table. Nous ne pratiquons pas un double langage. Il y a aussi de très nombreux enjeux sur lesquels nous partageons la même vision. Pour ma part, je ne suis pas là pour être populaire. J?ai remarqué la même attitude chez Paul Bérenger. Ce qui nous intéresse, c?est de travailler pour notre pays et de laisser un héritage honnête.
?<B>Bérenger est-il un partenaire de travail seulement ou un ami aussi? </B>
Au fil des années, il est devenu un ami. J?apprécie beaucoup son travail et ses qualités. C?est une personne qui travaille très, très dur.
?<B>Qu?en est-il des négociations entre les deux partis pour les prochaines législatives? </B>
J?avais dis que cette alliance fera l?histoire politique de ce pays en étant la première à remplir son mandat. Nous ferons à nouveau l?histoire en nous présentant ensemble une nouvelle fois devant l?électorat.
Concernant l?arrangement électoral, le Premier ministre a déjà annoncé certaines choses et ce ne serait pas élégant de ma part d?anticiper sur les événements. Nous sommes en train de discuter et, au moment opportun, nous révélerons le type d?arrangement auquel nous sommes parvenus.
?<B> Quelle est votre vision pour le pays ? </B>
Le développer davantage, apporter plus de progrès dans la justice sociale et faire en sorte que tous les Mauriciens soient partie prenante du développement. J?exprime ici ma fierté par rapport à la maturité de la population qui nous a permis de réaliser la réforme de l?éducation. D?autres réformes enclenchées produiront les résultats qui ne seront visibles qu?à l?avenir. Certes, certaines mentalités tardent à évoluer. Il ne nous sera pas possible de changer la mentalité de certains adultes à ce stade. Nous nous devons de changer de mentalité, ne plus penser en termes de communauté, de caste.
Il nous faut réfléchir et agir en tant qu?une nation. Il nous faudra apprendre que les insatisfactions ne peuvent être mises au compte d?une quelconque ?victimisation? à caractère ethnique. L?espoir nous vient des futures générations. Je n?ai absolument aucun doute qu?elles penseront autrement.
?<B>Après quatre budgets de rigueur, le dernier qui sera présenté avant les élections permettra-t-il à la population de souffler? </B>
Nous avons eu quatre budgets de responsabilité qui ont permis de remettre le pays sur les rails. Pour cela, il a fallu de la rigueur, de la discipline et du sacrifice. Nous sommes entièrement satisfaits du travail accompli. Mais il est malheureux que nous continuions à subir les effets d?une situation internationale qui est hors de notre contrôle. Le dernier budget sera un autre budget de responsabilité et nous veillerons à ne pas mettre le pays en péril.
Nous avons tenu un langage de vérité et nous agissons dans les limites du possible. Les élections ne détermineront pas la philosophie du prochain budget. Nous allons poursuivre dans la voie que nous avons empruntée.
?Je pense que les gens se rendent compte de l?énorme effort que nous réalisons. Personne ne souhaite une hausse de prix. Il est crucial de rester réaliste.?
?J?avais dis que cette alliance fera l?histoire politique de ce pays en étant la première à remplir son mandat. Nous ferons à nouveau l?histoire en nous présentant ensemble une nouvelle fois devant l?électorat.?
Propos recueillis par Nazim ESOOF
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