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Questions à? Serge Lebrasse

27 octobre 2004, 20:00

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● Aujourd?hui, Journée internationale de la langue et de la culture créole, quel regard jetez-vous sur l?évolution du créole ?

Je compte plus de quarante années de carrière dans la chanson. Et l?évolution est tangible. Exemple le plus flagrant : quand on parlait d?ambiance on utilisait autrefois le terme tamasa. Aujourd?hui, on dit : met la faya. Vu mon âge, j?hésitais à me servir de cette expression (rires). En faisant de nouvelles chansons, il a bien fallu suivre l?air du temps..

Quand j?étais jeune, on disait, en parlant d?une jolie fille : diab diab. Aujourd?hui on n?entend plus que des histoires de mines. Les sentiments demeurent, c?est la manière de dire qui change. Les expressions ne restent pas longtemps en créole.

● Vous avez subi la censure pour des chansons en créole qui était mal perçues?

C?était dû au contexte. Un titre de 1961, Mwa mo enn ti kreol, faisait état de préjugés sur des Mauriciens d?origine africaine, les traitant de vauriens. On a pensé que je dénigrais la langue et la culture de ces citoyens ?dont je fais partie. Une belle polémique. Aujourd?hui, les paroles sont plus libérales, c?est une culture qui s?assume.

● Que pensez-vous de la grafi-larmoni ?

C?est un grand pas vers la reconnaissance. Cela pourrait prendre du temps avant que les Mauriciens ne s?habituent à lire et à écrire cette graphie .

Propos recueillis Aline GROËME

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