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Nouveau paradigme

26 octobre 2004, 20:00

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Gouvernement et représentants du milieu des affaires local se félicitent du dialogue structuré et quasi permanent qui existe entre eux. Cette entente est le fruit d’un dirigisme économique qui a longtemps existé à Maurice. L’Etat se dit facilitateur, mais garde en même temps les grandes initiatives de croissance entre ses mains. Les opérateurs, dans leur grande majorité, se confortent dans ce paradigme et préfèrent suivre la logique des “hubs” et des secteurs décidée par les dirigeants politiques.

L’économie mauricienne qui ambitionne de doubler son produit intérieur brut (PIB), dans les dix prochaines années, ne peut plus se permettre de fonctionner à l’intérieur des bornes pareilles. Il faut absolument faire chuter les barrières sectorielles. Au lieu d’avoir trois ou quatre grands secteurs d’activités, il faudra plutôt encourager l’émergence d’une large variété de sources de croissances. Il n’est surtout plus question de compter sur quelques activités qui puissent générer de l’emploi en masse.

Le Joint Economic Council (JEC) qui est le principal porte-parole des opérateurs a émis cette idée lors de sa rencontre avec les ministres samedi dernier. Mettre en place des plans d’incitations pour chaque industrie n’est pas la solution. Bien au contraire, cela fini par alourdir la bureaucratie. Il faut, à la place, une plate-forme d’incitations commune qui puisse favoriser autant de créneaux que possible.

Idem pour le cadre de régulation. Il faudrait songer à des régimes qui soient susceptibles d’accommoder plusieurs activités à la fois moyennant des ajustements mineurs aux règles. Le rôle de l’Etat devrait aller davantage d’un retranchement.

Une récente réflexion engagée par le National Productivity Competitiveness Council (NPCC) (voir en page 16) aborde les grandes questions de fond touchant à la stratégie de développement national. Les participants ont touché le cœur de plusieurs lacunes structurelles et même culturelles de notre économie. Maurice doit faire de l’exportation des services, son principal moteur de croissance mais elle n’est pas suffisamment ouverte au monde.

Il y a pour cela tout un changement d’attitude à opérer chez le Mauricien. Singapour, Hong Kong et Dubayy sont devenus des références dans l’exportation des services tous azimuts parce que leurs populations ont toujours prôné une attitude “expatriate-friendly”. Singapour, par exemple, a en place une politique visant à encourager les petites et moyennes entreprises étrangères (PME) à s’implanter.

Si on ne dispose pas de la compétence pour réussir la transformation économique souhaitée, il faudra en importer. Les Mauriciens ont intérêt à ne plus faire preuve de xénophobie par rapport à la présence chez nous des étrangers en tant que salariés ou en tant qu’entrepreneurs.

Le JEC avait raison d’évoquer la nécessité de changer de cap par rapport à l’investissement étranger. On a plus à gagner en faisant venir une centaine de PME étrangères que quelques grosses multinationales.

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