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SVR réclame la discipline et le MMM une motion
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SVR réclame la discipline et le MMM une motion
Au lendemain de la dévaluation de 30% de la roupie, Sir Veerasamy Ringadoo, avoue ne pas s?attendre à des miracles de la part des Mauriciens mais leur réclame de la discipline. Il justifie les mesures d?austérité que lui impose le méchant FMI. Les Mauriciens n?ont pas à se plaindre puisque ce dernier n?impose aucune suppression d?emplois. La dévaluation n?est pas une exclusivité mauricienne. Elle est la dernière arme disponible au gouvernement travailliste pour relancer l?économie. Ringadoo réclame même un cessez-le-feu sur le front industriel et supplie les employeurs de ne pas réclamer ?a pound of flesh? à leurs employés. Bon prévisionniste, il anticipe un programme de relance, s?échelonnant sur deux ans et demi et prenant fin en juin 1982. En revanche, il ne souffle mot sur une seconde dévaluation de 20%, devenant incontournable à la fin de septembre 1981.
Ringadoo se console comme il peut en s?appuyant sur la Nouvelle-Zélande qui dévalue à deux reprises sa monnaie en 1979. La situation économique devient mondialement difficile. La dévaluation n?est pas forcément une mauvaise chose. Elle n?est pas non plus un remède. Elle ne sert à rien si elle ne s?accompagne de discipline. Elle réussira si on lui donne des chances de faire ses preuves.
Les réserves en devises étrangères sont à sec ou presque. Elles descendent parfois à un niveau inférieur à une semaine d?importation. Le sucre, le thé et l?hôtellerie ne pourront bénéficier des gains inattendus (windfall gains) que leur alloue la dévaluation. Ils leur seront enlevés pour permettre à d?autres secteurs affectés de sortir de leur mélasse. La ZF compte plusieurs moribonds qui recevront, avec la dévaluation, une bouffée d?oxygène salutaire.
Il n?y aura pas de gel de salaires mais chaque employé devra produire davantage et consommer moins. Le gouvernement donnera l?exemple en réduisant son budget de fonctionnement de Rs 60 millions (Rs 1,15 million par semaine) et de Rs 70 millions son budget de développement.
La décision de dévaluer la roupie est prise après des négociations ardues avec le FMI et au sein du gouvernement. Ce dernier doit dire adieu aux dépenses de prestige et aux autres éléphants blancs.
Sir Veerasamy Ringadoo supplie le patronat de ne pas jouer les Shylock et de ne pas réclamer une goutte de sang à leur personnel. Il intervient en faveur des grévistes licenciés. ?Zotte pinition trop grand. Apé pini zotte zenfants ek zotte fami.? Le FMI n?est pas une institution charitable. Il révèle l?aspect le plus effrayant de la dévaluation. Elle n?est qu?une réponse à une exigence du FMI. Ringadoo espère seulement que, à présent que la roupie est dévalisée de 30% de sa valeur, le FMI ratifiera le programme de relance concocté par lui. D?où ses supplications pour que les Mauriciens donnent une chance à son plan de relance. Il garantit un contrôle plus musclé des prix et des? dividendes. Les structures du commerce intérieur seront revues. Le gouvernement promet de cesser de protéger les commerçants et les détaillants.
Le MMM répond aux appels de Ringadoo en déposant une motion de censure sur la table de l?Assemblée législative. Bérenger fait comprendre qu?il n?est pas question que le Mauricien perde un sou de son pouvoir d?achat dans ce naufrage de la roupie dévaluée. Il réclame une révision des barèmes de l?Income Tax, faisant ainsi plaisir aux gros possédants. Jugnauth déplore que l?île Maurice soit à genoux devant l?Afrique du Sud de l?apartheid, devant mendier pour la vente de son thé. Il s?en prend à ceux qui se vantent de pouvoir placer l?économie sur les rails de la prospérité. Il ne faut pas confondre rentabilité et banqueroute. La dévaluation est un coup mortel à l?économie. Pour la redresser, il faut changer de gouvernement. Bérenger insiste que la dévaluation suit le Rapport Glover, les budgets-massacres de juin 1979 et la révision des tarifs de la CWA. Il promet des motions de disallowance.
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