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Un recueil nostalgique

24 octobre 2004, 20:00

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Sur l’initiative du Senior Citizens Council, pour immortaliser les “histoires d’antan” de nos aînés, une soixantaine de citoyens mauriciens ont pris la plume. Vingt meilleurs envois ont été retenus. Un recueil de 16 histoires en français et 4 en anglais a vu le jour. Cinq meilleurs participants ont été récompensés le jour du lancement, à l’Auditorium Octave Wiehé.

Dans son message, servant d’avant-propos au recueil, Samioullah Lauthan, ministre de la Sécurité Sociale, n’a pas manqué de saluer le mérite du travail. “Un témoignage d’amour de nos aînés envers cette société qu’ils ont tant contribué à bâtir”, écrit-il. Vijay Kisoodyal, président du Senior Citizens Council, ajoute pour sa part : “nos conteurs, avec un brin de nostalgie et beaucoup de tendresse, ont remonté le fil du temps pour mettre en relief les instants privilégiés de leur passé.”

Si l’on excepte les quelques maladresses d’expressions – le recueil étant moins destiné à une valeur littéraire qu’historique – l’on peut sans hésitation saluer l’effort de tous ceux qui ont généreusement contribué à cette production, précieux témoignage d’une époque. Les faits historiques ne constituent pas la priorité de ces auteurs.

L’intention principale était l’expression actualisée d’un passé remémoré , d’un temps où les villages étaient des maisons et les villageois les membres d’une même famille, où les gens dormaient sur une “payas goni” recouverte de pinasse ou coutil. La nostalgie est celle d’un espace-temps révolu : époque sans téléphone et électricité, mais avec gramophone et abondance d’eau, maisons en paille, maçonnées avec de la bouse de vache.

L’évocation même du temps de loisir d’autrefois véhicule un sentiment nostalgique : ballades à travers champs et bois, cueillettes des mandarines, “attes” et grenades. Paris fous des jeunes, jeux de “kanet” et de boules “kas kot”, ou encore sauter à la corde.

Les friandises, si elles existent encore aujourd’hui, sont certainement incrustées des souvenirs d’enfance : “gato koste”, “gato kravat”, “pasti limon”, “fenou”, “ounde”, “poutou”, “aplon” et tant d’autres.

Si dans le regard de nos ancêtres, brille la nostalgie d’un temps, sans doute est-ce parce que le bonheur d’alors était dans les prés ! Les plantes étaient les amies de l’homme même si les remèdes étaient sorciers : “cataplasmes de cancrelats ou d’alcool blanc dans lequel une couleuvre avait été macérée ª à la place des piqûres antitétaniques, tisanes à base de “yapana”, citronnelle et saponaire. Notez que la sorcière du village et le loup-garou avaient la belle vie !

Même si certains auteurs ont toujours conservé les séquelles de la Seconde Guerre mondiale, leurs anecdotes sont, pour la plupart, des tranches de vie et regorgent de couleur locale.

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