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L?Etat renforce son combat contre la bureaucratie

24 octobre 2004, 20:00

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La bataille contre la sur-régulation sera le prochain gros dossier économique du gouvernement. Le Joint Economic Council (JEC), principal porte-parole du secteur privé, exhorte les autorités à s?intéresser de plus près à la question. C?était lors de la réunion conjointe du gouvernement et des représentants de la communauté des affaires samedi au Domaine Les Pailles.

Le gouvernement s?est montré très compréhensif face au souhait des représentants des opérateurs. ?Nous voulons que tous les secteurs soient convenablement réglementés et qu?il n?y ait pas de surrégulation. Notre volonté au gouvernement est aussi d?avoir le moins de bureaucratie et de goulots d?étranglement possibles?, a rassuré le Premier ministre, Paul Bérenger. Les responsables politiques ont invité le JEC à préciser ses requêtes.

Les efforts en vue de rendre le climat des affaires plus convivial pour les opérateurs ont été au centre des préoccupations du gouvernement ces derniers temps. Paul Bérenger a exprimé son insatisfaction de la performance de certaines agences publiques de décision et/ou de facilitation qui ont la responsabilité de délivrer divers permis aux entrepreneurs. Le Board of Investment (BOI), le Town and Country Planning Board et l?Irrigation Authority sont parmi les institutions ciblées. ?J?ai eu une réunion avec les différents organismes concernés où j?ai secoué la baraque?, fait savoir le chef de gouvernement.

Dans le même souffle, il a fustigé ?certains travaillistes? qui seraient des ?saboteurs? des projets de développement, en particulier l?Integrated Resort Scheme (IRS). Ceux-ci, allègue-t-il, sont à la recherche de ?petits détails légaux? dans l?unique but de mettre des bâtons dans les roues des promoteurs. Ils les accusent aussi de tentative de manipulation des pêcheurs touchés par les divers développements.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, qui préside un comité de haut niveau sur la réforme du système de certification et de facilitation, a, pour sa part, promis que des mesures sont en train d?être prises pour diminuer les lourdeurs administratives auxquelles font face les opérateurs.

?Il faut absolument réduire l?espace discrétionnaire des institutions de décision. Nous avons besoin de règles claires qui permettent aux entreprises d?opérer avec plus de visibilité?, affirme Arif Currimjee, président du JEC. Il a, d?autre part, plaidé en faveur d?un support institutionnel de classe internationale.

Mais il n?y a pas que l?aspect de régulation et les obstacles pratiques qui préoccupent le JEC. Le dirigisme économique devrait être revu de fond en comble. L?approche sectorielle telle que pratiquée jusqu?ici a fait son temps, estime Arif Currimjee. ?Il faut exploiter plusieurs activités. Les nouveaux secteurs vont démarrer petit mais les opportunités sont beaucoup plus vastes.?

Nécessité d?une fiscalité légère

Toujours dans le même ordre d?idées, le JEC prône une manière différente d?aborder l?investissement étranger : Maurice aura plus à gagner en ciblant les petites et moyennes entreprises étrangères plutôt que les multinationales. Il faut pour cela une fiscalité légère et un environnement d?affaires compétitif à tous les niveaux.

Il a beaucoup été question de la nécessité de mettre l?économie sur une trajectoire de forte croissance, soit de réaliser des taux de 7 à 8 % par an. Les participants ont passé en revue la performance de l?économie. Le Premier ministre et son adjoint ont commenté favorablement les différents indicateurs économiques.

Les difficultés que connaissent le sucre et le textile ont été abordées de même que les actions entreprises pour que le pays puisse faire face aux dangers du moment et à ceux qui sont imminents dont le démantèlement complet de l?Accord multifibre pour le textile et la réforme du régime sucrier par l?Union européenne qui menace nos acquis sur ce marché.

Mais il y a aussi de bonnes nouvelles. ?L?obtention de la dérogation touchant au third country fabric sous l?African Growth and Opportunity Act apporte une bouffée d?air frais à notre textile. Ce résultat démontre que nos efforts de lobbying sont en train de porter leurs fruits?, constate le vice-Premier ministre. Il précise néanmoins que la priorité est de poursuivre la restructuration du textile-habillement. Le gouvernement dit apprécier l?esprit combatif de la Mauritius Export Processing Zone Association dans ces moments difficiles.

Le Grand argentier a aussi parlé d?un nouveau plan d?action pour le sucre qui sera mis en oeuvre l?an prochain. Il s?est d?autre part réjoui des développements en Europe sur la réforme du régime sucrier. Le nouveau régime entrera en opération au plus tôt en 2006. Cela donnera du temps à l?industrie locale pour s?ajuster aux changements.

Fausse note

Par ailleurs, le gouvernement a décidé d?accorder une attention particulière au secteur manufacturier hors zone franche. Les autorités estiment que les entreprises domestiques devront subir la libéralisation commerciale sous l?égide de la Southern African Development Community et du Common Market for Eastern and Southern Africa.

Le gouvernement et le JEC affirment être sur la même longueur d?onde sur les principaux sujets discutés. Il y a cependant une fausse note : l?indice de perception de la corruption de Transparency International. Le Premier ministre n?est pas passé par quatre chemins pour dire son désaccord total avec le classement peu honorable accordé à Maurice qui dégringole de la 40e à la 48e place (sur 133 pays). ?Je suis intéressé par les faits et non par les perceptions. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que la corruption a en effet reculé à Maurice?, déclare avec force Paul Bérenger.

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