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BOI : les défis de la relance

23 octobre 2004, 20:00

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C?était un coup de semonce. Le Premier ministre avait prévenu lors de sa dernière conférence de presse : « Je ne suis pas du tout satisfait de la manière dont le Board of Invesment fait son travail. » C?est donc tout naturellement que les plus hauts cadres du BOI se dont rendus à la réunion sur les administrative bottlenecks convoquée par Paul Bérenger, jeudi dernier. Et la séance de « brosse latet » tellement redoutée a bien eu lieu. Mais le BOI n?a pas été le seul à en prendre pour son grade.

Le Premier ministre a adressé un message clair à ses ministres, y compris à ceux qui n?étaient pas présents. « Il n?est pas question qu?un ministre vienne remettre en question les fonctions que la loi donne au BOI? » La sortie du Premier ministre a été motivée, en partie, par l?attitude de certains de ses ministres. Ceux qui n?hésitent pas à imposer au BOI l?organisation de missions de prospection ou de marketing qui n?ont qu?une utilité relative.

<B>Le nouvel axe du développement</B>

Mais l?attitude de Bérenger ne constitue pas non plus une motion de confiance au BOI. Car il reste encore du travail à faire. Certains observateurs reprochent ainsi au BOI d?avoir concentré ses efforts sur les Technologies de l?information et de la communication (Tic) depuis deux ans, au détriment des autres secteurs.

Le BOI aurait adopté cette attitude après avoir positionné les Tic comme le nouvel axe du développement stratégique du pays. Le ministre des Tic, Pradeep Jeeha, avait même prédit 20 000 créations d?emplois dans le secteur. Mais au-delà des effets d?annonce, il fallait remplir les 35 000 m2 de la cybertour. Et pour cela, attirer le plus d?investisseurs potentiels dans les Tics. Quitte à négliger les autres secteurs? temporairement. Il est temps aujourd?hui d?accorder autant d?intérêt aux autres secteurs.

Le message semble avoir été entendu par le BOI depuis quelque temps. Ainsi, on prospecte assidûment de nouveaux créneaux. Deux investisseurs sérieux dans la filière éthanol auraient ainsi été trouvés. Le volet non-textile de l?Africa Growth Opportunity Act intéresse également. Notamment un projet d?assemblage de voiturettes à Maurice qui seraient ensuite exportées vers les États-Unis. Et le BOI démarche activement certains investisseurs dans la bijouterie. Parallèlement, on ne laisse pas retomber le soufflet des Tics : ainsi des projets de mise en place de centres de paris en ligne à Maurice.

Débarrassé de ses tensions internes, le BOI semble vouloir privilégier cette nouvelle approche. En mai dernier, les tensions entre Gérard Sanspeur, le directeur du BOI, et son Investment Promotion Director, Dev Chamroo, avaient failli faire imploser l?institution. Mais chacun se cantonne désormais à l?intérieur de son territoire et à ses prérogatives. Ce qui permet même à l?institution de revoir son approche.

Les deux pôles de l?action du BOI sont la facilitation à l?investissement et la promotion. Et jusqu?ici, le gouvernement et le BOI ont tous deux entretenu l?illusion que le fameux concept de one stop-shop allait permettre une centralisation des décisions au BOI. Rien de plus faux. Chaque ministère préserve ses compétences. Les Environmental Impact Assessment sont toujours faits par les services techniques du ministère de l?Environnement par exemple.

Le BOI semble vouloir s?attacher à faire fonctionner au mieux ses comités de suivi afin que les entreprises soient informées en temps réel du développement relatif à leurs projets et que tous les dossiers soient expédiés rapidement par les ministères respectifs. Toutefois, les objectifs de célérité ne sont pas perdus de vue. Un investment certificate qui prend 45 jours, voire parfois un an avant d?être délivré? c?est un repousse-investisseurs ! En revanche, dans le cas des export enterprise certificate, le permis devra obligatoirement être délivré dans 24 à 48 heures.

Le volet promotion subit également une mue. Il n?est plus nécessaire de jouer aux vendeurs-représentants-placiers dans tous les salons professionnels imaginables. Dans le but de dépenser plus judicieusement son budget, mais aussi de rationaliser ses ressources, le BOI pourrait être amené à avoir de moins en moins recoursaux méthodes de démarchage traditionnel.

Le nouveau modus operandi est connu : cibler un secteur d?activité. Ensuite, déterminer quelles sont les entreprises, quelle que soit leur nationalité, susceptibles d?investir à Maurice. Dès lors, des contacts sont noués avec les décideurs au sein des entreprises, par téléphone, email ou courrier. Et dès que les discussions avancent, inviter l?investisseur potentiel à visiter Maurice. La présence au salon sert, elle, à faire connaître l?offre globale mauricienne avant tout.

<B>Un guide Michelin de l?investissement</B>

Le gouvernement veut même tester le BOI, en le comparant aux autres institutions étrangères de ce type. Cela va se faire grâce à l?Investment Climate Assessement, une sorte de guide Michelin de l?investissement dans le monde. Dans lequel chaque institution de facilitation des pays choisis est évaluée par une équipe du Fonds monétaire international. Un classement est ensuite établi pour déterminer le nombre d?étapes qu?un investisseur doit franchir avant d?obtenir son permis d?opération. Maurice va tenter le test l?année prochaine. Si cela aide à améliorer les services du BOI, on est preneur.

Un « investment certificate » qui prend 45 jours, voire un an avant d?être délivré, c?est un repousse-investisseurs !

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