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Enfin la relance des PME

23 octobre 2004, 20:00

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Gouvernants et entrepreneurs étaient de nouveau au chevet de l?économie hier. Les politiques lisent la reprise dans les indicateurs et s?en réconfortent. Toutefois, leur satisfaction ne trouve pas tout à fait écho chez le secteur privé. Au bout du compte, quelques initiatives annoncées, histoire d?assurer que non seulement l?économie reste sur les rails où l?a placée le Premier ministre, mais qu?elle prenne aussi de la vitesse.

La plus significative de ces initiatives est sans doute l?élaboration d?un plan d?urgence pour la petite entreprise. Le vice Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, présidera à la préparation de ce plan d?action. Maurice négociera une ligne de crédit auprès de l?Inde.

Le chef du gouvernement a pris à témoin les indicateurs pour réaffirmer que l?économie est sur les rails. L?investissement, en particulier la part du secteur privé local, augmente. Le déficit budgétaire est en deçà de la barre prévue. Les réserves ont atteint un seuil record?

<B>Objectif : croissance à 7% </B>

Et quand les indicateurs sont moins réconfortants, Paul Bérenger voit le positif. La croissance sera légèrement inférieure en raison de la mauvaise récolte sucrière. Mais elle dépassera les 5% . L?inflation est inquiétante mais on veillera à ce qu?elle ne dépasse pas la barre psychologique des 5%. Le chômage est élevé parce que le Bureau central des statistiques le calcule différemment. Il sera invité à faire transparaître la réalité?

Le Joint Economic Council (JEC) ne s?émeut pas outre mesure de ces résultats. « Il n?y a pas de changement véritable dans les indicateurs par rapport à trois mois plus tôt», relève son président, Arif Currimjee. Il a insisté sur la nécessité de réaliser un taux de croissance supérieur à 7%. « Nous devons nous replacer sur la courbe de la croissance. Nous n?avons pas le choix. L?Etat providence coûte de plus en plus cher », a-t-il fait remarquer. Le Premier ministre n?en disconvient pas. « Nous sommes sur la même longueur d?onde que le privé sur ce point », dit-il.

L?Etat poursuit sur sa lancée pour soutenir les principaux pôles de croissance. La pression diplomatique pour retarder le démantèlement des préférences pour le sucre sera maintenue. Sur le plan local, Pravind Jugnauth a indiqué que le plan 2005-2015 pour l?industrie sucrière est en voie de finalisation. Le secteur manufacturier jouit d?un nouveau souffle avec le Third Country Fabric Certificate. Paul Bérenger a dissipé la confusion entourant l?adoption du texte de loi qui rendrait cette concession effective. « Le projet de loi sera adopté après la présidentielle américaine et aura effet rétroactif à partir d?octobre. » Il se réjouit du « fighting mood » des opérateurs.

Paul Bérenger est optimiste que les mesures prises pour le tourisme paieront des dividendes. Il est déterminé à réaliser le projet de seafood hub. Le gouvernement relancera l?Union européenne pour l?aider à organiser une conférence régionale dans ce sens.

Ce gouvernement a bien l?intention de jouer la carte des services à fond. Son ambition de faire du pays un centre de services dans les domaines aussi variés que l?environnement, l?éducation et la santé, prend forme. Divers comités ont été institués pour explorer ces possibilités. Un projet d?amender les lois pour encourager les universités privées est à l?étude.

Le secteur participe à l?élan. Le JEC a engagé une réflexion sur l?orientation à donner à l?économie afin qu?elle génére une croissance de plus de 6%. Il est convaincu qu?une telle performance est possible à condition que les décideurs se montrent courageux et déterminés.

Le JEC a réclamé un changement dans la façon d?aborder les questions économiques. Il faut cesser de parler en termes de secteur. Il n?y en aura pas un qui émergera pour créer des milliers d?emplois, estime Arif Currimjee. Pour que cette nouvelle phase de développement puisse avoir lieu, il est important que l?environnement des affaires soit plus incitatif, compétitif et efficient, ajoute-t-il. Pour le JEC, cet environnement est sur-réglementé et opaque.

« Nous ne sommes pas exactement sur la même longueur d?onde que le privé concernant la réglementation. Mais nous gardons l?esprit ouvert et invitons le JEC à venir avec des propositions concrètes. Nous restons déterminés à rendre le cadre administratif le plus léger et le plus efficient possible », a répondu Paul Bérenger. Il a ajouté qu?il a déjà « secoué la baraque » dans un souci de rendre le Board of Investment plus performant.

Pravind Jugnauth a évoqué les dispositions déjà prises pour améliorer le climat des affaires. La Banque mondiale a accepté d?en faire une évaluation. Un rapport préliminaire devrait être disponible d?ici mars.

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