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L?expérience vaut-elle les diplômes ?

23 octobre 2004, 20:00

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<B>Oui

Vijay Lutchmun directeur de la « Mauritius Qualifications Authority » (MQA) </B>

<B>Après 40 ans dans l?enseignement, ne peut-on pas devenir automatique-ment recteur, même si les qualifications ne sont pas tout à fait celles qu?il faut ?</B>

Il n?est pas possible de conclure qu?une telle personne peut prétendre automatiquement être recteur. Il faut une évaluation scientifique des compétences et des acquis.

<B>Pourquoi ne les introduisez-vous pas ? </B>

La validation des acquis par l?expérience (VAE) est un concept nouveau.

Il faut amener peu à peu le Mauricien à accepter la valeur d?un tel diplôme. Car ce n?est pas l?expérience en elle-même qui est validée, mais toutes les aptitudes et les compétences acquises.

<B>La plupart des pays qui ont introduit ce système y ont eu recours après des licenciements en série. Est-ce le moment pour Maurice ? </B>

Nous sommes en train de développer des unit standards qui vont rendre possible la mise en place de la VAE pour l?hôtellerie, les Tic et l?imprimerie, dans un premier temps. Le recours à un tel concept s?impose dans un environnement où la formation est désormais un processus cyclique et non pas linéaire. L?employé doit être en mesure de démontrer qu?il peut assumer des responsabilités professionnelles tout au long de sa vie active.

<B>Dans l?affaire Pereira, une validation de l?expérience dans l?administration dune école aurait-elle évité tout ce tapage ? </B>

Pour être mise en application, la VAE requiert d?abord une réglementation bien définie, dans un contexte précis. Tous les domaines n?ont pas encore fait l?objet d?une VAE.

<B>Par quel procédé atteste-t-on des compétences ? </B>

Il faut un cadre établi officiellement pour le recrutement et la formation du personnel, de ceux qui accompagneront les candidats, de ceux qui étudieront les dossiers, etc. Il est nécessaire d?avoir un système pour identifier et contrôler les institutions qui voudront mettre en ce concept en pratique. En somme, il faut savoir que là où la VAE a été introduite, son application a pris pas mal de temps.

<B>Non

Girish Ramsahaye

président de l?« Union of Private Secondary Education Employees »

Pourquoi un diplôme de « Higher School Certificate » est-il à ce point important quand on compte 40 années dans l'enseignement ? </B>

Une complémentarité entre qualification et expérience est essentielle dans le domaine de l'enseignement. L?une est tout aussi importante que l?autre. Cela dit, je suis en faveur d?une plus grande flexibilité pour ce qui est des qualifications académiques de base comme le HSC.

<B>Dans l'enseignement en particulier, un long contact avec les enfants n'est-il pas aussi profitable qu'un cours de pédagogie certifié ? </B>

On ne peut pas les mettre sur un même pied d'égalité. Un long contact où l?enseignant apprend par trial and error a ses avantages. Mais elle ne peut pas suffire. Une formation pédagogique permet à un enseignant d?engager une réflexion sur son approche théorique et pratique et d'y apporter des améliorations de façon constante.

<B>Pourquoi cette réticence des syndicats dans l?affaire Jacques Pereira ? </B>

Ils demandent seulement que le débat s?articule autour d?un principe : que tout amendement des critères académiques de recrutement ne soit pas le fait de cas particuliers, qu?il soit applicable à l?ensemble du secteur de l?enseignement et non à un individu.

Ce débat n?est pas centré autour d?une personne.

Vous n?êtes pas en faveur d?un traitement d?exception. Êtes-vous aussi catégorique, même quand le collège a un caractère un peu exceptionnel ? Dans le cas du collège Père Laval, qui a commencé avec des enfants vivant dans un environnement difficile, n?est-il pas particulièrement important que le recteur soit bien accepté ?

Pas plus dans ce collège qu?ailleurs. Toutes les institutions scolaires ont les mêmes besoins. Tous les enfants demandent que l?on développe leurs facultés intellectuelles, émotionnelles ou spirituelles. Ce côté humain dont ce collège pourrait avoir besoin, c?est tout notre système d?enseignement qui le demande. Bien sûr, que le recteur soit accepté est fondamental. Mais c?est à lui de savoir le faire.

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