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Jubilé d?argent pour le 1er tube rap
Rapper?s Delight signait, il y a 25 ans, l?acte de naissance du mouvement rap. Pourtant, ce titre, interprété par The Surgarhill Gang, n?a pas obtenu de succès à sa sortie. «C?est un groupe pré-fabriqué,» s?exclament les puristes. Aujourd?hui, ces mêmes critiques s?accordent à reconnaître la valeur historique de Rapper?s Delight. A vrai dire, c?est le second titre rap à sortir, le premier étant King Tim III (Personality Jock) de The Fatback Band. Mais Rapper?s Delight est le 1er disque de rap à trouver un large public et à entrer, en 1979, dans le Billboard R&B et Disco Chart.
Rapper?s Delights est construit sur un sample de Good Times, un hit de Chic, avec les voix du trio Wonder Mike, Big Bank Hank et Master Gee. Ils ont été découverts alors qu?ils rappaient dans une pizzeria. Rapper?s Delight s?est vendu, à ce jour, à huit millions d?exemplaires dans le monde entier.
Selon Jacqueline Springer, experte en musique noire pour la BBC, Rapper?s Delight est important car c?est le premier titre rap à obtenir un succès commercial. «C?était un signal fort au grand public et la société blanche américaine. Ce signal disait : ce mouvement existe. C?était un très bon tube. Aujourd?hui, la radio est formattée mais en 1979, ce titre faisait 16 minutes et il était joué en entier» Elle poursuit : «Rapper?s Delight sample un titre disco. C?est l?ADN des débuts du rap. Aujourd?hui, le public aime que le rap soit plus frénétique mais Rapper?s Delight s?est avéré très dansant.» Angus Batey, journaliste expert en hip-hop, estime que Rapper?s Delight n?a pas été perçu, à sa sortie, comme étant représentatif de cette nouvelle scène hip-hop par les puristes. Mais le succès du disque hors des frontières de New York démontre que le public allait rapidement adopter cette forme musicale. «A long terme, Rapper?s Delight est apparu comme un classique. C?est un élément crucial, un pilier du rap qui sonne toujours bien aujourd?hui. Je pense que ce titre n?a pas pris une ride.»
Cependant, au moment où Rapper?s Delight trouve le chemin des charts, cela faisait plus de cinq ans que la culture hip-hop se construisait dans l?underground. Les jeunes du Bronx découvrent cette nouvelle culture dans des ?block parties?.
Là, des Djs de légende se retrouvent aux platines : Kool Herc, Afrika Bambaataa et Grandmaster Flash. Leurs sons : un remix des succès soul, funk, disco et de rock du moment. C?est au Jamaïcain Herc que l?on doit les breakbeats qui font tous les titres de rap. Il a compris que les danseurs aimaient ces beats et il décide de les répéter sur une deuxième platine.
Il enchaîne ces beats entre deux platines, créant ainsi un mouvement rythmique, potentiellement illimité. Ce parti pris rythmique exige une forme de danse très athlétique, connue comme le breakdance, exécutée par les break-boys ou les B-Boys. On doit à Afrika Bambaataa, l?ouverture du champ hip-hop aux influences de la musique électronique et du rock.
Le mouvement intègre, très vite, le graffiti, autre forme artistique apparue à New York dans les années 70. La scène hip-hop continue son évolution. Grandmaster Flash introduit l?art du scratch tandis que Grand Wizard Theodore popularise le mixage.
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