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Voyous de l’asphalte

20 octobre 2004, 20:00

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Autosport a beaucoup de mérites. Sous sa généreuse tutelle, le sport automobile est, depuis quelques saisons, en pleine expansion. Ils étaient d’ailleurs 33 pilotes à participer, début octobre, à la Ronde Toyota, ultime rendez-vous de la saison. Et ce n’est pas rien.

Mais que mes amis Jean Collen et Alain Dalais ne m’en veulent pas si je leur conseille, ici, de contribuer au plus vite à l’éducation civique de quelques-uns de leurs licenciés.

Je suis en effet estomaqué de voir à quelle vertigineuse vitesse déambulent impunément dans nos villes et villages quelques voyous de la route, dont les voitures sont hélas tapissées d’autocollants Autosport, une contre-publicité dont le club se serait bien passée. Et c’est d’ailleurs, un miracle si aucune de ces voitures n’a encore tué.

Je m’en voudrais ici de citer des noms même si, quelques années passées à couvrir les rallyes, me permettent aujourd’hui d’identifier quelques-uns de ces abrutis.

Mais ce que j’ai vu hier matin, dépasse les limites du raisonnable, de l’acceptable et du supportable. Sur le tronçon de l`autoroute séparant la Place de l’Immigration du rond-point de Roche-Bois, j’ai surpris en flagrant délit d’excès de vitesse – et le mot excès, croyez-moi, n’est pas trop fort – une Proton rouge exhibant fièrement les étiquettes d’Autosport et d’un généreux concessionnaire.

Sur le flanc gauche de la fusée… oh ! pardon ! de la voiture… on pouvait lire blanc sur rouge le nom du propriétaire ainsi que son groupe sanguin.

Cette voiture n’est pas une voiture. C’est de la dynamite ambulante. Et son pilote n’est pas un pilote. C’est un potentiel meurtrier qui roule sans être inquiété par la police. Qui ne respecte pas un quart du dixième du code de la route. Et qui, plus grave encore, n’a rien à cirer de la sécurité d’autrui. Ceux qui, comme moi hier matin, ont dû embrasser un jour la chaussée pour laisser passer un fou en liberté en savent quelque chose.

Que ce dangereux kamikaze en manque d’Epreuves spéciales aille s’exploser la tronche au terme d’une jonction mal négociée, à la limite, ça ne regarde que lui et ceux qui le pleureront. Mais qu’il mette en péril nos femmes et nos fils, je dis non.

A partir d’aujourd’hui, que ceux qui identifient des voitures de rallyes qui confondent nos autoroutes aux lacets de Chamarel se fassent connaître. Nous transmettrons vos doléances à Autosport. Ce sont peut-être des vies que vous sauverez.

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